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La French Tech lève 4,6 milliards au premier semestre, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni

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Les start-up françaises ont levé 4,6 milliards d’euros au premier semestre 2026, soit 65 % de plus qu’un an plus tôt. Mais le nombre d’opérations a reculé, signe d’une sélection plus dure.

Le capital-risque français a renoué avec la croissance. Entre janvier et juin 2026, les jeunes pousses tricolores ont levé 4,6 milliards d’euros, l’une de leurs meilleures performances depuis la période Covid. « Le rebond est d’autant plus spectaculaire après un premier semestre 2025 plus atone », commente Franck Sebag, associé chez EY et auteur du baromètre qui livre ces chiffres. « Il confirme que le capital est toujours disponible pour financer l’innovation, ainsi que la vaillance de la French Tech. »

La hausse masque un changement de régime. Les fonds financent moins de sociétés, mais plus grosses. Le nombre d’opérations tombe à 280 ce semestre, contre 311 un an avant. Dans le même temps, le ticket moyen grimpe à 16 milliards d’euros, contre moins de 9 millions au premier semestre 2025. Sept deals ont franchi la barre des 100 millions d’euros. « Le capital est présent, mais il s’alloue de manière plus concentrée, plus sélective et plus exigeante », relève Franck Sebag.

Un retard face au Royaume-Uni et à l’Allemagne

Malgré la reprise, la French Tech reste distancée par ses voisins. Le Royaume-Uni et l’Allemagne continuent d’attirer des volumes supérieurs, tant en nombre d’opérations qu’en montants moyens. L’écart se creuse particulièrement sur les méga-rounds, ces levées de plus de 100 millions d’euros qui structurent les champions de demain.

L’État veut flécher 4,5 milliards vers les champions français

Pour réduire la dépendance aux solutions américaines, l’État compte orienter 4,5 milliards d’euros d’achats publics vers la French Tech. « Il y a urgence à se désintoxiquer des solutions américaines », a martelé le gouvernement, qui voit dans la commande publique un levier pour faire grandir les acteurs nationaux. La mesure vise à accélérer la maturation des start-up françaises en leur garantissant des débouchés.

Une concentration qui interroge sur la profondeur de l’écosystème

La baisse du nombre d’opérations interroge sur la santé du vivier. Si les champions reçoivent du capital, les jeunes pousses en phase d’amorçage ou de développement précoce peinent à convaincre. La sélectivité accrue des fonds prive une partie de l’écosystème de carburant, au risque de réduire le nombre de futurs leaders. À terme, cette concentration pourrait pénaliser la diversité et la résilience de la French Tech face aux géants européens.

Rédacteur chez Industriel.net
Julien Mercier réalise une veille quotidienne sur les grands secteurs de l'économie et de l'industrie afin de suivre les transformations qui façonnent les entreprises. Ses analyses couvrent notamment l'énergie, les transports, l'automobile, l'intelligence artificielle, l'agroalimentaire, la construction, le traitement des déchets, les matériaux, ainsi que les technologies de production et de supervision industrielle. Pour renforcer la qualité de ses publications, il s'appuie sur l'intelligence artificielle lors des phases de recherche et de rédaction, avant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale systématiques.
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