Masayoshi Son a confirmé fin mai 2026 un investissement de 75 milliards d’euros en France dans les infrastructures d’intelligence artificielle, le plus élevé jamais annoncé en Europe dans ce secteur.
La somme donne le vertige. Soixante-quinze milliards d’euros, dont 45 milliards engagés d’ici 2031 dans les Hauts-de-France pour la construction de data centers. C’est ce qu’a annoncé Masayoshi Son, président fondateur de SoftBank, dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche le 30 mai 2026, à la veille du sommet Choose France.
L’annonce ne s’est pas faite dans le vide. Son explique avoir arrêté sa décision après une rencontre avec Emmanuel Macron lors du voyage officiel du président français à Tokyo en avril. « Le président Macron a su être combatif, persuasif et persistant, en mettant en avant tous les atouts de votre pays », a-t-il déclaré à La Tribune Dimanche. Il ajoute avoir été « très sensible » à l’engagement personnel du chef de l’État pour le succès économique de la France.
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45 milliards dans les Hauts-de-France d’ici 2031
La concentration géographique est frappante : c’est le Nord qui absorbe la première tranche, avec la construction de data centers destinés à alimenter les modèles d’IA. L’argument de l’énergie a pesé lourd dans la balance. Ces infrastructures consomment massivement de l’électricité, et la France dispose de capacités de production et de stockage qui ont manifestement convaincu SoftBank de préférer Paris à ses concurrents européens.
Schneider Electric est associé au projet. Son directeur général, Olivier Blum, a qualifié l’opération de « plus gros projet qu’il y a eu en France » dans ce secteur, parlant de « partenariat important » [2].
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SoftBank, fondé en 1981, est déjà présent en Europe depuis plus de quinze ans avec un portefeuille d’environ 50 milliards d’euros. Son Vision Fund, actif dans l’UE depuis 2017, gère entre 35 et 40 entreprises européennes pour un investissement total d’environ 10 milliards d’euros, incluant Revolut, Wayve ou Vestiaire Collective. Le groupe détient par ailleurs 11 % du capital d’OpenAI aux États-Unis [5].
Un signal fort pour la stratégie IA de la France
Cet afflux de capitaux s’inscrit dans une séquence plus large. En mai 2025, le sommet Choose France avait déjà enregistré un record avec 20 milliards d’euros de projets annoncés. Avant cela, un sommet dédié à l’IA avait permis de mobiliser 109 milliards d’euros d’engagements dans le pays. L’annonce de SoftBank fait basculer ces chiffres dans une autre dimension.
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La France mise sur cet afflux pour combler son retard face aux États-Unis, où OpenAI reste le leader incontesté, et pour renforcer l’écosystème autour de Mistral AI, son champion national. Des data centers supplémentaires dans les Hauts-de-France fourniront la puissance de calcul sans laquelle aucun modèle de grande taille ne peut tourner. C’est la condition matérielle que SoftBank, mieux que quiconque, a su identifier.
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
- French Tech 120 en 2026 : les scale-ups françaises qui dessinent l’économie de la prochaine décennie - 17 juin 2026
- Lecornu annonce 655 millions d’euros supplémentaires pour l’IA en France - 16 juin 2026
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