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Sopht, la startup qui mesure l’empreinte carbone des serveurs d’entreprise

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Sopht a bouclé un tour de table de 1,2 million d’euros pour accélérer le déploiement de sa plateforme d’évaluation de l’empreinte carbone des infrastructures informatiques.

Mesurer l’impact environnemental d’un parc informatique n’a rien d’évident. Entre serveurs physiques, machines virtuelles, stockage en cloud hybride et équipements réseau, les DSI manquent d’outils pour quantifier leur empreinte. C’est ce trou dans la raquette que vise Sopht, startup française spécialisée dans le pilotage carbone des infrastructures IT. Elle vient de lever 1,2 million d’euros auprès de Bpifrance et de business angels du secteur tech, selon Les Échos.

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Fondée en 2024 par deux anciens ingénieurs d’OVHcloud, la société édite une plateforme SaaS qui scanne en temps réel les parcs informatiques et calcule leurs émissions de CO₂. L’outil s’appuie sur une base de données propriétaire recensant plus de 12 000 références de serveurs, baies de stockage et équipements réseau, avec leurs consommations électriques et durées de vie moyennes. Le logiciel se connecte aux systèmes de supervision existants (Zabbix, Nagios, Prometheus) et croise les données d’usage avec les facteurs d’émission de l’Ademe et de l’AIE.

En chiffres
1,2 M€
levée de fonds Sopht
Bpifrance et business angels
60
clients visés fin 2027
contre 15 aujourd'hui
420 M€
marché européen pilotage carbone IT en 2028
180 M€ en 2025
30 %
écart d'empreinte selon localisation serveurs
à consommation égale

Une levée pour passer de 15 à 60 clients d’ici fin 2027

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Sopht revendique une quinzaine de clients actifs, principalement dans la banque, l’assurance et l’industrie. Parmi eux, deux établissements bancaires français et un équipementier automobile que la startup ne nomme pas. Objectif affiché : atteindre 60 clients d’ici la fin 2027, en ciblant les DSI de groupes de plus de 500 salariés.

Le tour de table doit financer trois axes. D’abord, le renforcement de l’équipe commerciale et support, avec six embauches prévues d’ici début 2027. Ensuite, le développement de connecteurs supplémentaires pour intégrer les clouds publics (AWS, Azure, Google Cloud Platform) et affiner le calcul d’empreinte sur les workloads distribués. Enfin, le déploiement d’un module de recommandations automatisées, capable de proposer des scénarios de remplacement ou de consolidation de serveurs pour réduire l’empreinte sans dégrader les performances.

Un marché porté par la CSRD et les engagements climat

La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), en vigueur depuis janvier 2024 et étendue progressivement jusqu’en 2028, impose aux entreprises de plus de 250 salariés de publier un bilan carbone détaillé incluant le scope 3, donc les émissions indirectes. Les infrastructures IT y figurent, ce qui pousse les DSI à s’équiper d’outils de mesure fiables.

Selon une étude du cabinet Verdantix publiée en mars 2026, le marché européen des logiciels de pilotage carbone IT devrait peser 420 millions d’euros en 2028, contre 180 millions en 2025. La France représenterait 22 % de ce total, portée par l’avance réglementaire (loi Climat et Résilience de 2021, décret Numérique Responsable de 2024) et la sensibilité croissante des directions générales.

Marché européen du pilotage carbone IT (en M€)
Année Marché total Part France
2025 180 40
2028 (prév.) 420 92

Source : Verdantix, mars 2026

Sopht n’est pas seule sur le créneau. Plusieurs acteurs proposent déjà des solutions de mesure : Greenly, Sami, Carbone 4, ainsi que des modules intégrés dans les suites de gestion d’actifs IT (ServiceNow, BMC). Mais la jeune pousse revendique une granularité plus fine, avec un calcul par serveur et par application, là où les concurrents agrègent souvent au niveau du datacenter ou du site.

