Paris a repris 0,37 % vendredi, mettant fin à une série de huit séances de baisse inédite depuis 2017. Le taux français à dix ans atteint 4,13 %, un niveau qui modifie l’équilibre entre actions et obligations.
Le CAC 40 a clôturé à 8 484,43 points vendredi. Sur la semaine, l’indice abandonne 1,76 %, mais conserve une progression de 4 % depuis janvier. La correction reste limitée en points. Elle l’est beaucoup moins dans sa composition.
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Les valeurs technologiques et le luxe ont cédé du terrain. Les titres défensifs ont mieux tenu. TotalEnergies a profité du rebond du pétrole. Surtout, le marché obligataire s’est imposé au centre des arbitrages. L’OAT française à dix ans termine la semaine autour de 4,13 %, après avoir touché son plus haut depuis 2008. Le Bund allemand évolue autour de 3,25 %. L’écart entre les deux reste important et la France emprunte désormais à un taux proche, voire supérieur, de celui de l’Italie.
À 4 %, l’OAT redevient une alternative aux actions
La remontée des rendements ne concerne pas que Paris. Les taux progressent aux États-Unis, en Allemagne, au Japon et dans la plupart des pays européens. La hausse du pétrole ranime les anticipations d’inflation. Les besoins de financement des États demeurent considérables.
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La situation française ajoute une difficulté propre. Avec une dette publique élevée et un budget peu lisible, l’État doit convaincre les investisseurs de lui prêter à des conditions de plus en plus coûteuses. À 4 %, l’OAT n’est plus un simple élément de décor. Elle redevient une option crédible face aux actions. Les investisseurs peuvent obtenir un rendement significatif sur la dette souveraine sans prendre le risque d’une société cotée. Les entreprises chères, ou dont les profits attendus sont lointains, subissent les premiers ajustements.
Les chiffres économiques publiés cette semaine n’ont pas aidé. L’indice PMI composite français est tombé à 48,8 en août, contre 49,4 en juillet. Sous 50, l’activité est considérée en contraction. Les services restent faibles, avec un PMI à 48,4. L’industrie offre un visage plus encourageant : le PMI manufacturier remonte à 51,5, contre 49,8 en juillet.
STMicroelectronics perd 8 % sur la semaine
Le contraste avec le reste de la zone euro est marqué. Le PMI composite de la zone euro atteint 52,1, avec une amélioration de l’activité en Allemagne et des commandes mieux orientées. Pour les grandes sociétés du CAC 40, la faiblesse de l’économie française n’est pas nécessairement décisive. LVMH, Schneider Electric, Airbus ou TotalEnergies réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires à l’étranger. Elle pèse davantage pour les banques, les distributeurs, la construction ou les groupes dépendants de la consommation française. La dégradation du marché obligataire rend toutefois le sujet français plus difficile à ignorer.
STMicroelectronics a été l’une des principales victimes de la semaine. Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs a perdu près de 8 %, avec une chute particulièrement brutale mardi. Le groupe n’a pourtant pas publié d’avertissement sur ses résultats. La baisse est avant tout sectorielle. Les semi-conducteurs ont décroché partout en Europe et aux États-Unis au moment où les rendements obligataires remontaient fortement.
Le mouvement est aussi à replacer dans le parcours du titre. STMicroelectronics avait presque doublé depuis le début de l’année. Après une telle progression, la moindre tension sur les valorisations entraîne des prises de bénéfices rapides. Les investisseurs attendent désormais la publication de Nvidia mercredi pour évaluer la solidité du secteur.