IndustrielEntreprisesLes Hauts-de-France, nouvelle terre d'IA ? 27 % des entreprises ont franchi...

Les Hauts-de-France, nouvelle terre d’IA ? 27 % des entreprises ont franchi le pas

-

Plus d’un quart des entreprises des Hauts-de-France ont intégré l’intelligence artificielle à leur activité, selon une enquête menée auprès de 2 800 chefs d’entreprise en 2025.

La Chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-France vient de publier les résultats d’une étude conduite auprès de 2 800 dirigeants de la région. Objectif : mesurer la pénétration de l’IA générative dans le tissu économique local. Le constat est double. D’un côté, 27 % des entreprises interrogées déclarent avoir recours à ces technologies dans leur gestion quotidienne ou leur développement. De l’autre, de nombreux obstacles freinent encore l’adoption à plus grande échelle.

L’enquête intervient alors que la région affiche l’ambition de se positionner comme terre d’accueil de data centers, infrastructures indispensables au déploiement de l’IA à l’échelle industrielle. Entre volonté politique et réalité du terrain, l’écart reste marqué. Si un patron sur quatre franchit le pas, trois sur quatre restent à distance, souvent par méconnaissance des usages ou par crainte du coût d’investissement.

Les freins à l’adoption restent nombreux

L’étude de la CCI pointe plusieurs barrières récurrentes. La première tient aux compétences : nombre de PME et TPE ne disposent pas en interne des profils capables de déployer, paramétrer ou simplement évaluer les outils d’IA générative. La seconde relève du budget. Les solutions du marché, même en mode SaaS, représentent un engagement financier que toutes les structures ne peuvent assumer. Enfin, la question de la souveraineté des données et de la sécurité apparaît régulièrement dans les retours d’entrepreneurs prudents face aux hébergements hors UE.

À ces freins techniques s’ajoute un manque de visibilité sur le retour sur investissement. Beaucoup de dirigeants interrogés hésitent à se lancer sans garantie de gain de productivité mesurable à court terme. D’autres évoquent la difficulté à identifier les cas d’usage pertinents pour leur secteur : un industriel de la plasturgie ne raisonne pas comme un éditeur de logiciels ou un cabinet d’expertise-comptable.

L’enjeu des data centers et de la souveraineté régionale

Les Hauts-de-France misent sur leur position géographique, leurs connexions électriques et leur climat tempéré pour attirer les data centers. La région accueille déjà plusieurs projets d’envergure, portés par des acteurs privés ou publics, et souhaite capter une partie de la croissance européenne des centres de données. L’idée : faire du territoire un hub de calcul au service de l’IA, tout en créant des emplois locaux dans la maintenance, la sécurité et l’exploitation.

Mais l’équation reste complexe. Attirer des infrastructures ne suffit pas si les entreprises locales n’en tirent pas parti. L’étude de la CCI met en lumière ce décalage : les data centers peuvent pousser comme des champignons, si les PME régionales ne montent pas en compétence ni en confiance, l’effet d’entraînement restera limité. D’où l’importance, selon la Chambre, d’accompagner le monde entrepreneurial par de la formation, du conseil et des financements ciblés.

L’Espagne lève 3,1 milliards en 2025, l’IA multiplie par six ses investissements

La dynamique est lancée, mais le chemin reste long. Les 27 % d’adoptants constituent une base encourageante, suffisamment significative pour ne pas parler d’effet de mode, mais encore trop mince pour parler de bascule structurelle. Le baromètre devra être reconduit dans les prochaines années pour mesurer l’accélération ou, au contraire, le plafonnement de la courbe d’adoption. En attendant, la région avance à deux vitesses : l’infrastructure d’un côté, les usages de l’autre.

Rédactrice chez Industriel.net
Sophie Berlu suit les évolutions des filières industrielles, des marchés de l'énergie et des innovations qui accompagnent la transformation des entreprises. Elle met en perspective les enjeux économiques, technologiques et environnementaux à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et optimiser la qualité de ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en réalisant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
Sophie

Articles

Stay Connected

0FansJ'aime
0SuiveursSuivre
0SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Articles