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16 Rafale pour l’Ukraine : la filière armement française affiche 20 milliards d’export

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La vente de 16 Rafale à l’Ukraine, annoncée lundi 13 juillet par Emmanuel Macron, prolonge une séquence commerciale inédite pour l’industrie française de défense, portée par 220 appareils en carnet de commandes et des contrats navals dépassant trois milliards d’euros.

L’annonce intervient à la veille du défilé du 14-Juillet, en présence de Volodymyr Zelensky. Elle porte le total des Rafale commandés à 220 exemplaires, dont 175 destinés à des clients étrangers. En 2025, l’Inde avait déjà signé pour 26 appareils, destinés à sa marine. Le prix unitaire de l’avion de combat, variable selon les configurations, dépasse les 100 millions d’euros.

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Derrière Dassault Aviation, ce sont aussi les équipementiers embarqués qui engrangent : Thales pour les systèmes de mission, Safran pour les moteurs M88, MBDA pour l’armement. L’appareil cumule les fonctions air-air, air-sol et reconnaissance, ce qui en fait un système complet dont chaque vente entraîne des sous-contrats multiples.

En chiffres
220
Rafale au carnet de commandes
dont 175 export
+21 %
Croissance export français 2021-2025
2e exportateur mondial
×5
Ventes vers l'Europe
quintuplées en quatre ans
~20 Md€
Prises de commandes 2025
3e meilleur résultat annuel
38 Md€
Commandes intérieures France
80 % base nationale

Deuxième exportateur mondial, +21 % entre 2021 et 2025

Dassault Aviation : 977 M€ de bénéfice net en 2025, porté par 26 livraisons de Rafale

Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la France occupe le deuxième rang des exportateurs d’armes, derrière les États-Unis[1]. Les ventes françaises ont progressé de 21 % entre 2021 et 2025. Fait marquant : les livraisons à destination de l’Europe ont quintuplé sur la période, portées par le réarmement déclenché après l’offensive russe de février 2022.

Les estimations 2025 tablent sur environ 20 milliards d’euros de prises de commandes, dont un tiers sur le continent européen[4]. Si le chiffre se confirme, il s’agirait de la troisième meilleure performance annuelle de la filière, après 2022 et 2024, années records.

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Principaux contrats export français 2025
Client Équipement Montant estimé
Inde 26 Rafale Marine ~2,6 Md€
Indonésie (juil. 2025) 2 sous-marins (Naval Group) ~2 Md€
Grèce (déc. 2025) 1 frégate FDI (Naval Group) 810 M€
Brésil Équipement sous-marin nucléaire 500 M€
Grèce 4e frégate FDI ND
Roumanie Missiles Mistral ND
Croatie Canons Caesar ND

Source : Sud-Ouest

Naval Group cumule trois milliards de contrats en six mois

Le constructeur naval français a signé en juillet 2025 la vente de deux sous-marins à l’Indonésie pour près de deux milliards d’euros. En décembre, il confirmait l’acquisition par Athènes d’une frégate pour 810 millions, après deux contrats brésiliens totalisant 500 millions pour l’équipement d’un sous-marin à propulsion nucléaire.

La Grèce a ensuite commandé une quatrième frégate de défense et d’intervention (FDI). Le type FDI, mis en service pour la Marine nationale, cumule fonctions de défense aérienne, lutte anti-sous-marine et frappe dans la profondeur. Naval Group a également décroché, sur le marché intérieur, la commande du porte-avions de nouvelle génération (PANG), baptisé « France libre », ainsi que le programme des futurs sous-marins lanceurs d’engins de troisième génération (SNLE3G).

Défense : ce qui structure l'essor export français

Dépendance à l'export accrue
175 des 220 Rafale commandés sont destinés à l'étranger. Une annulation ou un report de contrat pèse directement sur la charge de Dassault et des sous-traitants.
Autonomie stratégique renforcée
80 % des 38 Md€ de commandes intérieures vont à la base industrielle française, garantissant le maintien de compétences souveraines (nucléaire, naval, aérien).
Effet d'entraînement limité
Les grands contrats bénéficient surtout aux maîtres d'œuvre et équipementiers de rang 1. Les sous-traitants de rang 2 et 3 peinent parfois à capter une part significative, malgré les discours sur la souveraineté.
Risque de surchauffe capacitaire
Naval Group, Dassault et KNDS cumulent des carnets pleins. Les délais de livraison s'allongent, et la filière manque de main-d'œuvre qualifiée pour tenir les cadences.

