La French Tech a levé 4,6 milliards d’euros entre janvier et juin 2026, soit 65 % de plus qu’au premier semestre 2025. Mais l’écosystème français se retrouve distancé par le Royaume-Uni et l’Allemagne dans la course aux financements.
Les chiffres du baromètre EY, publiés jeudi 9 juillet, confirment le rebond du capital-risque français après trois années de contraction. C’est le troisième meilleur début d’année depuis la période Covid, porté par le retour des tours de table supérieurs à 100 millions d’euros.
L’IA entre en usine, l’assemblage à haute cadence sous surveillance prédictive
Advanced Machine Intelligence, la start-up cofondée par Yann LeCun, a levé 890 millions d’euros pour développer ses « world models » d’IA générative. Alan a bouclé 580 millions d’euros, Pennylane 175 millions, Pasqal 170 millions et Bionyra Pharma 145 millions. À cinq, ces opérations concentrent 2 milliards d’euros, près de la moitié des montants levés sur le semestre.
280 entreprises financées, contre 311 un an plus tôt
Cette dynamique cache une concentration du financement. Les start-up françaises ayant levé sont 280 ce semestre, contre 311 au premier semestre 2025 et 413 en 2024. Les sept opérations supérieures à 100 millions d’euros représentent à elles seules plus de la moitié du total levé.
De Goldman Sachs à Blackwell & Co, l’entrepreneur qui connecte la finance privée à la tech
À l’échelle européenne, les start-up ont levé 44 milliards d’euros sur la période, en hausse de 50 % sur un an. Mais la France se retrouve distancée. Le Royaume-Uni a attiré 14,6 milliards d’euros, soit plus du triple du montant français, alors que l’écart habituel ces dernières années oscillait du simple au double. L’Allemagne capte 5,9 milliards, reprenant sa place de deuxième écosystème européen.
Londres à 17,8 milliards de dollars, portée par l’IA
La capitale britannique a connu une année record. Les entreprises tech londoniennes ont levé 17,8 milliards de dollars en 2025, en hausse de 45 % par rapport à 2024. La ville abrite désormais 138 licornes. Le Royaume-Uni a attiré 7 milliards de dollars d’investissement dans l’IA en 2025, contre 3,9 milliards l’année précédente.
L’EPR de Flamanville de nouveau à l’arrêt pour des contrôles sur le circuit primaire
Ineffable Intelligence, fondée par un ancien Chief Scientist de DeepMind, a levé un milliard de dollars en février 2026. Isomorphic Labs, spin-off de DeepMind spécialisée dans la découverte de traitements par IA, a réalisé un tour de table de 2,1 milliards de dollars. NScale, qui construit des infrastructures de calcul dédiées à l’IA, a levé 2 milliards en mars. Wayve, la société de conduite autonome, a été valorisée plus de 8 milliards de dollars.
L’Allemagne mise sur la réindustrialisation technologique
Le financement allemand a bondi de 66 % sur un an, concentré sur la réindustrialisation technologique et l’IA. Helsing, qui développe un drone de combat autonome via sa filiale Grob Aircraft, a annoncé lundi 13 juillet une levée de 1,8 milliard de dollars.
En France, l’essor des technologies souveraines comme l’IA et le quantique dynamise l’écosystème, mais le nombre d’entreprises financées recule. Le marché sélectionne davantage, privilégiant les projets à forte intensité capitalistique sur des segments stratégiques. La hausse des montants levés masque un resserrement du nombre d’acteurs financés, une tendance partagée avec les autres écosystèmes européens.