EDF a mis à l’arrêt l’EPR de Flamanville pour réaliser des contrôles imprévus sur le circuit primaire du réacteur, cinq mois après l’incident provoqué par la tempête Goretti.
L’électricien français a annoncé cette décision le 25 juillet 2026. Le réacteur, qui avait redémarré en mars après plusieurs semaines d’immobilisation, subit de nouvelles inspections dont la durée n’a pas été précisée. EDF indique que ces vérifications portent sur des composants du circuit primaire, sans donner davantage de détails techniques à ce stade.
Engo lève 2,5 millions d’euros pour son IA d’organisation du quotidien
Le circuit primaire assure la circulation de l’eau sous pression qui refroidit le cœur du réacteur. Toute anomalie sur ce système peut entraîner un arrêt prolongé, comme l’a montré l’épisode de février dernier.
La tempête Goretti avait déjà immobilisé le réacteur
En février 2026, la tempête Goretti avait provoqué l’arrêt automatique de l’EPR après des infiltrations d’eau dans certains locaux techniques. Le réacteur était resté à l’arrêt plusieurs semaines, le temps pour EDF de vérifier l’intégrité des installations et de procéder aux réparations nécessaires. Le redémarrage était intervenu début mars, mais la production n’avait repris qu’à mi-puissance dans un premier temps.
IA : 8 entreprises françaises sur 10 bloquent avant la mise en production
Ce nouvel arrêt intervient alors que l’EPR de Flamanville n’a toujours pas atteint une exploitation commerciale stable. Mis en service industriel en septembre 2025 après dix-sept ans de chantier et plusieurs reports, le réacteur accumule les interruptions et les phases de montée en charge progressive.
Un réacteur qui pèse sur la stratégie nucléaire française
L’EPR de Flamanville représente un enjeu industriel majeur pour la filière nucléaire française. C’est le premier réacteur de troisième génération construit en France, et son retour d’expérience doit nourrir les futurs projets de nouveaux réacteurs annoncés par l’État. Six EPR2, une version améliorée, sont prévus d’ici 2035.
Capgemini et La French Tech Casablanca lancent un hub d’innovation IA au Maroc
Chaque arrêt prolongé retarde la capitalisation de ce retour d’expérience et freine la montée en compétence des équipes d’exploitation. Il pèse aussi sur la disponibilité du parc nucléaire français, déjà sous tension en période de forte demande.
Des contrôles dont la portée reste floue
EDF n’a pas communiqué sur l’origine de ces contrôles imprévus. S’agit-il d’une détection d’anomalie lors d’inspections de routine, ou d’une décision prise par précaution après analyse des données de fonctionnement ? L’électricien précise seulement que les vérifications concernent le circuit primaire, sans mentionner de défaut avéré.
L’Autorité de sûreté nucléaire n’a pas encore publié de communication sur cet arrêt. Les prochains jours devraient apporter des précisions sur la nature des contrôles et sur le calendrier de reprise. En attendant, l’EPR reste déconnecté du réseau électrique, dans un contexte où chaque gigawatt compte pour sécuriser l’approvisionnement du pays.