800 canons Caesar vendus, le Leclerc bientôt remplacé

KNDS France, issu de la fusion entre Nexter et l’allemand KMW, affiche près de 800 canons Caesar vendus depuis la mise en service du système en 2004. L’artillerie automotrice Caesar a été largement déployée par l’armée ukrainienne, qui en apprécie la mobilité et la cadence de tir. En 2025, la Croatie a signé pour plusieurs exemplaires.

Lors du dernier salon Eurosatory, KNDS a présenté le successeur du char Leclerc, dont le retrait du service est programmé pour 2038. Le futur char de combat principal (Main Ground Combat System, MGCS) est développé en coopération avec l’Allemagne, dans le cadre d’un programme binational qui doit aboutir au début des années 2030.

38 milliards de commandes intérieures, 80 % « made in France »

« Sans export, il n’y a pas d’autonomie stratégique crédible. Le sujet à l’export n’est pas périphérique, c’est un élément pivot de notre système de défense », déclarait la ministre des Armées, Catherine Vautrin, en janvier dernier.

Sur le marché intérieur, l’État français a passé commande en 2025 pour 38 milliards d’euros, dont 80 % auprès de la base industrielle et technologique de défense nationale[4]. Parmi les programmes cités par la ministre : le porte-avions « France libre », les SNLE3G et une évolution du missile nucléaire M51.

Cette dynamique d’export et de commandes intérieures répond à l’augmentation continue des dépenses militaires mondiales, accélérée depuis 2022. En Europe, plusieurs pays ont relevé leur effort de défense au-delà de 2 % du PIB, ouvrant de nouveaux marchés pour les équipementiers français.

Armement français : ventes export 2021-2025

    • 220 Rafale au carnet de commandes, dont 175 export
    • 26 Rafale Marine vendus à l’Inde en 2025, 16 annoncés pour l’Ukraine en juillet 2026
    • France : 2e exportateur mondial d’armes derrière les États-Unis (SIPRI)
    • Croissance des ventes françaises de 21 % entre 2021 et 2025
    • Exportations vers l’Europe multipliées par cinq sur la même période
    • ~20 Md€ de prises de commandes attendues pour 2025, dont un tiers en Europe

Enjeux pour la filière défense française

Dépendance à l’export accrue

175 des 220 Rafale commandés sont destinés à l’étranger. Une annulation ou un report de contrat pèse directement sur la charge de Dassault et des sous-traitants.

🛡
Autonomie stratégique renforcée

80 % des 38 Md€ de commandes intérieures vont à la base industrielle française, garantissant le maintien de compétences souveraines (nucléaire, naval, aérien).

💰
Effet d’entraînement limité

Les grands contrats bénéficient surtout aux maîtres d’œuvre et équipementiers de rang 1. Les sous-traitants de rang 2 et 3 peinent parfois à capter une part significative, malgré les discours sur la souveraineté.

📈
Risque de surchauffe capacitaire

Naval Group, Dassault et KNDS cumulent des carnets pleins. Les délais de livraison s’allongent, et la filière manque de main-d’œuvre qualifiée pour tenir les cadences.

Armement français : les chiffres clés 2021-2026

  • 220 Rafale au carnet de commandes, dont 175 export
  • 16 Rafale vendus à l'Ukraine, annoncés le 13 juillet 2026
  • France : 2e exportateur mondial d'armes derrière les États-Unis (SIPRI)
  • +21 % de croissance des ventes françaises entre 2021 et 2025
  • Naval Group : trois milliards de contrats signés en six mois (Indonésie, Grèce, Brésil)
  • ~800 canons Caesar vendus depuis 2004, dont plusieurs à la Croatie en 2025
Rédactrice chez Industriel.net
Hélène Vasseur suit de près l'actualité de la défense, des industries de souveraineté et des grands programmes militaires. Elle décrypte les enjeux stratégiques, les innovations technologiques et les évolutions du secteur à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et structurer ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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