En Carta Diagnostics, biotech marseillaise spécialisée dans les tests de diagnostic rapide, annonce une levée de fonds de 2,5 millions d’euros pour commercialiser ses autotests de dépistage des IST et de la maladie de Lyme.
La société sort d’une traversée difficile. En 2024, elle avait été placée en redressement judiciaire. Aujourd’hui, elle affiche une feuille de route ambitieuse : trois produits en cours de développement, un agrément européen attendu pour 2027 et une stratégie de commercialisation qui vise à la fois les pharmacies et les plateformes en ligne.
La levée de fonds, bouclée en juin 2026, a été menée auprès d’investisseurs privés dont l’identité n’a pas été communiquée. Elle doit permettre à En Carta Diagnostics de finaliser les essais cliniques et de préparer le lancement commercial de ses premiers autotests.
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Trois autotests en développement, dont un pour la maladie de Lyme
En Carta Diagnostics travaille actuellement sur trois dispositifs. Le premier cible les infections sexuellement transmissibles (IST) : chlamydia, gonorrhée et trichomonase. Le second vise le dépistage de la maladie de Lyme, infection bactérienne transmise par les tiques. Le troisième, dont la nature n’a pas été précisée, reste en phase de recherche.
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Ces autotests reposent sur une technologie de détection moléculaire développée en interne. L’utilisateur prélève lui-même l’échantillon (urine pour les IST, sang capillaire pour Lyme) et obtient un résultat en une vingtaine de minutes. La société revendique une sensibilité et une spécificité comparables à celles des tests de laboratoire, sans donner de chiffres précis.
Le marché visé est celui du dépistage précoce, hors circuit médical classique. En France, les infections à chlamydia et à gonorrhée ont progressé de façon continue ces dernières années, tandis que la maladie de Lyme reste sous-diagnostiquée, faute de tests fiables en phase initiale.
Un marquage CE attendu pour 2027, commercialisation en pharmacie et en ligne
En Carta Diagnostics prépare le dépôt de ses dossiers réglementaires auprès des autorités européennes. Le marquage CE des premiers autotests est attendu pour le premier semestre 2027. Ce sésame conditionne la mise sur le marché en France et dans l’Union européenne.
La société prévoit une double stratégie de distribution : vente en pharmacie, avec l’appui d’un réseau de grossistes-répartiteurs, et commercialisation directe via son propre site e-commerce. Cette approche hybride doit permettre de toucher à la fois les utilisateurs qui privilégient le conseil officinal et ceux qui recherchent la discrétion d’une commande en ligne.
Les prix de vente n’ont pas été communiqués. En Carta Diagnostics indique viser un positionnement accessible, en dessous des tarifs pratiqués pour une consultation médicale suivie d’une analyse de laboratoire. Le remboursement par l’Assurance maladie n’est pas prévu à ce stade.
Enjeux du diagnostic rapide à domicile
Une sortie de redressement judiciaire en 2024
La trajectoire d’En Carta Diagnostics a connu un creux en 2024. La société a été placée en redressement judiciaire, victime de difficultés de trésorerie liées à l’allongement des cycles de développement et à l’insuffisance des fonds levés lors des tours précédents.
Un plan de continuation a été validé par le tribunal de commerce de Marseille. La société a réduit ses effectifs et recentré ses travaux sur les trois produits jugés prioritaires. La levée de 2,5 millions d’euros annoncée en juillet 2026 marque le retour à une situation financière stabilisée.
En Carta Diagnostics emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes, principalement des ingénieurs et des biologistes. Son site de production, situé à Marseille, reste dimensionné pour une fabrication en série limitée. En cas de succès commercial, la société envisage un partenariat avec un sous-traitant spécialisé pour monter en volume.
Un marché du diagnostic rapide porté par la demande d’autonomie des patients
Le marché des autotests s’est élargi avec la crise du Covid-19. Les tests antigéniques ont familiarisé le grand public avec le diagnostic à domicile. Cette expérience a levé une partie des réticences culturelles et réglementaires qui freinaient le secteur.
Aujourd’hui, plusieurs acteurs travaillent sur des autotests pour des pathologies chroniques ou infectieuses. En France, des dispositifs existent déjà pour le VIH, le diabète ou les infections urinaires. Le segment des IST reste peu couvert, malgré une demande identifiée chez les jeunes adultes et les populations à risque.
La maladie de Lyme représente un enjeu distinct. Les tests sérologiques classiques, qui détectent les anticorps, ne sont fiables qu’à partir de plusieurs semaines après la piqûre. Un test précoce permettrait d’engager un traitement antibiotique avant l’apparition des complications articulaires ou neurologiques. En Carta Diagnostics n’a pas précisé la fenêtre de détection de son dispositif.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Levée de fonds 2026 | 2,5 M€ |
| Effectifs actuels | ~15 personnes |
| Marquage CE attendu | 1er semestre 2027 |
| Nombre de produits en développement | 3 |
| Localisation | Marseille |
Prochaines étapes : essais cliniques et dossiers réglementaires
Les fonds levés vont financer les essais cliniques nécessaires au marquage CE. En Carta Diagnostics doit recruter plusieurs centaines de patients pour valider la performance de ses tests en conditions réelles. Ces études se dérouleront en France et, selon la réglementation, pourraient inclure des sites européens.
En parallèle, la société prépare son infrastructure logistique. Elle négocie avec des plateformes de distribution pharmaceutique et finalise son site e-commerce. Un service d’accompagnement en ligne, avec chatbot et téléconseil, est prévu pour guider les utilisateurs dans l’interprétation des résultats.
La question de la confidentialité des données fait l’objet d’un travail spécifique. En Carta Diagnostics annonce que les résultats des tests ne seront pas stockés sur des serveurs centralisés, sauf consentement explicite de l’utilisateur. La société mise sur cet argument pour se différencier des applications de santé connectée, souvent critiquées pour leur gestion opaque des données personnelles.
Si le calendrier est tenu, les premiers autotests d’En Carta Diagnostics seront disponibles au printemps 2027. Leur adoption dépendra autant de leur performance technique que de leur acceptabilité par les professionnels de santé et les pouvoirs publics, qui restent prudents face à la démédicalisation du dépistage des pathologies infectieuses.
En Carta Diagnostics : les points clés
- En Carta Diagnostics lève 2,5 millions d'euros en juin 2026 pour finaliser ses autotests IST et Lyme
- La biotech marseillaise sort d'un redressement judiciaire en 2024, emploie 15 personnes et cible le marquage CE en 2027
- Trois produits en cours : un autotest IST (chlamydia, gonorrhée, trichomonase), un test Lyme et un troisième non dévoilé
- Commercialisation prévue en pharmacie et en ligne, sans remboursement Assurance maladie à ce stade
- Le marché des autotests s'est élargi avec le Covid, mais le segment IST et Lyme reste peu couvert en France
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