IndustrielEntreprisesLivMed's liquidée en avril, Nexum rachète ses actifs devant le tribunal de...

LivMed’s liquidée en avril, Nexum rachète ses actifs devant le tribunal de Nice

-

Nexum reprend les actifs de LivMed’s, liquidée en avril 2026 après un contentieux avec l’Ordre des pharmaciens et des difficultés économiques croissantes.

Le tribunal de commerce de Nice a validé l’offre de Nexum pour reprendre les actifs de LivMed’s. La start-up niçoise, spécialisée dans la livraison de médicaments à domicile, avait été placée en liquidation judiciaire le 8 avril, sans période d’observation. Le tribunal avait estimé qu’elle ne présentait « aucune perspective de redressement ». Tous les salariés ont été concernés par la procédure.

Nexum, acteur de la e-santé, fournit aux officines des outils de digitalisation : prise de commandes, standard téléphonique intelligent, livraison à domicile. La société s’appuie sur un réseau de pharmacies partenaires et récupère désormais les actifs d’un concurrent qui avait tenté, lui aussi, d’imposer ce modèle.

SoftBank, Ardian, Foxconn : 15 milliards d’euros annoncés lors du sommet Choose France 2026

En chiffres
4,5 M€
Levée de fonds 2022
dont 1 M€ de Sanofi fin 2022
8 avril 2026
Date de liquidation
sans période d'observation
2020
Année de création
pendant la crise sanitaire

Levée de fonds Sanofi et contentieux avec l’Ordre

Talel Hakimi et Mehdi Matyja avaient fondé LivMed’s en 2020. La crise sanitaire avait dopé la demande pour la livraison à domicile via les officines. L’entreprise lève 4,5 millions d’euros en 2022. Fin 2022, Sanofi participe comme investisseur principal à cette deuxième collecte, à hauteur d’un million d’euros. LivMed’s revendique alors un fort développement de son réseau.

Frédéric Mazzella lance Fred24, son clone vocal IA disponible sur WhatsApp

Mais dès 2023, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens assigne la plateforme en justice. Selon lui, LivMed’s participe au commerce électronique de médicaments, une activité strictement encadrée par le code de la santé publique. En novembre 2025, le tribunal judiciaire de Paris ordonne à la société de retirer de la vente les médicaments soumis à prescription obligatoire. La plateforme doit également mettre en conformité ses fonctionnalités pour les autres spécialités.

Cette décision contraint LivMed’s à revoir son fonctionnement. Elle abandonne certaines fonctionnalités. Le modèle économique, déjà sous tension, se fragilise.

Tentative de pivot vers un modèle d’abonnement

En parallèle du contentieux, LivMed’s tente de faire évoluer son modèle vers un abonnement payé par les pharmacies. La démarche échoue. Trop peu d’officines adhèrent. Des écarts apparaissent entre certains indicateurs annoncés et la réalité de l’activité. Les partenaires s’interrogent.

Le tribunal de commerce de Nice prononce la liquidation le 8 avril. Aucune période d’observation, aucune perspective de redressement. Quelques mois plus tard, Nexum récupère les actifs.

Chronologie de LivMed’s, de la création à la liquidation
Date Événement
2020 Fondation par Talel Hakimi et Mehdi Matyja
2022 Levée de 4,5 millions d’euros
Fin 2022 Sanofi investit 1 million d’euros
2023 Assignation en justice par le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens
Novembre 2025 Condamnation par le tribunal judiciaire de Paris : retrait des médicaments sur prescription
8 avril 2026 Liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce de Nice
Juillet 2026 Reprise des actifs par Nexum

Source : Le Moniteur des Pharmacies

Pourquoi LivMed's n'a pas survécu

Contentieux réglementaire fatal
Le tribunal judiciaire de Paris ordonne en novembre 2025 le retrait des médicaments sur prescription. La mise en conformité fragilise un modèle économique déjà sous tension.
Échec du pivot économique
LivMed's tente de basculer vers un abonnement payé par les pharmacies, mais trop peu d'officines adhèrent. Les écarts entre indicateurs annoncés et réalité opérationnelle alimentent les doutes.
Consolidation en cours
Nexum récupère les actifs et illustre la concentration du marché de la livraison de médicaments, où la viabilité passe autant par la conformité réglementaire que par la rentabilité.
Cadre réglementaire strict
Le code de la santé publique encadre strictement le commerce électronique de médicaments. Les plateformes qui tentent de contourner ces règles s'exposent à des contentieux longs.

Consolidation dans un marché sous pression réglementaire

La reprise illustre la consolidation en cours du marché de la livraison de médicaments. La demande pour ce type de service demeure forte. Mais la viabilité des plateformes dépend désormais autant de leur capacité à atteindre la rentabilité que de leur conformité avec un cadre réglementaire particulièrement strict.

Nexum hérite d’un actif qui avait séduit Sanofi mais qui n’a jamais trouvé son équilibre économique. La société devra intégrer les fonctionnalités de LivMed’s dans son offre existante sans reproduire les failles qui ont mené à la liquidation : conformité réglementaire insuffisante, modèle d’abonnement peu attractif pour les officines, écarts entre communication et réalité opérationnelle.

Une leçon pour les acteurs de la e-santé

L’épisode LivMed’s rappelle que la e-santé reste un secteur hautement régulé. Le code de la santé publique encadre strictement le commerce électronique de médicaments. Les plateformes qui tentent de contourner ces règles s’exposent à des contentieux longs et coûteux. Le tribunal judiciaire de Paris a donné raison à l’Ordre des pharmaciens en novembre 2025, contraignant LivMed’s à revoir son modèle en profondeur.

La liquidation, cinq mois plus tard, montre qu’une mise en conformité tardive ne suffit pas toujours à sauver une entreprise dont le modèle économique reposait sur des fonctionnalités désormais interdites.

Pour Nexum, le pari est double : prouver qu’un modèle conforme peut être rentable, et convaincre les officines qu’un service de livraison digitalisé a sa place dans leur offre. Le marché attend désormais de voir si cette reprise marquera le début d’une consolidation durable ou si d’autres acteurs suivront le même chemin que LivMed’s.

LivMed's, de la levée Sanofi à la liquidation

  • Nexum rachète les actifs de LivMed's après validation du tribunal de commerce de Nice
  • LivMed's liquidée le 8 avril 2026, sans période d'observation
  • Sanofi avait investi 1 million d'euros fin 2022
  • Condamnation en novembre 2025 pour commerce électronique de médicaments sur prescription
  • Tentative de pivot vers un modèle d'abonnement payé par les pharmacies, sans succès
Rédacteur chez Industriel.net
Julien Mercier réalise une veille quotidienne sur les grands secteurs de l'économie et de l'industrie afin de suivre les transformations qui façonnent les entreprises. Ses analyses couvrent notamment l'énergie, les transports, l'automobile, l'intelligence artificielle, l'agroalimentaire, la construction, le traitement des déchets, les matériaux, ainsi que les technologies de production et de supervision industrielle. Pour renforcer la qualité de ses publications, il s'appuie sur l'intelligence artificielle lors des phases de recherche et de rédaction, avant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale systématiques.
Mercier

Articles

Stay Connected

0FansJ'aime
0SuiveursSuivre
0SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Articles