L’EPR de Flamanville est à l’arrêt depuis le 16 juillet pour des contrôles sur ses motopompes primaires, avec une remise en service prévue le 26 juillet.
EDF a débranché le réacteur nᵒ 3 de la centrale normande jeudi 16 juillet à 16 heures. Les équipes ont stoppé la machine pour vérifier deux des quatre groupes motopompes primaires, ces équipements qui assurent la circulation de l’eau dans le circuit du réacteur. L’énergéticien parle de « suivi préventif des paramètres de fonctionnement ». Traduction : on contrôle avant qu’un problème ne se transforme en incident.
Corsair affiche son A330neo au meeting Air Legend de Melun-Villaroche
Le calendrier annoncé table sur un redémarrage le 26 juillet à 23 heures. Mais tout dépendra du diagnostic. Si les contrôles révèlent une anomalie, une intervention sera menée sur place, et les délais glisseront. EDF reste prudent sur ce point.
350 jours d’arrêt programmés dès septembre
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Si le réacteur repart effectivement fin juillet, il aura deux mois de production devant lui. Pas plus. Car un arrêt complet est prévu à compter du 26 septembre, pour une durée de 350 jours. Cette « visite complète » est imposée par les règles de sûreté : elle doit intervenir au plus tard trente mois après le premier chargement du combustible[3].
Lors de cet arrêt, le couvercle de la cuve sera remplacé. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) l’a demandé en 2017, en raison d’anomalies connues de longue date sur cette pièce. Le combustible sera renouvelé, et une batterie de contrôles sera réalisée sur l’ensemble des équipements. Sébastien Miossec, directeur délégué production d’EDF, avait précisé en novembre 2025 que cette visite était réglementaire, « comme pour l’ensemble des réacteurs du parc nucléaire dans son histoire ».
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L’opération mobilisera 2 500 personnes et 200 partenaires industriels. C’est le prix à payer pour garantir la sûreté d’une installation qui a coûté 24 milliards d’euros et accusé douze ans de retard[5].
Un réacteur déjà coupé plusieurs fois depuis décembre 2024
L’EPR de Flamanville a été raccordé au réseau le 21 décembre 2024. Depuis, les coupures se sont enchaînées. Entre le 9 janvier et le 9 février 2026, la centrale est restée à l’arrêt un mois entier après le passage de la tempête Goretti. Les embruns chargés de sel marin ont endommagé des équipements électriques, obligeant EDF à prolonger l’interruption sur deux réacteurs, dont l’EPR.
Avant cela, en mars 2025, le réacteur avait déjà été débranché trois mois seulement après sa mise en service, pour des problèmes techniques sur la turbine. Puis en juin, une fuite sur des soupapes avait entraîné un nouvel arrêt de quatre mois. Ces aléas ont décalé la montée en puissance : le réacteur n’a atteint 100 % de sa capacité que le 14 décembre 2025, alors qu’EDF visait l’été précédent[5].
Résultat : le premier EPR français, attendu depuis 25 ans, aura produit à pleine puissance moins d’un an avant son premier grand arrêt réglementaire.
| Période | Durée | Motif |
|---|---|---|
| Mars 2025 | Non précisée | Problèmes techniques sur la turbine |
| Juin 2025 | 4 mois | Fuite sur des soupapes |
| 9 janvier, 9 février 2026 | 1 mois | Dégâts électriques (tempête Goretti) |
| 16 juillet 2026 | 10 jours (prévision) | Contrôle préventif motopompes |
| 26 septembre 2026 | 350 jours | Visite complète réglementaire |
Source : La Tribune, Le Figaro
Pourquoi l'EPR s'arrête déjà pour un an
Un chantier de 24 milliards pour 10 mois de pleine puissance
Flamanville 3 devait coûter 3,3 milliards d’euros en 2007. Le budget a été réévalué à 19 milliards en 2020, avant d’atteindre près de 24 milliards au final. Le réacteur, conçu pour fournir 1 600 mégawatts, est le premier de sa génération mis en service en France. Il était attendu pour 2012.
Entre les retards de construction, les défauts de fabrication et les arrêts répétés depuis le raccordement, l’installation n’aura fonctionné à pleine puissance que de décembre 2025 à juillet 2026, soit moins de dix mois. Après le grand arrêt de septembre, elle ne redémarrera qu’en septembre 2027.
L’enjeu pour EDF est désormais de tenir les délais de cette visite complète. Les prochains EPR, Penly 1 et 2, sont annoncés pour 2035 et 2037. Le retour d’expérience de Flamanville sera scruté de près.
La filière EPR sous pression
Le gouvernement français a relancé le nucléaire en 2022, avec un programme de six nouveaux EPR2. Ces réacteurs, une version simplifiée de Flamanville, doivent sortir de terre d’ici 2040. Mais chaque déboire sur le site normand alimente le débat sur la capacité industrielle française à livrer dans les temps.
Les opposants au nucléaire pointent les dérives budgétaires et les arrêts à répétition. Les partisans rappellent que le premier prototype est toujours le plus complexe, et que les EPR suivants bénéficieront des leçons tirées. La visite complète de septembre 2026 sera un test grandeur nature pour EDF : 350 jours pour prouver que la filière maîtrise désormais son sujet.
EPR de Flamanville : les dates clés de 2025 à 2026
- Le réacteur nᵒ 3 de Flamanville est à l'arrêt depuis le 16 juillet 2026 pour des contrôles sur ses motopompes primaires, avec un redémarrage prévu le 26 juillet.
- Un arrêt réglementaire de 350 jours débutera le 26 septembre 2026 pour remplacer le couvercle de la cuve et renouveler le combustible.
- L'EPR a subi plusieurs coupures depuis son raccordement en décembre 2024 : tempête Goretti (1 mois), problèmes de turbine et fuite de soupapes (4 mois).
- Le réacteur a atteint 100 % de puissance le 14 décembre 2025, avec six mois de retard sur le calendrier initial.
- Le chantier a coûté 24 milliards d'euros et accusé douze ans de retard, pour moins de dix mois de production à pleine puissance avant le grand arrêt.
Sources
2 sources · 3 faits sourcés
- Tricastin : les élus drômois reçus à l’Élysée pour plaider en faveur de deux EPR2 - 13 septembre 2026
- Les réacteurs français autorisés à tourner 60 ans, EDF obtient le feu vert de l’ASN - 12 septembre 2026
- L’IA devient collaborateur à part entière dans les entreprises industrielles - 11 septembre 2026