Quatre chasseurs Rafale F4 français ont décollé d’Istres le 8 septembre pour un périple de 40 000 kilomètres qui les mènera du Groenland à l’Égypte en quarante jours.
Le convoi de neuf aéronefs militaires (complété par trois ravitailleurs MRTT Phénix et deux avions de transport A400M Atlas) a quitté la base aérienne d’Istres avec 300 aviateurs à bord. La mission Pégase 26, septième édition de cet exercice interarmées, vise à démontrer que Paris peut intervenir seul à l’autre bout du monde en quelques heures. Le général Julien Sabéné, qui commande l’opération depuis le centre opérationnel de la base aérienne 942 de Lyon-Mont-Verdun, résume l’objectif : « Il faut pouvoir intervenir rapidement et de façon autonome, en tout point du globe. » Une capacité que très peu de pays possèdent.
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Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, a lancé le départ depuis le tarmac. Pendant toute la durée du déploiement, la sûreté aérienne nationale et la dissuasion nucléaire resteront opérationnelles sur le territoire métropolitain.
Le Grand Nord comme épreuve de projection
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Premier changement tactique par rapport aux éditions précédentes : les appareils empruntent une route par le Grand Nord. Le convoi ralliera l’Amérique du Nord via le Groenland, un premier vol de onze heures dans un froid extrême. Les équipages y testeront les limites physiologiques du vol prolongé à haute latitude. Les Rafale F4, livrés depuis 2023, doivent prouver qu’ils tiennent dans des conditions arctiques que la plupart des chasseurs européens n’affrontent jamais.
Après le Canada et l’Alaska, le convoi gagnera le Japon puis la Corée du Sud. Vingt-six jours en Indopacifique suivront, avec des escales en Indonésie, en Inde et à La Réunion. Le retour passera par le Qatar puis l’Égypte.
Indopacifique : vingt-six jours dans la deuxième zone maritime française
En Indopacifique, les chasseurs participeront à Tarang Shakti, exercice multinational organisé par New Delhi. Le ministère des Armées précise que la France y défend la liberté de circulation aérienne dans une région où elle possède la deuxième plus grande surface maritime au monde grâce à ses territoires ultramarins, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, La Réunion, Mayotte.
Le convoi terminera sa séquence opérationnelle en Égypte pour l’exercice bilatéral AMUN. Paris coopère avec Le Caire depuis l’acquisition par l’armée égyptienne de 54 Rafale répartis en trois contrats successifs. Une quatrième commande portant sur 24 appareils supplémentaires a été adressée à Dassault Aviation.
Pourquoi la France projette ses Rafale sur trois continents
Quatre clients du Rafale parmi les neuf étapes
Le parcours ne doit rien au hasard. Quatre des neuf pays visités figurent parmi les huit clients export du chasseur français. Chaque escale permet de présenter le standard F4 aux états-majors acquéreurs.
| Pays | Nombre d’appareils acquis | Dernière commande ou livraison |
|---|---|---|
| Inde | 62 (36 Air + 26 Marine) | Négociations en cours : 114 appareils |
| Indonésie | 42 (trois tranches, 2022-2024) | Premières livraisons en 2026 |
| Qatar | 36 | Flottes opérationnelles |
| Égypte | 54 (+ demande de 24) | Demande formulée à Dassault Aviation |
Source : ministère des Armées, communiqué mission Pégase 26
L’Inde représente l’enjeu commercial majeur. New Delhi a acquis 36 exemplaires en 2016 pour son armée de l’air, puis 26 en version Marine. Des négociations portent aujourd’hui sur un contrat de 114 avions supplémentaires. Si l’accord se concrétise, il deviendra le plus gros marché export jamais obtenu par Dassault Aviation.
Entre 2022 et 2024, Jakarta a commandé 42 appareils en trois tranches. Les premiers ont été livrés cette année. Le Qatar en aligne 36. Le Caire en exploite 54.
Opérationnel et vitrine industrielle
La mission Pégase, lancée en 2012, mêle depuis l’origine enjeu militaire et vitrine commerciale. Les six éditions précédentes ont accompagné les tournées export de Dassault Aviation et du ministère des Armées. Celle de 2026 intervient dans un contexte de rebond des commandes pour le chasseur français, après une décennie de carnet de commandes export atone entre 2005 et 2015.
Le périple de quarante jours vise aussi à entraîner les équipages aux opérations longue distance dans des environnements variés, arctique, tropical, désertique. Le passage par le Grand Nord constitue une première pour le dispositif Pégase. Les contraintes physiologiques du vol prolongé à haute latitude (fatigue, désorientation, froid) seront mesurées en conditions réelles. Les données recueillies alimenteront les procédures opérationnelles de l’armée de l’Air et de l’Espace pour les déploiements futurs.
Le retour à Istres est prévu mi-octobre.
Mission Pégase 26 en chiffres
- 40 000 kilomètres parcourus en quarante jours
- Quatre chasseurs Rafale F4, trois ravitailleurs MRTT Phénix, deux A400M Atlas
- 300 aviateurs déployés depuis Istres
- Neuf pays traversés, dont quatre clients du Rafale à l’export
- Vingt-six jours d’opérations en Indopacifique
- Première route par le Grand Nord via le Groenland pour un convoi Pégase
Pégase 26 : les étapes d'une projection mondiale
- Quatre Rafale F4 partis d'Istres le 8 septembre pour quarante jours
- 300 aviateurs déployés, neuf aéronefs au total
- Première route par le Grand Nord via le Groenland pour un exercice Pégase
- Quatre des neuf pays visités sont clients export du Rafale
- L'Inde négocie un contrat de 114 appareils supplémentaires
- La mission allie entraînement opérationnel et démonstration industrielle
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