EDF reporte au 17 octobre 2026 le redémarrage de l’EPR de Flamanville, à l’arrêt depuis fin juin. En cause : deux soupapes du pressuriseur qui ne répondent pas aux exigences d’étanchéité.
Le planning glisse encore. L’énergéticien public a mis à jour sa « liste des indisponibilités » ce dimanche : le réacteur EPR de Flamanville ne produira aucune électricité jusqu’au 17 octobre, contre le 1er octobre annoncé précédemment. Un report de seize jours qui s’ajoute à une série d’arrêts techniques depuis le début d’année.
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Le réacteur est à l’arrêt depuis le 19 juin pour des opérations d’essais de mise en service. Le 2 juillet, EDF décide de prolonger cet arrêt pour intervenir sur des soupapes situées au sommet du pressuriseur, l’équipement qui maintient l’eau du circuit primaire à une pression de 155 bars. Deux des trois soupapes « n’étaient pas complètement conformes » aux attendus en termes d’étanchéité, selon l’exploitant.
Un été ponctué d’arrêts techniques
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Ce n’est pas le premier coup d’arrêt de l’année. Mi-juillet, les équipes de la centrale ont procédé à une nouvelle mise à l’arrêt du réacteur pour réaliser des contrôles complémentaires sur deux des quatre groupes motopompes primaires, qui assurent la circulation de l’eau dans le circuit primaire. Ces contrôles s’inscrivaient « dans le cadre du suivi préventif des paramètres de fonctionnement », précisait alors EDF[3]. L’arrêt devait durer au moins dix jours.
Avant cela, le réacteur avait déjà connu un arrêt de deux mois au début de l’année. Il avait été stoppé le 15 février après la détection d’une baisse des performances d’un circuit de refroidissement, conçu pour n’être utilisé qu’en situations exceptionnelles. Le redémarrage n’était intervenu que le 19 avril 2025, après huit reports successifs. « Il ne faut pas oublier qu’on est toujours en phase d’essais, rappelait alors EDF. Même si on a couplé notre installation au réseau électrique en décembre, on reste dans le processus de démarrage et on doit effectuer beaucoup de tests. »[2]
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Environ 1 500 critères sont à tester avant que le réacteur n’atteigne sa pleine puissance. Ces essais impliquent de monter progressivement en puissance, de s’arrêter, de contrôler, de repartir. Une phase normale pour une installation nucléaire neuve, mais qui multiplie les imprévus.
100 % de puissance fin automne, sauf imprévu
EDF maintient son objectif : atteindre 100 % de puissance d’ici la fin de l’automne 2026. Le réacteur avait franchi le palier des 80 % (1 200 mégawatts) mi-novembre 2025, quelques semaines après sa reconnexion au réseau. Mais cet objectif a déjà glissé plusieurs fois. En août dernier, l’électricien évoquait encore une montée à pleine puissance « avant la fin de l’été ».
Le réacteur a été raccordé au réseau électrique français le 21 décembre 2024, avec douze ans de retard sur la date prévue. Depuis, il alterne phases de production et arrêts techniques. La durée cumulée des indisponibilités depuis le début d’année dépasse déjà les cinq mois.
Pourquoi l'EPR de Flamanville accumule les retards
Une puissance bridée jusqu’en 2031
Autre annonce : EDF a revu à la baisse la puissance maximale qu’il anticipe pour Flamanville 3 sur la période 2026-2031. L’électricien a retenu une hypothèse de 1 585 MW au lieu des 1 620 MW annoncés auprès de REMIT, le règlement européen sur l’intégrité et la transparence des marchés de l’énergie[5]. Ce niveau « repose sur l’hypothèse d’un rendement final de l’EPR inférieur à celui anticipé initialement », explique la Commission de régulation de l’énergie (CRE), sans en préciser les raisons.
La baisse de 35 MW représente un peu plus de 2 % de la puissance théorique du réacteur. En l’absence de document public attestant d’un bridage lié à un rendement détérioré, la CRE a pour l’instant retenu une « puissance théorique » de 1 620 MW dans ses calculs sur le parc nucléaire français.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Puissance nominale annoncée (REMIT) | 1 620 MW |
| Puissance retenue par EDF (2026-2031) | 1 585 MW |
| Écart | 35 MW (−2 %) |
| Raccordement au réseau | 21 décembre 2024 |
| Redémarrage prévu | 17 octobre 2026 |
| Objectif pleine puissance | Fin automne 2026 |
Un arrêt d’un an programmé en septembre
Après cette montée en puissance, le réacteur connaîtra un nouvel arrêt prolongé. EDF a prévu de stopper Flamanville 3 en septembre prochain pour une première « visite complète » (VC1) d’une durée de 350 jours. Cette opération mobilisera 2 500 personnes et 200 partenaires industriels. Le couvercle de la cuve sera changé, tout comme le combustible. De nombreux équipements seront soumis à de nouvelles séries de tests et d’essais pour garantir la sûreté de l’installation[4].
Une nouvelle course contre la montre s’annonce, avec pour défi de tenir les délais annoncés.
EPR Flamanville : calendrier et puissance en 2026
- Le réacteur EPR de Flamanville est à l'arrêt depuis le 19 juin 2026 pour des essais de mise en service
- Deux soupapes du pressuriseur ne répondent pas aux critères d'étanchéité, entraînant un report au 17 octobre
- EDF a revu à la baisse la puissance maximale du réacteur à 1 585 MW contre 1 620 MW annoncés
- Le réacteur a été raccordé au réseau électrique le 21 décembre 2024, avec 12 ans de retard
- Une visite complète de 350 jours est prévue dès septembre 2026, mobilisant 2 500 personnes
- Environ 1 500 critères doivent être testés avant la pleine puissance
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
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- EDF lève 500 millions d’euros à 5,75 % pour prolonger ses réacteurs nucléaires - 9 septembre 2026