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La French Tech vise 10 licornes cotées en 2025 : où en est la France en 2026 ?

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La French Tech affichait en 2025 une double ambition : attirer 102 millions d’arrivées internationales et compter 10 licornes cotées. Un an plus tard, le bilan des levées reste dynamique mais les introductions en Bourse peinent à suivre.

L’année 2025 devait marquer un tournant pour l’écosystème français. Le gouvernement avait fixé un objectif clair : dix jeunes sociétés tech à forte croissance, valorisées à plus d’un milliard d’euros, devaient franchir le cap de la cotation. Dans le même temps, la France espérait accueillir 102 millions de visiteurs internationaux, un chiffre destiné à asseoir son attractivité.

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Les levées de fonds ont continué de battre des records. Choco, plateforme de gestion des commandes entre restaurants et fournisseurs, a bouclé un tour de table de 102 millions d’euros. G-Squared a apporté 90 % des fonds, Insight Partners complétant les 10 % restants. L’opération propulse Choco au rang de licorne, franchissant ainsi la barre symbolique du milliard d’euros de valorisation.

En chiffres
102 M€
Levée de fonds de Choco
Devient une licorne
10
Licornes cotées visées en 2025
Objectif gouvernemental non atteint
102 M
Arrivées internationales espérées en 2025
Attractivité touristique
5,6 Md$
Valorisation de Contentsquare
Leader français de l'analytics

Les levées s’enchaînent, les introductions se font attendre

Mistral AI investit 1,2 milliard d’euros en Suède, son plus gros pari infrastructurel

D’autres acteurs confirment la vitalité du financement privé. Andera Partners prévoyait de lever plus d’un milliard d’euros en 2025. La biotech DNA Script a levé 30 millions d’euros supplémentaires pour son imprimante à ADN, après avoir déjà obtenu 142 millions en octobre de la même année [2]. Intercloud, spécialisé dans la connexion des infrastructures cloud pour grands groupes, a réuni 100 millions d’euros [2].

La société Cowboy, fabricant belge de vélos connectés, a levé 80 millions de dollars pour accélérer la production du modèle Cowboy 4 et étendre ses ventes aux États-Unis et en Europe [2]. Pigment a bouclé une levée de 65 millions d’euros, se présentant comme un outil de lutte contre l’inflation pour les services aux entreprises [3]. Contentsquare a atteint une valorisation de 5,6 milliards de dollars [3].

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Mais le passage à la cotation reste le parent pauvre. Les introductions en Bourse demeurent rares, et l’objectif des dix licornes cotées en 2025 n’a pas été atteint. Deezer, valorisé comme « une licorne emblématique de la place de Paris » selon son PDG Jeronimo Folgueira, fait figure d’exception [3]. Les autres acteurs préfèrent repousser leur IPO ou se contenter de tours privés.

Deep tech et tourisme : deux paris contrastés

Le secteur des « deep tech » (ces entreprises qui développent des innovations de rupture basées sur la recherche fondamentale) reste à consolider. Un article du Monde de mars 2024 soulignait déjà la fragilité de ce pari [5]. Les startups comme Mistral AI, spécialisée dans l’intelligence artificielle, ou DNA Script dans la biologie de synthèse, incarnent cette ambition mais doivent encore prouver leur modèle économique à grande échelle.

Côté tourisme, les 102 millions d’arrivées internationales espérées en 2025 marquaient une volonté d’attractivité renforcée. Aucun bilan officiel n’a été publié sur l’atteinte de ce seuil, mais la trajectoire de la France reste orientée à la hausse, portée par les Jeux olympiques de Paris 2024 et une dynamique post-Covid qui se normalise.

Pourquoi les licornes françaises ne se cotent pas

Levées records
Choco, Intercloud, Pigment, DNA Script : les tours de table se multiplient, confirmant l'attractivité du privé. Mais le passage en Bourse reste marginal.
Objectif 10 licornes cotées
Fixé par le gouvernement pour 2025, cet objectif n'a pas été atteint. Les acteurs préfèrent repousser leur IPO ou rester dans le capital privé.
Opacité des conventions
L'affaire LH French Tech illustre les risques d'attribution de marchés publics sans transparence. L'enquête du PNF vise Édouard Philippe pour favoritisme.
Deep tech fragile
Mistral AI, DNA Script incarnent l'ambition française sur les technologies de rupture. Leur modèle économique reste à prouver à grande échelle.
Marchés publics frileux
La volatilité depuis 2022 et les contraintes réglementaires freinent les IPO. La loi Pacte n'a pas suffi à inverser la tendance.

