Des pilotes marocains ont effectué des vols à bord de Rafale B français durant l’exercice Marathon 25, organisé entre Guelmim et Marrakech. Aucune commande n’est confirmée, mais cette coopération opérationnelle relance l’hypothèse d’une acquisition du F4.3 pour remplacer les Mirage F1.
Le chasseur de Dassault Aviation pourrait revenir dans la course vingt ans après un échec commercial cuisant. En 2007, le Maroc avait finalement préféré le F-16 américain après l’effondrement d’une négociation marquée par l’absence de montage financier compétitif et une coordination défaillante entre Paris et ses industriels. Depuis, la stratégie commerciale française a changé : les offres incluent désormais financement, transfert de technologie, soutien logistique et coopération industrielle.
L’exercice Marathon 25, qui a réuni pour la première fois Rafale B français et F-16 marocains, a donné l’occasion à des pilotes des Forces armées royales de prendre les commandes de l’appareil français. Cette phase de familiarisation est interprétée par la presse spécialisée espagnole comme une évaluation opérationnelle préalable à une décision d’achat, même si ni Rabat ni Paris n’ont confirmé officiellement.
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Une dynamique diplomatique renforcée
Les contacts de haut niveau se sont multipliés entre responsables militaires marocains et français ces derniers mois. L’Inspecteur général des FAR, le général Mohammed Berrid, a rencontré son homologue français, tandis que des discussions entre ministres chargés de la Défense ont eu lieu dans la perspective d’un futur traité stratégique entre les deux capitales [1].
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Cette dynamique de coopération intervient dans un contexte régional tendu. En 2026, les budgets de défense de l’Algérie et du Maroc dépassent ensemble 60 milliards d’euros, les deux pays représentant 87 % des importations d’armement en Afrique du Nord entre 2020 et 2024 [5]. Alger a réceptionné des Su-35 et Su-57 russes, des missiles Iskander-M et des systèmes S-350 et S-400. Rabat a de son côté déployé des lance-roquettes Himars, des drones turcs Bayraktar Akinci et des hélicoptères Apache AH-64E.
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La version actuellement en production du Rafale est capable d’assurer des missions de supériorité aérienne, de frappe de précision, de reconnaissance et de dissuasion. Il embarque le système de guerre électronique SPECTRA, le missile Meteor à longue portée et le futur missile MICA NG. Le standard F4, dont la validation était prévue pour 2024, marque l’entrée du chasseur dans l’ère de la data [3].
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Pour le Maroc, l’objectif est de remplacer les Mirage F1, modernisés au standard ASTRAC en 2011 mais désormais dépassés face aux capacités algériennes. Les F-5 Freedom Fighter, également en service, ne permettent plus de maintenir un équilibre crédible dans la région. « Le Rafale constitue donc la bonne option pour remplacer le Mirage F1 », estimait un observateur en 2024 [1].
| Pays | Budget défense 2026 | Part des achats d’armement Afrique du Nord (2020-2024) |
|---|---|---|
| Algérie | + 40 milliards d’euros | 87 % (Algérie + Maroc cumulés) |
| Maroc | Près de 20 milliards d’euros | 87 % (Algérie + Maroc cumulés) |
Source : Le Monde
Enjeux du rapprochement défense France-Maroc
Un investissement de plusieurs milliards d’euros
Un contrat porterait sur des montants considérables. Au coût des cellules s’ajoutent l’armement, les infrastructures, la formation des équipages, les simulateurs, les pièces de rechange et le soutien logistique. L’addition grimperait rapidement à plusieurs milliards d’euros.
Les délais posent aussi question. Les chaînes d’assemblage du Rafale sont saturées par les commandes françaises et étrangères. Les premières livraisons pourraient être repoussées vers la fin de la décennie, sauf décision politique exceptionnelle permettant de prélever des appareils sur les dotations françaises, comme cela a pu se faire par le passé pour certains clients prioritaires.
Diversification des fournisseurs
Qu’elle se concrétise ou non, cette hypothèse illustre la stratégie marocaine visant à diversifier ses sources d’approvisionnement. Les Forces royales Air ont toujours disposé d’avions français et américains. Le Rafale s’inscrirait dans cette logique, aux côtés des F-16 et des futurs Apache.
Fin août 2024, le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, déclarait qu’un nouveau contrat pourrait être signé dans les mois suivants, sans préciser le client [2]. La Grèce et l’Inde figuraient parmi les hypothèses, mais le Maroc est apparu dans les colonnes de Meta-Defense comme candidat sérieux pour remplacer sa chasse vieillissante.
Aucun calendrier n’est arrêté. Mais la phase d’évaluation opérationnelle menée durant Marathon 25 marque une étape concrète dans un dossier qui avait échoué il y a vingt ans. Cette fois, Paris a revu sa copie. Reste à savoir si Rabat signera.
Enjeux du rapprochement défense France-Maroc
Course aux armements régionale
L’Algérie et le Maroc concentrent 87 % des achats d’armement d’Afrique du Nord. Leurs budgets cumulés dépassent 60 milliards d’euros en 2026.
Montant du contrat potentiel
Un achat de Rafale F4.3 incluant armement, infrastructures, formation et soutien logistique coûterait plusieurs milliards d’euros au Maroc.
Délais de production sous tension
Les chaînes Rafale sont saturées. Les livraisons pourraient être repoussées en fin de décennie, sauf prélèvement sur dotations françaises.
Stratégie de diversification
Le Maroc cherche à équilibrer ses sources d’approvisionnement militaire entre France et États-Unis, tout en remplaçant ses Mirage F1 et F-5 vieillissants.
Rafale au Maroc : les faits à retenir
Des pilotes marocains ont effectué des vols sur Rafale B durant l’exercice Marathon 25, entre Guelmim et Marrakech.
En 2007, le Maroc avait choisi le F-16 américain après l’échec d’une négociation avec Paris sur le Rafale.
L’Inspecteur général des FAR a rencontré son homologue français dans la perspective d’un futur traité stratégique.
Le Rafale F4.3 embarque le système SPECTRA, le missile Meteor et le futur MICA NG.
Les budgets de défense algérien et marocain dépassent ensemble 60 milliards d’euros en 2026.
Sources
- Le Maroc sera-t-il le prochain client du Rafale F4 ?, Zone Militaire (Opex360)
- Vers une commande de Rafale pour le Maroc ?, Air & Cosmos
- Archives du 14 janvier 2019, La Tribune
- Le Maroc renforce sa puissance dans le Maghreb avec 24 hélicoptères Apache AH-64E, Air & Cosmos
- Entre l’Algérie et le Maroc, une inquiétante course aux armements, Le Monde
Rafale au Maroc : les faits à retenir
- Des pilotes marocains ont effectué des vols sur Rafale B durant l'exercice Marathon 25, entre Guelmim et Marrakech.
- En 2007, le Maroc avait choisi le F-16 américain après l'échec d'une négociation avec Paris sur le Rafale.
- L'Inspecteur général des FAR a rencontré son homologue français dans la perspective d'un futur traité stratégique.
- Le Rafale F4.3 embarque le système SPECTRA, le missile Meteor et le futur MICA NG.
- Les budgets de défense algérien et marocain dépassent ensemble 60 milliards d'euros en 2026.
Sources
4 sources · 5 faits sourcés