L’indice phare de la Bourse de Paris a clôturé mardi 5 août à 8 666 points, un sommet historique qui efface le précédent record établi fin février, juste avant le déclenchement de la guerre en Iran.
La performance surprend : la dette publique française atteint des niveaux inédits, les tensions commerciales s’intensifient, le conflit au Moyen-Orient perdure et les coûts de financement grimpent. Pourtant, le CAC 40 enchaîne, cinq mois après son dernier pic.
Athènes réfléchit à une commande de Rafale F4 après les 20 Eurofighter turcs
L’explication tient d’abord aux résultats des entreprises. Les 38 groupes de l’indice ayant publié leurs comptes semestriels totalisent près de 75 milliards d’euros de bénéfices, soit 44 % de plus qu’au premier semestre 2025. Une envolée portée par des secteurs précis : l’énergie, avec TotalEnergies en tête, les valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle comme Schneider Electric, Legrand ou STMicroelectronics, les banques, ainsi que l’aéronautique et la défense.
Le luxe marque le pas, freiné par la Chine
Tous les secteurs ne profitent pas de cette dynamique. Le luxe, moteur du CAC 40 ces dernières années, fléchit. LVMH et Hermès ralentissent, Kering décroche franchement. Le ralentissement chinois pèse lourd, et le contexte international moins favorable assèche la demande.
Le CAC 40 rebondit dans un climat de croissance morose à 0,9 % en 2026
Les multinationales françaises capitalisent sur leurs positions à l’étranger : selon Les Échos, leurs résultats semestriels reflètent moins l’état de l’économie hexagonale que leur capacité à capter la croissance mondiale, notamment dans les infrastructures numériques et l’équipement industriel.
Paris en retrait face aux autres places européennes
La Bourse de Paris reste cependant à la traîne. Le DAX allemand, le FTSE britannique, l’Euro Stoxx 50 et le S&P 500 affichent des progressions encore plus marquées depuis le début de l’année. Tous évoluent à des niveaux historiques, portés par une reprise des opérations de fusion-acquisition et une activité de trading record dans les banques américaines.
Choose France et French Tech : l’État poursuivi en Conseil d’État pour usage d’anglais
JPMorgan Chase a notamment publié en juillet le bénéfice trimestriel le plus élevé jamais enregistré par une banque américaine, dopé par une vague d’introductions en Bourse et par la volatilité des marchés. Bank of America a également dépassé les attentes, profitant du chaos sur les marchés pour enregistrer des revenus de trading record.
Le paradoxe reste entier : le CAC 40 grimpe alors que les indicateurs macroéconomiques français restent sous tension, que les coûts d’emprunt de l’État s’alourdissent et que les perspectives de croissance mondiale demeurent fragiles. Les investisseurs parient sur la résilience des grandes multinationales plutôt que sur la conjoncture locale.
- Port-La Nouvelle : 600 millions investis, mais la Chambre des comptes craint le déficit 2028 - 11 septembre 2026
- La France emprunte à 3,09 %, un coût inédit depuis 2008 qui rebat les cartes du budget - 10 septembre 2026
- Le Brent frôle 100 dollars, le CAC 40 décroche après des frappes dans le détroit d’Ormuz - 9 septembre 2026