Airbus a dévoilé un objectif d’EBIT ajusté de 12 à 13 milliards d’euros pour 2029, soit 75 % de plus qu’en 2025, provoquant une flambée boursière de 6,27 %.
Le 22 juillet, lors du salon de Farnborough, la direction d’Airbus a tenu son traditionnel « Business update », cette réunion stratégique destinée aux analystes financiers. Un rendez-vous presque plus décisif que la cascade de commandes enregistrées depuis l’ouverture du salon. Au cœur du message : une trajectoire de rentabilité qui explose.
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Thomas Toepfer, directeur financier, a fixé une cible d’EBIT (l’indicateur de rentabilité opérationnelle) entre 12 et 13 milliards d’euros à horizon 2029. Soit cinq milliards de plus qu’en 2025. La hausse atteint 75 %. Les marchés attendaient Airbus sur deux fronts : sa capacité à monter en cadence pour diluer les coûts et sa capacité à générer du cash. La réponse est sans ambiguïté.
Une rentabilité portée par les volumes et le carnet de commandes
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Les 12 à 13 milliards visés se répartissent ainsi : 10 milliards pour la division avions commerciaux, 1,3 milliard pour Defense & Space, 1,2 milliard pour les hélicoptères. Pour y parvenir, Airbus compte livrer plus de 1 100 appareils en 2029, précisément 1 188 unités selon les prévisions internes. Un volume qui repose sur un carnet débordant : plus de 9 200 avions neufs à livrer dans les prochaines années.
Guillaume Faury, directeur général, a insisté sur cette visibilité inédite : « Nous bénéficions aujourd’hui d’une visibilité dont nous n’avions jamais bénéficié auparavant, tant du côté de la demande que de l’offre. » Aucune industrie au monde n’affiche une telle prévisibilité à trois ans. La montée en cadence devient moins un pari qu’une mécanique programmée.
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| Division | EBIT visé (Md€) |
|---|---|
| Avions commerciaux | 10,0 |
| Defense & Space | 1,3 |
| Hélicoptères | 1,2 |
| Total groupe | 12 à 13 |
Rachat d’actions pour 5 milliards : un signal aux actionnaires
Autre annonce majeure : Airbus lance un programme de rachat de ses propres actions pour un montant de cinq milliards d’euros d’ici 2029. Ce mécanisme crée mécaniquement de la demande sur le titre à court terme et renforce sa valorisation. C’est aussi un message de confiance : l’entreprise dispose du cash nécessaire pour rémunérer ses actionnaires tout en finançant sa croissance.
La réaction des marchés a été immédiate. L’action Airbus a bondi de 6,27 % ce mercredi 22 juillet, s’établissant à 206,55 euros. Plusieurs analystes financiers ont relevé leur objectif de cours dans une fourchette comprise entre 200 et 232 euros.
Airbus 2029 : ce que révèlent les annonces de Farnborough
870 livraisons confirmées pour 2026, 900 en ligne de mire
Malgré l’optimisme ambiant, Airbus a confirmé son objectif de 870 livraisons pour 2026. Aucune révision à la hausse, alors qu’une rumeur industrielle évoquait une cible interne de 900 unités. Selon une source financière, « cet objectif sera peut-être revu à la hausse le 30 juillet lors de la publication des résultats semestriels 2026 ».
La prudence s’explique : la chaîne d’approvisionnement reste sous tension. Les sous-traitants, notamment dans l’aérostructure, peinent à tenir les cadences. Airbus préfère afficher un chiffre atteignable plutôt que de décevoir.
L’A350 grignote des parts face au 777X de Boeing
Sur les long-courriers, Airbus continue de gagner du terrain. L’A350 capte des parts de marché face au 777X de Boeing, qui accumule désormais plus de sept ans de retard. Ce décalage pèse lourd : les compagnies qui attendaient le 777X se tournent vers l’A350-1000, le plus grand de la gamme. Philippine Airlines vient d’en commander neuf exemplaires lors du salon de Farnborough.