Pourquoi les DSI s'équipent pour mesurer leur empreinte

Directive CSRD contraignante
La réglementation européenne impose aux entreprises de plus de 250 salariés un bilan carbone détaillé incluant les infrastructures IT, poussant les DSI à s'équiper d'outils de mesure fiables.
Marché en forte croissance
Le secteur du pilotage carbone IT pèsera 420 M€ en Europe en 2028, dont 22 % en France. La demande est tirée par la réglementation et les engagements climat des directions générales.
Écarts géographiques majeurs
L'empreinte carbone d'un serveur varie de 20 à 30 % selon sa localisation, même à consommation électrique identique. Le mix énergétique local (nucléaire, charbon, renouvelable) change tout.
Clauses environnementales dans les appels d'offres
Les marchés publics et privés intègrent de plus en plus de pénalités ou bonus liés à l'empreinte carbone déclarée. Certains établissements conditionnent les bonus des DSI à des cibles de réduction.

Des écarts de 30 % selon la localisation des serveurs

Les premiers résultats affichés par Sopht chez ses clients montrent des écarts d’empreinte carbone de 20 à 30 % selon la localisation géographique des serveurs, même à consommation électrique identique. Un serveur hébergé dans un datacenter parisien alimenté au nucléaire émet en moyenne 60 grammes de CO₂ par kWh, contre 400 grammes pour un équivalent hébergé en Pologne, où le charbon domine encore le mix électrique. La plateforme calcule aussi l’impact de l’obsolescence matérielle : conserver un serveur en production au-delà de sept ans peut diviser par deux son empreinte annuelle, à condition que sa consommation électrique n’explose pas.

Pour les DSI, l’enjeu n’est pas seulement comptable. Plusieurs appels d’offres publics et privés intègrent désormais des clauses environnementales, avec des pénalités ou des bonus selon l’empreinte carbone déclarée. Dans la banque, certains établissements conditionnent une partie des bonus des responsables IT à l’atteinte de cibles de réduction d’émissions.

Prochaine étape : l’international et l’IA générative

Sopht prévoit une première expansion en Belgique et en Suisse courant 2027, deux marchés proches culturellement et déjà soumis à des réglementations climatiques strictes. L’équipe travaille aussi sur un module d’optimisation assistée par IA générative, capable de simuler des scénarios de migration cloud ou de consolidation de serveurs en intégrant les contraintes de performance, de coût et d’empreinte. Les premiers tests sont prévus au quatrième trimestre 2026.

La startup table sur un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros en 2027, contre environ 600 000 euros attendus pour 2026. Le modèle économique repose sur un abonnement annuel par tranche de 100 serveurs, facturé entre 8 000 et 15 000 euros selon le volume et les fonctionnalités activées. Sopht revendique un taux de renouvellement de 95 % sur ses clients actuels.

Sopht et le pilotage carbone IT : les chiffres

  • Sopht lève 1,2 M€ auprès de Bpifrance et de business angels tech pour déployer sa plateforme SaaS de mesure carbone IT
  • La startup revendique 15 clients (banque, assurance, industrie) et vise 60 clients d'ici fin 2027
  • Le marché européen du pilotage carbone IT devrait peser 420 M€ en 2028, contre 180 M€ en 2025 (Verdantix)
  • Un serveur en Pologne émet 400 g CO₂/kWh contre 60 g en France (mix nucléaire)
  • Sopht table sur 2,5 M€ de CA en 2027, avec un taux de renouvellement client de 95 %
Rédacteur chez Industriel.net
Julien Mercier réalise une veille quotidienne sur les grands secteurs de l'économie et de l'industrie afin de suivre les transformations qui façonnent les entreprises. Ses analyses couvrent notamment l'énergie, les transports, l'automobile, l'intelligence artificielle, l'agroalimentaire, la construction, le traitement des déchets, les matériaux, ainsi que les technologies de production et de supervision industrielle. Pour renforcer la qualité de ses publications, il s'appuie sur l'intelligence artificielle lors des phases de recherche et de rédaction, avant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale systématiques.
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