Six start-up des régions Île-de-France et Hauts-de-France ont remporté l’étape parisienne de Tech for Future 2026, le concours de référence pour les jeunes pousses françaises organisé par La Tribune et BFM Business.
Le 11 février, trente start-up ont pitché devant un jury de professionnels composé de La Tribune, BFM Business, BNP Paribas, Arkea Crédit Mutuel, CleanTech Open France, la French Tech Grand Paris, le fonds Wind et OnePoint. Six d’entre elles ont décroché un prix, réparties dans les catégories Data & IA, Environnement & Énergie, Impact, Industrie, Santé et Start (jeunes pousses en phase d’amorçage).
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Pour sa quatorzième saison, Tech for Future change de braquet. Le concours, qui a révélé Doctolib, Dataiku, Exotec, Leetchi ou ManoMano, se déroule désormais en partenariat avec BFM Business. La tournée traverse cinq villes entre le 3 et le 12 février. Au total, trente lauréats seront retenus sur l’ensemble du territoire français, à raison de six par étape. Ils s’affronteront lors d’une finale nationale à Paris, où seront désignées les sept start-up de l’année 2026 (une par catégorie, plus un prix spécial Souveraineté). Les gagnants reçoivent 100 000 euros d’espaces publicitaires dans La Tribune et La Tribune Dimanche, un portrait dans le journal, un passage sur BFM Business, deux places pour le France Digitale Day de septembre et la visibilité d’un prix national soutenu par tout l’écosystème tech.
L’édition 2026 s’inscrit dans une dynamique politique renouvelée. La France et l’Europe affichent une volonté de réduire leurs dépendances technologiques. La souveraineté numérique est devenue une priorité gouvernementale, portée notamment par Anne Le Hénanff, ministre de l’IA et du Numérique, qui a assisté à la soirée de remise des prix nationaux le 13 avril au Pathé Palace.[3]
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Lemrock AI et Torow : deux paris sur la souveraineté tech
Dans la catégorie Data & IA, le jury a couronné Lemrock AI, représentée par sa CEO et cofondatrice Roxane Laigle. La start-up francilienne développe une plateforme d’IA agentique pour les marques. Concrètement, elle permet aux enseignes de vendre directement dans les agents conversationnels d’intelligence artificielle, transformation en cours du e-commerce.
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Lemrock AI fonctionne comme un middleware : il connecte les catalogues produits, les systèmes de paiement et les données des marchands aux principaux environnements d’IA, ChatGPT, Gemini et autres. La technologie s’appuie sur des modèles propriétaires entraînés sur des données de commerce conversationnel. Plusieurs dizaines de marques l’ont adoptée, dont Rakuten et Maisons du Monde.[1]
Dans la catégorie Environnement & Énergie, Torow a remporté le prix. Stéphane Duquesne, cofondateur et CEO de cette deeptech parisienne, porte un projet de batterie tout solide au sodium. Pas de cobalt, pas de nickel, pas de métaux critiques. La technologie vise le stockage d’énergie et les réseaux électriques.
Protégée par plusieurs brevets, cette batterie affiche une durée de vie supérieure aux batteries lithium-ion et une sécurité accrue, tout en réduisant l’empreinte environnementale. L’équipe, composée d’une importante force d’ingénieurs, ambitionne de bâtir une filière européenne de batteries bas carbone. Les applications couvrent le stockage stationnaire et les équipements électroniques.
SeeHaptic, Circul’Egg, Phagos et Femnov : quatre profils très différents
La catégorie Impact a distingué SeeHaptic, portée par Rémi de Chalard, cofondateur. La jeune pousse s’attaque au handicap visuel avec une solution de navigation haptique. Les détails techniques n’ont pas été communiqués dans le cadre de la compétition, mais le projet s’inscrit dans une logique d’accessibilité inclusive, un secteur en croissance porté par des acteurs comme Evelity (lauréat à Lyon dans la même catégorie).[4]
Dans la catégorie Industrie, Circul’Egg a été récompensée. La start-up travaille sur l’économie circulaire appliquée à la filière avicole, avec un modèle de valorisation des coproduits. Le jury a salué l’approche industrielle et la capacité à transformer un déchet en matière première.
Phagos a remporté la catégorie Santé. La société développe des thérapies par phages, alternative aux antibiotiques dans un contexte de montée de l’antibiorésistance. Le secteur des phages connaît un regain d’intérêt scientifique et industriel, porté par des financements publics et privés croissants.
Enfin, dans la catégorie Start (pépites en amorçage), le jury a primé Femnov, une jeune pousse axée sur l’innovation féminine. Les informations détaillées sur le projet restent limitées à ce stade, mais le positionnement correspond à une tendance de fond dans l’écosystème : la recherche de solutions technologiques adaptées à des besoins spécifiques longtemps ignorés.
Ce que révèle cette édition du concours
Un concours qui reflète les priorités stratégiques françaises
L’édition 2026 de Tech for Future témoigne d’un alignement entre les thématiques primées et les priorités affichées par l’État. L’IA, l’énergie, l’environnement, l’industrie, la santé et l’impact sociétal forment le socle des catégories du concours. Ces domaines recoupent ceux identifiés comme stratégiques par la mission French Tech et le gouvernement.
