IndustrielEntreprises« La France devrait copier la défense totale suédoise en cybersécurité »

« La France devrait copier la défense totale suédoise en cybersécurité »

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Un expert français appelle à transposer le modèle de défense totale suédois au domaine cyber, mêlant militaires, entreprises et société civile dans un dispositif de résilience permanent.

La Suède organise sa sécurité nationale autour du concept de défense totale, qui ne sépare plus strictement les sphères civile et militaire. Ce dispositif, en sommeil depuis la fin de la Guerre froide, a été réactivé en 2015 puis renforcé après l’invasion russe de l’Ukraine. Il repose sur trois piliers : une mobilisation industrielle anticipée, une préparation de la population aux crises et une coordination permanente entre administrations, opérateurs critiques et secteur privé. Dans le domaine cyber, cela se traduit par des exercices réguliers associant les forces armées, les banques, les énergéticiens et les télécoms.

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La France dispose d’atouts comparables : une base industrielle de défense, une agence cyber dédiée (l’ANSSI), des armées formées. Mais la coordination reste cloisonnée. L’expert interrogé souligne que le modèle français reste trop centré sur l’État, là où les Suédois ont intégré dès la conception la participation des entreprises et des citoyens. « On attend qu’une crise éclate pour déclencher des cellules, alors que la Suède entretient une posture permanente », précise-t-il.

Un maillage qui associe tous les acteurs

Le système suédois repose sur une agence spécialisée, la MSB (Myndigheten för samhällsskydd och beredskap), qui coordonne la préparation civile aux crises. Elle organise des exercices nationaux tous les deux ans, mobilisant simultanément administrations locales, opérateurs d’infrastructures critiques, hôpitaux et médias. Ces manœuvres incluent des scénarios cyber : coupure de réseau électrique, compromission de systèmes bancaires, sabotage de lignes de communication. Chaque acteur connaît son rôle avant que la crise ne survienne.

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La France a créé en 2021 le Campus Cyber, espace de coopération public-privé à La Défense, et développe des exercices interministériels. Mais ces initiatives restent ponctuelles. « Il manque une culture de la résilience partagée, où chaque entreprise, chaque collectivité, sait ce qu’elle doit faire en cas d’attaque cyber majeure », estime l’expert. La Suède distribue également un livret de préparation aux crises à tous les foyers, mis à jour en 2024, qui détaille les gestes à adopter en cas de coupure prolongée des réseaux.

Une posture pensée pour la durée

L’autre différence tient à la réactivation de la conscription suédoise en 2018, qui touche désormais hommes et femmes. Ce service de onze mois comprend un volet cyber pour les profils qualifiés, permettant à l’armée de disposer d’une réserve opérationnelle formée. En France, le Service national universel (SNU) n’a pas franchi le cap de l’obligation généralisée et ne comporte pas de module cyber structuré.

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L’expert plaide pour trois mesures : créer une instance de coordination civilo-militaire permanente sur le modèle de la MSB, généraliser les exercices de crise cyber associant secteurs public et privé, et former massivement les jeunes aux enjeux numériques et de défense. « La Suède ne s’y est pas prise en six mois. C’est un effort de long terme, mais il faut commencer maintenant », conclut-il. Le ministère des Armées et l’ANSSI n’ont pas communiqué sur une éventuelle étude de ce modèle à ce stade.

Rédactrice chez Industriel.net
Hélène Vasseur suit de près l'actualité de la défense, des industries de souveraineté et des grands programmes militaires. Elle décrypte les enjeux stratégiques, les innovations technologiques et les évolutions du secteur à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et structurer ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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