Nvidia a publié mercredi 27 août ses résultats trimestriels et ses prévisions pour le troisième trimestre 2026, visant à rassurer des marchés financiers inquiets sur la durabilité de la croissance portée par l’intelligence artificielle.
Le fabricant de puces graphiques anticipe un chiffre d’affaires de 32,5 milliards de dollars pour le trimestre en cours, soit une progression de 80 % sur un an. Un niveau qui dépasse les attentes des analystes, fixées autour de 31,7 milliards selon les consensus de marché. Au deuxième trimestre 2026, le groupe a enregistré un CA de 30 milliards de dollars, en hausse de 122 % par rapport au T2 2025.
Colette Kress, directrice financière de Nvidia, a insisté sur la solidité de la demande pour les puces dédiées à l’entraînement et au déploiement de modèles d’IA générative. “Les centres de données continuent d’investir massivement dans nos architectures Hopper et Blackwell”, a-t-elle déclaré lors de la conférence avec les investisseurs. Les hyperscalers (Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud) représentent toujours la majorité des commandes.
Les investisseurs cherchent des preuves de rentabilité chez les clients
La réaction du marché reste pourtant mitigée. L’action Nvidia a perdu 6 % en séance post-clôture mercredi, malgré des résultats largement au-dessus des prévisions. Les investisseurs s’interrogent désormais sur la rentabilité réelle des investissements consentis par les clients de Nvidia. Plusieurs fonds, dont Bernstein Research, pointent un décalage : les géants de la tech dépensent des dizaines de milliards en infrastructures IA sans démontrer encore de retour sur investissement comparable.
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“La question n’est plus de savoir si Nvidia vend, mais si ses clients gagnent de l’argent avec ce qu’ils achètent”, résume un analyste de JPMorgan cité par Bloomberg. OpenAI, Anthropic ou Stability AI affichent des pertes opérationnelles élevées, tandis que Meta et Google peinent à monétiser leurs outils d’IA générative grand public à la hauteur des investissements engagés.
Une dépendance accrue aux hyperscalers et aux modèles chinois
Autre sujet de vigilance : la concentration de la clientèle. Selon les données compilées par The Information, quatre entreprises (Microsoft, Meta, Amazon et Google) totalisent près de 65 % des achats de puces Nvidia en 2026. Une dépendance qui expose le groupe à tout ralentissement des dépenses cloud, alors que plusieurs hyperscalers ont annoncé des révisions à la baisse de leurs capex pour 2027.
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Parallèlement, Nvidia fait face à une concurrence croissante sur le segment chinois. ByteDance et Alibaba développent leurs propres accélérateurs maison, tandis que Huawei gagne des parts avec ses puces Ascend 910C, malgré les restrictions américaines. Les ventes de Nvidia en Chine ont chuté de 33 % au T2 2026 par rapport au trimestre précédent, après l’extension des contrôles à l’exportation décidée en mars dernier.
Jensen Huang, PDG de Nvidia, a tenté de relativiser lors de la présentation : “Nous avons une roadmap produit pour les trois prochaines années. La demande structurelle reste intacte.” Le groupe table notamment sur le déploiement massif de sa nouvelle architecture Blackwell au second semestre 2026, censée offrir des gains de performance de 30 % sur les charges d’inférence par rapport à Hopper.
Les prochains trimestres diront si la croissance exceptionnelle de Nvidia peut se prolonger, ou si le marché de l’IA entre dans une phase de consolidation après deux ans d’euphorie.
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