Le prix spécial Souveraineté, annoncé pour la finale nationale, marque une inflexion éditoriale nette. Il reconnaît explicitement le rôle des start-up dans la réduction des dépendances technologiques françaises et européennes. Lemrock AI et Torow, par exemple, incarnent cette ambition : l’une sur le terrain de l’IA appliquée au commerce, l’autre sur celui des batteries, deux secteurs dominés par des acteurs américains et asiatiques.[3]
La tournée régionale, qui a parcouru Lyon, Bordeaux, Marseille, Nantes et Paris, a permis de cartographier les forces vives de l’innovation territoriale. Les start-up primées à Lyon incluent Evelity (navigation indoor pour personnes en situation de handicap) et Capillum (recyclage des cheveux en solutions de dépollution). À Nantes, OptimPharma s’attaque au gaspillage de médicaments à l’hôpital grâce à une plateforme SaaS et de computer vision.[2]
Les enjeux pour les lauréats : visibilité, crédibilité, mise en réseau
Pour les six gagnants de l’étape Paris/Nord, le prix offre une rampe de lancement médiatique et commerciale. Les 100 000 euros d’espaces publicitaires dans La Tribune représentent une valorisation équivalente à plusieurs mois de budget communication pour une start-up en phase de pré-série A. Le passage sur BFM Business permet de toucher un public d’investisseurs et de décideurs.
Le concours attire aussi l’attention des fonds. Wind, membre du jury, fait partie des acteurs du capital-risque français spécialisés dans la tech. La présence de BNP Paribas et d’Arkea Crédit Mutuel signale l’intérêt des banques pour ces profils innovants, dans un contexte où le financement des start-up reste un goulot d’étranglement structurel.
Les deux places au France Digitale Day de septembre permettront aux lauréats de se positionner face aux décideurs de l’écosystème. L’événement rassemble fonds, corporates, institutions et médias. Pour une jeune pousse en recherche de série A ou B, la visibilité acquise peut débloquer des opportunités de levée.
La finale nationale, prévue pour avril, représente un deuxième palier de sélection. Sur trente lauréats régionaux, seuls sept obtiendront le titre de start-up de l’année 2026. Le jury national, dont la composition n’a pas été détaillée, devra arbitrer entre des profils très hétérogènes : deeptech industrielles, plateformes SaaS, solutions médicales, innovations d’impact.
| Catégorie | Start-up | Dirigeant·e | Domaine |
|---|---|---|---|
| Data & IA | Lemrock AI | Roxane Laigle | Plateforme d’IA agentique pour le commerce conversationnel |
| Environnement & Énergie | Torow | Stéphane Duquesne | Batterie tout solide au sodium sans métaux critiques |
| Impact | SeeHaptic | Rémi de Chalard | Navigation haptique pour personnes en situation de handicap visuel |
| Industrie | Circul’Egg | Non communiqué | Économie circulaire appliquée à la filière avicole |
| Santé | Phagos | Non communiqué | Thérapies par phages (alternative aux antibiotiques) |
| Start (amorçage) | Femnov | Non communiqué | Innovation féminine |
Source : La Tribune
Le format du concours repose sur une logique de découverte territoriale. En multipliant les étapes régionales, La Tribune et BFM Business cherchent à décentrer le regard de la tech parisienne, qui concentre encore une part disproportionnée des levées de fonds et de la couverture médiatique. Lyon, Bordeaux, Marseille, Nantes produisent des pépites, souvent méconnues au-delà de leur bassin régional. Tech for Future leur offre une exposition nationale.
Les catégories du concours reflètent aussi une évolution du discours sur l’innovation. La catégorie Impact, absente des premières éditions, témoigne de la montée en puissance des critères ESG dans l’évaluation des jeunes pousses. Les investisseurs, les corporates et les pouvoirs publics intègrent désormais des dimensions sociales et environnementales dans leurs grilles de sélection. Les start-up qui n’affichent qu’un modèle de croissance financière pure peinent à lever des fonds importants.
La catégorie Start, dédiée aux pépites en amorçage, permet de repérer des signaux faibles. Femnov, lauréate de cette catégorie, illustre la volonté du jury de parier sur des projets encore peu matures mais porteurs d’une vision différenciante. Le risque est plus élevé, le ticket de sortie potentiellement plus fort.
Tech for Future 2026 : les six lauréats de Paris en bref
- Lemrock AI connecte les catalogues produits des marques aux agents d'IA comme ChatGPT et Gemini, avec Rakuten et Maisons du Monde comme clients
- Torow développe une batterie tout solide au sodium, sans cobalt ni nickel, pour le stockage d'énergie et les réseaux électriques
- 30 start-up françaises seront primées au total sur les cinq étapes régionales (Lyon, Bordeaux, Marseille, Nantes, Paris)
- Le concours Tech for Future a révélé par le passé Doctolib, Dataiku, Exotec, Leetchi et ManoMano
- La finale nationale se tiendra à Paris en avril 2026, avec un prix spécial Souveraineté en plus des six catégories classiques
Sources
4 sources · 5 faits sourcés
- French Tech 120 : 11,3 milliards d’euros de revenus, 33 sites industriels, deux modèles économiques - 24 août 2026
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- Green tech, IA, cybersécurité : qui sont les 120 pépites du Next40/French Tech 2025 - 22 août 2026