L’indice phare de la Bourse de Paris se reprend après plusieurs séances difficiles, alors que le gouvernement revoit à la baisse sa prévision de croissance annuelle, désormais fixée à 0,9 % pour 2026.
Le CAC 40 affiche une hausse sensible, portée par un rebond technique après les turbulences récentes. Mais ce regain de vigueur intervient dans un contexte économique dégradé : le ministère de l’Économie a officiellement abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,9 %, contre 1,3 % anticipé initialement. La révision s’inscrit dans le sillage de la flambée des prix de l’énergie provoquée par le conflit en Iran, qui a fait grimper le pétrole au-delà des 100 dollars le baril.
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David Amiel, ministre chargé des Comptes publics, a prévenu lundi que le « coût » de ce conflit contraignait à réévaluer les perspectives. Le gouvernement table désormais sur un Brent autour de 100 dollars jusqu’à fin mai, puis sur une détente progressive. Un scénario alternatif a également été établi pour anticiper d’éventuels dérapages. Dans la foulée, la prévision d’inflation a été relevée à 1,9 %, contre 1,3 % espéré auparavant.
Banque de France et FMI s’alignent
Le chiffre de 0,9 % rejoint exactement celui de la Banque de France, révisé à la baisse le mois dernier, et celui du Fonds monétaire international, actualisé mardi. La Banque de France prévoit par ailleurs une croissance de 0,3 % au premier trimestre 2026, un démarrage timide qui confirme le ralentissement de l’économie française. En 2025, la croissance avait atteint 0,9 %, après 1,1 % en 2024, malgré l’instabilité politique et les tensions budgétaires.
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Côté Bourse, certaines valeurs résistent mieux que d’autres. Dassault Systèmes affiche un bond de 8 %, soutenu par des résultats semestriels accueillis favorablement. Le palais Brongniart, siège historique d’Euronext à Paris, a vu la place parisienne revenir à 1,5 % de son record absolu, tandis qu’Euronext lui-même battait le sien. Mais cette embellie reste fragile : près d’un tiers des mandats d’administrateurs du CAC 40, soit 150, arrivent à échéance au printemps, ce qui devrait agiter les prochaines assemblées générales.
Exportations et militaire : des signaux mitigés
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a salué sur TF1 une « croissance robuste » et « un bon départ » pour 2026, soulignant que « les entreprises ont continué à exporter », malgré le contexte de guerre commerciale menée par Donald Trump. Certains secteurs demeurent considérablement affectés : produits à base d’acier, vins et spiritueux, cosmétiques subissent de plein fouet les nouveaux droits de douane américains. Mais, pour le moment, l’impact sur l’économie nationale reste limité.
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Dans l’aéronautique, les cadences accélèrent. La hausse des dépenses militaires européennes et le redémarrage attendu de l’économie allemande, dopé par une relance budgétaire, pourraient également soutenir l’activité française. Un point de croissance supplémentaire outre-Rhin représenterait 0,1 point de PIB en plus pour la France, selon les économistes.
L’investissement des entreprises reste l’inconnue majeure. Après une forte reprise en été 2025, il a stagné au quatrième trimestre. Les ménages français, qui disposent de plus de 6 300 milliards d’euros d’épargne financière, n’ont guère réinjecté cette manne dans l’économie réelle. Les analystes restent partagés : certains misent sur une embellie progressive, d’autres redoutent que la prudence ne l’emporte tant que les tensions géopolitiques persisteront.