La liste des commandes récentes s’allonge : quatre A320 NEO pour Shohin Airlines (Tadjikistan), dix A220 pour BermudAir, cinq A330 et vingt A321 NEO pour Flynas (Arabie Saoudite). Des contrats qui alimentent le carnet et renforcent la visibilité à moyen terme.
| Client | Modèle | Quantité |
|---|---|---|
| Philippine Airlines | A350-1000 | 9 |
| Shohin Airlines | A320 NEO | 4 |
| BermudAir | A220 | 10 |
| Flynas | A330 + A321 NEO | 5 + 20 |
Une trajectoire qui repose sur l’exécution industrielle
La hausse de 75 % de l’EBIT d’ici 2029 repose sur une équation simple : volumes élevés, coûts unitaires abaissés, mix produit favorable. Mais elle suppose une montée en cadence sans accroc. Or, l’industrie aéronautique sort d’une période de turbulences : pénuries de matières premières, tensions sur les moteurs, taux d’absentéisme élevés.
Airbus a investi massivement dans ses lignes d’assemblage, notamment à Toulouse et Hambourg. Les cadences actuelles permettent de sortir environ 60 A320 par mois. Pour atteindre 1 188 livraisons en 2029, il faudra tenir ce rythme et accélérer sur l’A350. La chaîne d’approvisionnement doit suivre. C’est le pari.
Les analystes saluent la clarté du plan. Reste à savoir si l’exécution tiendra ses promesses. D’ici là, les actionnaires ont eu leur réponse : le titre grimpe, le carnet déborde, la rentabilité décolle.
Airbus 2029 : ce que révèlent les annonces de Farnborough
Rentabilité en hausse de 75 %
L’EBIT ajusté passe de 7-8 milliards en 2025 à 12-13 milliards en 2029. Cette trajectoire repose sur la montée en cadence et l’écrasement des coûts unitaires par le volume.
Visibilité record sur trois ans
Un carnet de plus de 9 200 commandes offre une prévisibilité inédite. Airbus sait ce qu’il livrera en 2029 : 1 188 appareils. Aucune autre industrie n’affiche cette stabilité.
5 milliards de rachat d’actions
Le programme de rachat crée de la demande sur le titre et rassure les actionnaires. C’est un signal de confiance dans la capacité à générer du cash libre.
Dépendance à la chaîne d’approvisionnement
La trajectoire suppose une exécution industrielle sans faille. Les sous-traitants doivent tenir le rythme. Les pénuries de moteurs et de pièces restent un risque tangible.
Avantage concurrentiel face à Boeing
Le retard de sept ans du 777X profite à l’A350. Airbus capte les commandes de long-courriers et consolide ses parts de marché sur un segment stratégique.
Annonces financières Airbus : les chiffres à retenir
- Objectif d’EBIT ajusté 2029 : 12 à 13 milliards d’euros, soit +75 % versus 2025
- Livraisons visées en 2029 : 1 188 avions, contre 870 prévus en 2026
- Carnet de commandes actuel : plus de 9 200 appareils neufs
- Programme de rachat d’actions : 5 milliards d’euros d’ici 2029
- Hausse du titre en Bourse le 22 juillet : +6,27 %, à 206,55 euros
- Objectifs de cours relevés par les analystes : entre 200 et 232 euros
Annonces financières Airbus : les chiffres à retenir
- Airbus vise un EBIT ajusté de 12 à 13 milliards d'euros en 2029, soit 75 % de plus qu'en 2025
- Le carnet de commandes dépasse 9 200 avions neufs, offrant une visibilité record à trois ans
- L'avionneur lance un rachat d'actions de 5 milliards d'euros d'ici 2029
- L'objectif de livraisons pour 2026 reste à 870 appareils, une révision à la hausse possible le 30 juillet
- L'A350 grignote des parts de marché face au 777X de Boeing, en retard de plus de sept ans
- L'action Airbus a bondi de 6,27 % le 22 juillet, à 206,55 euros