Emmanuel Macron a annoncé 93 milliards d’euros d’investissements étrangers lors de la neuvième édition de Choose France, un montant qui dépasse à lui seul huit ans de promesses cumulées.
Le chiffre est tombé lundi 1er juin à Versailles, dans la matinée, avant même l’ouverture officielle du sommet. Soixante et onze projets, un montant que l’Élysée qualifie d’historique, plus de 15.000 emplois annoncés à la clé. Le président français n’a pas caché sa satisfaction, entouré pour l’occasion de Masayoshi Son, le patron du fonds japonais SoftBank.
« Cette édition de Choose France à elle seule va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d’euros d’investissement confirmés, pour plus de 15.000 emplois. C’est évidemment de très loin une édition record et c’est historique », a lancé Emmanuel Macron avant le début des travaux.
Sommaire
Le poids écrasant de SoftBank et de l’intelligence artificielle
Le montant total s’explique en grande partie par un seul projet. SoftBank s’est engagé ce week-end, avant même l’ouverture du sommet, à investir jusqu’à 45 milliards d’euros d’ici 2031 dans un réseau de data centers dédiés à l’intelligence artificielle, implanté dans les Hauts-de-France [1]. À lui seul, cet engagement dépasse la moitié du total annoncé cette année.
Le canadien Brookfield Asset Management complète ce mouvement avec un projet de data center d’un gigawatt dans le Nord, pour un montant de 10 milliards de dollars, selon Les Echos [2]. L’intelligence artificielle s’impose ainsi comme le moteur quasi exclusif de cette édition, un phénomène déjà observé l’année précédente mais qui prend une ampleur inédite. D’autres groupes, comme Mars ou Salesforce, ont également confirmé le renforcement de leur présence en France [2].
Neuf ans d’un dispositif devenu marque déposée
Lancé en janvier 2018, huit mois après l’élection d’Emmanuel Macron, Choose France s’est d’abord greffé au Forum de Davos avant de prendre son indépendance à Versailles. Depuis sa création, l’événement a permis de dévoiler 230 projets pour un total cumulé de 87 milliards d’euros sur huit éditions, selon Les Echos [5]. L’édition 2026 dépasse donc, à elle seule, l’ensemble de ce cumul historique.
L’Élysée revendique désormais un format devenu « une marque établie, copiée par les Allemands et les Britanniques » [5]. Plus de 200 chefs d’entreprise venus du monde entier ont fait le déplacement à Versailles cette année, selon Les Echos, une moitié d’entre eux pour la première fois. Les patrons européens restent majoritaires, mais les Américains représentent encore 18 % des participants, malgré la guerre commerciale en cours avec Washington. De nouveaux investisseurs du Golfe et d’Asie ont également été conviés, signe d’une volonté de diversifier les partenaires économiques face au durcissement de la concurrence mondiale [3].
| Période | Montant cumulé |
|---|---|
| 2018-2025 (huit éditions) | 87 milliards d’euros |
| 2026 (neuvième édition seule) | 93 milliards d’euros |
Source : Le Figaro
Pourquoi le record de Choose France 2026 interroge
Ce que la communication officielle ne dit pas
Derrière les annonces, une partie de ces investissements repose sur des dispositifs publics coûteux. Pour attirer les usines de puces électroniques ou de batteries dans le Nord, l’État mobilise des subventions directes via le plan France 2030, des baisses d’impôts de production et le crédit d’impôt recherche, rappelle La Dépêche [4]. Plusieurs économistes soulignent que ces milliards « apportés » par les groupes étrangers sont en partie financés par l’argent public français, et que la présence de certains investisseurs pourrait vaciller sans ces aides.
La contestation ne se limite pas au financement public. Sur les réseaux et dans les commentaires relevés par La Dépêche, des lecteurs pointent le sort de fleurons industriels cédés à l’étranger ces dernières années, citant pêle-mêle Alstom, Technip, Latécoère, Opella, OMMIC ou encore la branche Morpho de Safran [4]. Ce contraste entre l’affichage des milliards annoncés à Versailles et les cessions d’actifs stratégiques alimente le débat sur la réalité de l’attractivité française, à quelques mois de la fin du second mandat d’Emmanuel Macron.
Choose France 2026 : ce qu’il faut retenir
La guerre au Proche-Orient et ses répercussions sur l’économie mondiale n’ont pas empêché cette édition d’être qualifiée d’exceptionnelle par Les Echos [3], qui évoquent une France capable de « ramasser la mise » dans l’intelligence artificielle grâce notamment à son énergie décarbonée. Reste que la part réelle d’argent privé, une fois déduites les aides publiques, demeure difficile à isoler dans les 93 milliards annoncés.
Choose France 2026 : les chiffres du sommet de Versailles
- 93 milliards d'euros annoncés pour 71 projets, un record depuis 2018
- SoftBank s'engage jusqu'à 45 milliards d'euros dans des data centers IA
- Plus de 200 chefs d'entreprise étrangers réunis à Versailles
- Le cumul des huit précédentes éditions s'élevait à 87 milliards d'euros
Sources
5 sources · 9 faits sourcés
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