IndustrielEntreprises"L'armée de l'air ne tiendrait que trois jours" : l'Ifri pointe les...

“L’armée de l’air ne tiendrait que trois jours” : l’Ifri pointe les failles françaises

-

L’armée de l’air française ne résisterait que trois jours dans un engagement de haute intensité, selon une projection de l’Institut français des relations internationales publiée début 2025. Le rapport pointe des “vulnérabilités significatives” dans la logistique et les stocks.

La France disposerait, sur le papier, d’un arsenal solide : chars, navires, avions de combat. “Dans ces domaines, les armées européennes sont globalement à la hauteur de la Russie et compensent leurs infériorités numériques par une supériorité technologique”, note Philippe Gros, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. Mais le rapport de la commission de la défense de l’Assemblée nationale, publié en février 2023, avait déjà alerté : les stocks d’armes seraient épuisés en quelques semaines si un conflit majeur éclatait. L’expert résume : “On a un peu de tout… et beaucoup de rien.”

500 obus par an contre 8 000 par jour en Ukraine

Le goulot d’étranglement se situe dans la logistique. “Elle a été calibrée au plus juste depuis des décennies”, explique Philippe Gros. Entre 2012 et 2017, la France produisait en moyenne 500 obus de 155 mm par an. L’Ukraine, elle, en tire jusqu’à 8 000 par jour. Le ministère des Armées a porté l’objectif de production à 100 000 en 2024, mais l’écart reste considérable.

Le CAC 40 se stabilise à 7 580 points, le pétrole Brent sous 85 dollars

L’Europe manque aussi de moyens de transport. “De camions et d’avions pour acheminer les troupes au front ; de capacités de maintenance ou encore de soutien médical”, détaille Philippe Gros. Léo Péria-Peigné, chercheur à l’Ifri, ajoute : le continent reste très dépendant des États-Unis pour le renseignement, la défense sol-air et la guerre électronique, “pour lesquels son industrie n’est plus capable de fournir certains segments d’équipement”.

Drones et capacités industrielles : deux angles morts

Les armées européennes ont longtemps rogné sur les équipements de mission, capteurs des Rafale inclus. Elles accusent un retard net en matière de drones. “L’Ukraine a montré que l’on peut compenser l’infériorité numérique par l’utilisation massive de petits appareils low cost capables de saturer les défenses ennemies”, observe Philippe Gros. La France n’a pas encore basculé dans cette logique de volume.

Le Maroc en négociation pour l’achat de 24 Rafale français

Selon l’Insee, le taux d’utilisation des capacités de production dans les entreprises de défense françaises atteignait 91 % en 2024. Les carnets de commandes couvrent plusieurs années. Impossible d’accélérer drastiquement la cadence. La direction générale de l’Armement recense 10 000 postes à pourvoir immédiatement en France. Maxime Cordet résume : “On ne peut pas se concentrer sur un ou deux types d’équipements. Pour beaucoup, il faut monter en gamme, et pour beaucoup d’autres, multiplier les quantités.”

Passer de “l’artisanat” actuel à une véritable économie de guerre imposera la construction de nouvelles usines. Élaborer une nouvelle ligne de production prend des années. La question n’est plus de savoir si l’effort est nécessaire, mais à quelle vitesse l’industrie française et européenne peut basculer à l’échelle.

Le CAC 40 reprend 0,50 % après le plongeon de mercredi

Rédactrice chez Industriel.net
Hélène Vasseur suit de près l'actualité de la défense, des industries de souveraineté et des grands programmes militaires. Elle décrypte les enjeux stratégiques, les innovations technologiques et les évolutions du secteur à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et structurer ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
Hélène

Articles

Stay Connected

0FansJ'aime
0SuiveursSuivre
0SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Articles