Boeing reprend la main sur les livraisons d’avions commerciaux au premier trimestre 2026 avec 143 appareils contre 114 pour Airbus. Un renversement inédit depuis sept ans, porté par l’accélération du 737 MAX et les difficultés d’approvisionnement du concurrent européen.
L’américain devance son rival européen pour la première fois depuis 2019. Le 737 MAX, produit à 42 unités par mois, pèse lourd dans cette performance. Airbus souffre de pénuries de moteurs et de problèmes de production sur l’A320. Malgré ce retard du premier trimestre, l’européen maintient son objectif de 870 livraisons sur l’année entière, soutenu par une montée en cadence record : 89 avions livrés sur le seul mois de juin, dont 73 de la famille A320. L’avionneur vise désormais jusqu’à 900 appareils en 2026.
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Boeing s’appuie sur un carnet de commandes record de 6 100 appareils. Ce matelas commercial lui donne de la visibilité pour accélérer les cadences industrielles. Airbus, de son côté, a engrangé 821 commandes nettes depuis le début de l’année, portées par des méga-contrats : 150 A220-300 pour AirAsia en mai, 100 appareils pour AerCap en mars, 101 pour China Eastern Airlines. Le carnet reste ouvert sur six mois supplémentaires.
La division Services maintient Boeing à flot
Le véritable moteur de profit de Boeing se situe dans la division Services (BGS). Elle génère un bénéfice opérationnel de 971 millions de dollars pour une marge de 18,1 %. La maintenance et les services numériques créent seuls des liquidités de manière constante. Sans ce bouclier, Boeing ne pourrait pas financer sa montée en cadence industrielle. L’avionneur consomme encore ses réserves : le flux de trésorerie disponible est négatif de 1,45 milliard de dollars sur le trimestre. Mais ce taux reste inférieur aux prévisions des analystes, qui tablaient sur un trou de 2,6 milliards de dollars. La direction veut redevenir positive sur sa génération de liquidités d’ici à la fin de l’année.
Airbus affiche des résultats records malgré les freins industriels
Le groupe européen a progressé de 6 % en chiffre d’affaires par rapport à 2024, pour atteindre 73,4 milliards d’euros. Airbus Commercial Aircraft représente encore 70 % des revenus totaux, malgré une hausse modérée. Le constructeur a livré 793 avions commerciaux en 2025, contre un objectif initial de 820. Airbus Helicopters et Defence and Space se sont montrés bien plus dynamiques avec des progressions à deux chiffres. Guillaume Faury, président exécutif, évoque « une année marquante, caractérisée par une très forte demande pour nos produits et services dans tous nos secteurs d’activité ». L’avionneur devra encore attendre pour atteindre la cadence 75 tant espérée pour sa famille A320neo. Les contraintes d’approvisionnement pèsent toujours sur le rythme de production.
Les deux géants partagent le même défi : passer de l’accélération ponctuelle à la montée en cadence soutenable. Boeing mise sur sa solidité financière retrouvée, Airbus sur son carnet commercial record. Le match reste ouvert sur les mois à venir.
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