Airbus US Space & Defense vient de signer un contrat de 115 millions de dollars avec le Pentagone pour la livraison de dix hélicoptères UH-72B Lakota, avec option sur deux appareils supplémentaires.
L’annonce officielle, publiée le 14 août par Airbus et le département de la Défense américain, précise que le travail sera effectué au Redstone Arsenal, en Alabama. Cette mention désigne en réalité la base administrative de l’US Army Contracting Command : les appareils continuent d’être assemblés sur le site de Columbus, dans le Mississippi, où Airbus produit l’intégralité de ses Lakota destinés au marché américain.
Un H145 militarisé pour l’US Army
L’UH-72B rompt avec son prédécesseur. Là où l’UH-72A s’appuyait sur l’EC-145, cette nouvelle génération reprend la cellule du H145. Les évolutions sont tangibles : Fenestron à la place du rotor de queue classique, rotor principal porté à cinq pales, motorisation par deux Arriel 2E améliorés et capacité de décollage automatisé. Les missions restent identiques : surveillance, recherche et sauvetage, évacuation sanitaire, sécurité intérieure, transport, liaison, soutien lors de catastrophes naturelles et formation des équipages.
Cette dernière mission, la formation, pourrait toutefois reculer au profit d’hélicoptères Robinson, moins coûteux pour l’entraînement de base.
Troisième flotte de voilures tournantes de l’armée
Le Lakota pèse lourd dans l’inventaire américain. Plus de 480 exemplaires volent actuellement pour l’US Army, en grande majorité des UH-72A. Ce volume fait du Lakota la troisième plus grande flotte d’hélicoptères de l’armée de terre, derrière les UH-60 Black Hawk et AH-64 Apache.
L’US Navy devrait par ailleurs intégrer cinq appareils pour des essais en vol. Le Corps des Marines, de son côté, évalue le MQ-72C Lakota, une variante dronisée dédiée au transport logistique dans le cadre du programme Aerial Logistics Connector. Cette version sans pilote pourrait élargir le spectre d’emploi de la plate-forme au-delà des missions classiques de l’aviation légère.
Une présence industrielle ancrée outre-Atlantique
Le site de Columbus, opérationnel depuis plus d’une décennie, constitue le seul point d’assemblage final des Lakota pour le marché américain. Airbus y maintient une chaîne dédiée aux besoins de l’US Army, avec une capacité de production adaptée au rythme de renouvellement de la flotte. La nouvelle commande confirme la stratégie du groupe européen : ancrer sa présence industrielle sur le territoire américain pour servir directement un client institutionnel exigeant, dans un environnement politique où la préférence nationale reste un critère d’attribution majeur.
L’option pour deux appareils supplémentaires laisse entrevoir une montée en puissance progressive, au gré des besoins opérationnels et des arbitrages budgétaires du Pentagone.
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