L’indice parisien a franchi jeudi 6 août 2026 la barre symbolique des 8 700 points, un niveau historique qui pulvérise le précédent record établi la veille à 8 560,91 points.
Le mouvement a été alimenté par une série de publications trimestrielles bien accueillies et par l’apaisement sur le prix du baril. Le CAC 40 avait déjà dépassé les 8 600 points pour la première fois de son histoire mercredi, signe d’une dynamique haussière qui ne faiblit pas. Cette envolée survient dans un contexte où les investisseurs digèrent un afflux de résultats d’entreprises, pour la plupart supérieurs aux attentes. Le marché a aussi bénéficié de ce que Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank, qualifie d’« apaisement des craintes autour de l’IA », un facteur qui avait pesé sur les valorisations technologiques ces derniers mois.
Bouygues, Schneider Electric et Getlink dans le vert
Plusieurs poids lourds de la cote parisienne ont contribué à cette ascension. Bouygues a réalisé en 2025 un bénéfice net de 1,1 milliard d’euros, en hausse de 7,6 % malgré la contribution exceptionnelle pesant sur les grandes entreprises. Le chiffre d’affaires du conglomérat est resté stable à 56,9 milliards d’euros, avec une progression symbolique de 0,2 %. Schneider Electric a annoncé jeudi maintenir le cap après un « record » de chiffre d’affaires annuel en 2025, sans dévoiler de nouveaux objectifs chiffrés.
Du côté de Getlink, qui gère Eurotunnel, la perspective est tout aussi favorable. Le groupe anticipe une augmentation de 10 millions de passagers grande vitesse empruntant le tunnel sous la Manche d’ici 2035, ce qui lui permet d’envisager le versement d’un dividende « d’un euro par action » à ses actionnaires en 2030. Ces annonces ont été saluées par les investisseurs, qui y voient la confirmation d’une dynamique de croissance structurelle.
Un équilibre sectoriel plus solide qu’en 2000
Le CAC 40 avait mis plus de vingt ans à retrouver ses sommets de l’an 2000, époque où France Télécom pesait à elle seule 175 milliards d’euros en capitalisation. Aujourd’hui, l’indice repose sur des fondations plus diversifiées. Les valeurs de l’énergie, les banques et les cycliques portent la dynamique, là où le luxe avait dominé les mois précédents avant de pâtir du resserrement des politiques chinoises en août dernier. Wilfrid Galand, directeur de la stratégie de Montpensier Finance, y voit une « vision plus équilibrée et plus solide » que lors des précédents pics.
L’indice STOXX 600, qui regroupe les 600 plus grandes entreprises cotées européennes, a progressé de plus de 14 % en 2025. Le DAX allemand s’est envolé de 23 %, le Footsie londonien de 20 %, et la Bourse espagnole de 49 %. Dans ce paysage, le CAC 40 affiche une performance enviable, mais reste tributaire de la solidité des résultats et de l’évolution des politiques monétaires.
La question du pétrole et de la suite du rallye
La baisse du prix du baril a joué un rôle clé dans la séquence haussière de cette semaine. Les tensions autour du détroit d’Ormuz se sont apaisées, ce qui a permis au Brent de refluer sous les 80 dollars, soulageant les valorisations des secteurs consommateurs d’énergie. Reste à savoir si cette accalmie tiendra. Les marchés européens ont également profité de l’afflux de liquidités et de l’amélioration sanitaire post-Covid, facteurs qui avaient déjà permis à la Bourse de Paris de battre son record historique de clôture en novembre 2021.
À 8 700 points, le CAC 40 évolue désormais en territoire vierge. Les prochains catalyseurs seront scrutés de près : publications du deuxième trimestre 2026, évolution des taux directeurs de la BCE, et trajectoire du pétrole. Pour l’heure, les investisseurs restent confiants, portés par une saison de résultats robuste et un climat macroéconomique plus stable qu’anticipé.
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