Les zones d’ombre : affaires politiques et opacité des conventions

L’écosystème French Tech n’échappe pas aux turbulences politiques. Une enquête du parquet national financier vise Édouard Philippe, prétendant à la présidentielle de 2027, pour détournement de fonds publics et favoritisme. Les soupçons portent sur une convention signée en juillet 2020 avec l’association LH French Tech, seule candidate à un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine du Havre. L’association devait toucher 2,154 millions d’euros pour mener des projets de la Cité numérique [4].

Selon la plainte, LH French Tech aurait été créée en avril 2020 dans le seul but de répondre à cet appel. Un rapport d’audit du cabinet EY, remis à la communauté urbaine en 2020, pointait des irrégularités dans l’attribution du marché [4]. L’affaire illustre les risques d’opacité dans les montages publics destinés à soutenir l’innovation locale.

Levées marquantes de l’écosystème français récent
Société Montant levé Secteur Statut
Choco 102 M€ Gestion commandes restaurants Licorne
DNA Script 30 M€ (additionnels) Biotech / imprimante ADN
Intercloud 100 M€ Infrastructures cloud
Cowboy 80 M$ Vélos connectés
Pigment 65 M€ Services entreprises
Contentsquare Analytics Valorisation 5,6 Md$

Source : Le Figaro

Comparaison européenne : la France reste en retrait sur les IPO

Face aux géants américains et aux champions européens comme les Pays-Bas ou la Suède, la France peine encore à transformer ses licornes en sociétés cotées. Les investisseurs privilégient les tours privés, plus rapides et moins exigeants en transparence financière. Les contraintes réglementaires et la volatilité des marchés depuis 2022 freinent les ardeurs.

La loi Pacte, entrée en vigueur en 2019, devait faciliter l’accès à la cotation pour les sociétés non cotées. Mais elle n’a pas suffi à inverser la tendance. Le gouvernement français continue d’afficher son ambition : passer de 25 licornes en 2025 à une dizaine cotées. Un objectif qui nécessite une refonte des incitations fiscales et un alignement avec les pratiques anglo-saxonnes.

Guillaume Rozier, fondateur de CovidTracker et Vite Ma Dose, soulignait fin novembre que « la French Tech permet la révolution de la santé » [3]. Mais la capacité de collecte de données de santé en France, saluée pendant la pandémie, ne suffit pas à combler le retard sur les infrastructures de marché.

L’année 2026 sera décisive. Les acteurs de la French Tech devront prouver qu’ils peuvent non seulement lever des fonds en masse, mais aussi réussir leurs introductions en Bourse et soutenir une croissance durable. La question n’est plus de savoir si la France peut produire des licornes, mais si elle saura les ancrer sur les marchés publics européens.

French Tech 2025-2026 : les chiffres clés

  • Choco lève 102 millions d'euros et devient une licorne en 2025
  • La France visait 10 licornes cotées en 2025, objectif non atteint en 2026
  • Contentsquare valorisée 5,6 milliards de dollars, DNA Script lève 30 M€ supplémentaires
  • Édouard Philippe visé par une enquête du PNF sur une convention LH French Tech de 2,154 M€
  • La loi Pacte (2019) devait faciliter les IPO des sociétés tech, résultats encore limités
  • Guillaume Rozier : « La French Tech permet la révolution de la santé »
Rédacteur chez Industriel.net
Julien Mercier réalise une veille quotidienne sur les grands secteurs de l'économie et de l'industrie afin de suivre les transformations qui façonnent les entreprises. Ses analyses couvrent notamment l'énergie, les transports, l'automobile, l'intelligence artificielle, l'agroalimentaire, la construction, le traitement des déchets, les matériaux, ainsi que les technologies de production et de supervision industrielle. Pour renforcer la qualité de ses publications, il s'appuie sur l'intelligence artificielle lors des phases de recherche et de rédaction, avant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale systématiques.
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