La pépite française Loft Orbital, spécialisée dans les satellites d’observation, vient de décrocher un contrat d’un milliard de dollars avec Abu Dhabi pour déployer une constellation complète.
Loft Orbital, fondée en 2017 à San Francisco par deux Français, Pierre-Damien Vaujour et Antoine de Chassy, a annoncé ce 10 septembre la signature d’un accord avec le gouvernement d’Abu Dhabi. Le contrat porte sur le développement et le déploiement d’une constellation de satellites d’observation de la Terre. Montant : un milliard de dollars, soit environ 900 millions d’euros.
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La startup, qui figure parmi les fleurons de la French Tech spatiale, exploite un modèle atypique dans le secteur : elle loue de l’espace à bord de ses satellites à des clients publics et privés, plutôt que de vendre des engins clés en main. Cette approche, baptisée “infrastructure as a service”, permet de mutualiser les coûts de lancement et de réduire les délais d’accès à l’orbite.
Une constellation dédiée aux Émirats
Pour Abu Dhabi, Loft Orbital va cette fois déroger à son modèle habituel. La constellation sera entièrement dédiée aux besoins émiratis, notamment pour l’observation du territoire, la surveillance maritime et le suivi des infrastructures critiques. Le nombre de satellites n’a pas été précisé, mais plusieurs dizaines d’engins sont attendus.
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Les premiers lancements pourraient intervenir dès 2027, selon des sources proches du dossier. Loft Orbital s’appuiera sur ses partenaires industriels historiques, dont le constructeur italien Thales Alenia Space pour les bus satellites et SpaceX pour les tirs.
Un coup d’accélérateur financier
Ce contrat change d’échelle pour Loft Orbital. La société avait levé 170 millions de dollars en 2023, portant sa valorisation à près de 800 millions. Avec ce milliard de revenus sécurisés, elle double son carnet de commandes d’un coup et s’affirme comme un acteur majeur du New Space européen.
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Les Émirats arabes unis multiplient les investissements spatiaux depuis plusieurs années. Après la mission martienne Hope en 2021 et le programme lunaire Rashid, Abu Dhabi cherche à se doter de capacités souveraines d’observation. Le choix de Loft Orbital illustre la confiance accordée aux startups françaises dans ce domaine.
Concurrence américaine et européenne
Loft Orbital fait face à une concurrence féroce. Aux États-Unis, Planet Labs exploite déjà plus de 200 satellites d’observation et Maxar Technologies domine l’imagerie haute résolution. En Europe, Airbus Defence and Space et Thales restent les mastodontes du secteur, mais peinent à rivaliser sur les délais et les prix avec les nouveaux entrants.
La startup française mise sur sa réactivité : elle promet de mettre un satellite en orbite en moins de douze mois contre deux à trois ans pour les acteurs traditionnels. Ce positionnement séduit les clients institutionnels pressés, comme l’a démontré un précédent contrat avec l’armée américaine en 2025.
Pour Pierre-Damien Vaujour, cofondateur et CEO, ce contrat valide la stratégie industrielle de Loft Orbital. “Nous démontrons qu’une startup française peut jouer dans la cour des grands tout en conservant son agilité”, a-t-il déclaré dans un communiqué.
Restent à préciser les modalités d’exécution, notamment la répartition de la production entre la France et les États-Unis, où Loft Orbital dispose de ses principales installations. Le calendrier de déploiement sera scruté de près par les concurrents européens, qui voient d’un mauvais œil cette percée française au Moyen-Orient.
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