Boeing a livré 367 avions commerciaux entre janvier et juillet 2026, à peine 51 de moins qu’Airbus : le match est relancé.
Pendant sept ans, Airbus n’avait laissé à Boeing que la seconde place au classement mondial. Livraisons, commandes : l’avionneur de Toulouse dominait sans partage depuis les crashs des 737 MAX en 2018 et 2019. Cette époque semble révolue. En 2025, Boeing a enregistré 1 075 commandes fermes, contre 889 pour Airbus. Du jamais vu depuis 2018. Sur les livraisons, l’écart se resserre encore : 367 exemplaires pour Boeing de janvier à juillet 2026, 418 pour Airbus. Cinquante et un avions d’écart, un rien à l’échelle de deux constructeurs qui visent chacun le millier de livraisons annuelles d’ici trois ans.
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Une dette de 46 milliards de dollars à éponger
Le redressement opérationnel de Boeing ne masque pas ses comptes. Au 30 juin 2026, la dette atteint 46 milliards de dollars. Sur le premier semestre, le groupe affiche une perte nette de 435 millions de dollars. Deux programmes pèsent lourd : le 777X, toujours pas certifié plus de cinq ans après son premier vol, et les deux nouveaux Air Force One, dont les retards ont contraint Boeing à sortir 280 millions de dollars au deuxième trimestre pour couvrir les surcoûts.
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« Les choses avancent dans le bon sens pour Boeing, ils remontent la pente et c’est tant mieux, mais le problème c’est le passif qu’ils ont constitué ces dernières années et qu’il faut maintenant parvenir à éponger », résume Michel Polacco, expert aéronautique.
Airbus, de son côté, affiche un bénéfice net record de 5,2 milliards d’euros en 2025. Sur le premier semestre 2026, le résultat atteint 2,2 milliards, en hausse de 47 %. La division Défense & Espace contribue autant que l’accélération des livraisons d’avions civils.
La certification du MAX-7 et les cadences de production, leviers de cash
La FAA a certifié le 737 MAX-7 cet été. Le MAX-10 et le 777X devraient suivre d’ici fin 2026, début 2027. Ces autorisations permettront à Boeing de débloquer une part importante de son carnet de commandes et de relancer la production. L’avionneur prévoit 660 livraisons en 2026, contre 600 en 2025, puis plus de 1 000 à l’horizon 2030.
Airbus vise 870 livraisons cette année, 1 200 dès 2029. Les carnets de commandes reflètent l’ampleur de l’écart : au 30 juin 2026, Airbus comptabilise plus de 9 200 avions civils en attente de livraison, Boeing 3 000 de moins. Les annulations de contrats provoquées par les crashs du MAX et l’immobilisation de toute la flotte en service ont creusé ce fossé.
| Indicateur | Boeing | Airbus |
|---|---|---|
| Commandes fermes 2025 | 1 075 | 889 |
| Livraisons jan.-juil. 2026 | 367 | 418 |
| Objectif livraisons 2026 | 660 | 870 |
| Objectif livraisons 2029-2030 | > 1 000 (2030) | 1 200 (2029) |
| Carnet de commandes (30 juin 2026) | ~6 200 | ~9 200 |
| Dette (30 juin 2026) | 46 Mds USD | — |
| Résultat net 2025 | perte | 5,2 Mds EUR |
| Résultat net S1 2026 | -435 M USD | +2,2 Mds EUR (+47 %) |
Pourquoi Boeing peine à sortir du rouge
Le retour à l’équilibre financier en 2027 ?
Boeing espère renouer avec les bénéfices dès 2027. La montée en cadence sur le 737 MAX et la livraison des premiers 777X certifiés devraient générer suffisamment de trésorerie pour inverser la tendance. La division Défense, stable, ne suffit plus à compenser les pertes du commercial. L’enjeu porte sur la capacité de la chaîne d’approvisionnement à suivre l’accélération : Boeing dépend de centaines d’équipementiers américains et internationaux, dont certains ont réduit leurs capacités pendant la crise du MAX.
Chez Airbus, la contrainte vient de la même source. Les fournisseurs peinent à fournir moteurs, trains d’atterrissage et aérostructures au rythme annoncé. Tout retard dans la chaîne se répercute sur les livraisons finales. La bataille des deux géants se joue autant dans leurs usines que dans celles de leurs sous-traitants.
Carnets de commandes et positionnement produit
Les 3 000 avions d’écart au carnet reflètent aussi les choix produits. Airbus dispose d’une gamme complète de monocouloirs A320neo et de gros porteurs A350, tous certifiés et en production de série. Boeing parie sur la famille 737 MAX, mais doit encore livrer les versions -7 et -10, et finaliser le 777X. Le MAX reste l’épine dorsale de l’offre moyen-courrier, face à un A321neo qui s’impose sur les liaisons transatlantiques longues.
La question du 797 NMA (New Midsize Airplane), un monocouloir à fuselage large annoncé puis gelé, revient régulièrement dans les discussions stratégiques de Boeing. Aucune décision officielle à ce jour : le groupe préfère stabiliser sa production actuelle avant d’investir dans un nouveau programme.
Boeing vs Airbus 2026 : les chiffres du match
- Boeing a livré 367 avions commerciaux entre janvier et juillet 2026, Airbus 418.
- En 2025, Boeing a enregistré 1 075 commandes fermes, Airbus 889 : première victoire de Boeing depuis 2018.
- La dette de Boeing s'élève à 46 milliards de dollars au 30 juin 2026.
- Airbus affiche un bénéfice net de 5,2 milliards d'euros en 2025, Boeing une perte de 435 millions de dollars sur le premier semestre 2026.
- Au 30 juin 2026, Airbus comptabilise 9 200 avions en carnet, Boeing environ 6 200.
- La FAA a certifié le 737 MAX-7 cet été ; le MAX-10 et le 777X devraient suivre d'ici début 2027.
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