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SNCF : la grève unitaire du 10 juin met un TGV sur trois à l’arrêt

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Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont appelé à une grève de 24 heures le 10 juin, la première mobilisation unitaire depuis fin 2024, avec un trafic très dégradé sur tout le réseau.

Un TGV sur trois annulé, un Intercités sur deux, un trafic régional qualifié de « fortement perturbé » : SNCF Voyageurs avait prévenu dès le lundi précédent que la journée s’annonçait difficile pour les usagers. Les prévisions se sont confirmées le jour J, avec un impact particulièrement lourd en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bretagne et dans les Hauts-de-France, où le trafic a été qualifié de « très fortement perturbé ». En Île-de-France, RER et Transilien ont également tourné au ralenti sur la plupart des lignes.

Cette grève marque un tournant dans le climat social du groupe. Depuis l’arrivée de Jean Castex à la présidence de la SNCF, aucune mobilisation n’avait réuni les quatre organisations syndicales majeures. C’est désormais chose faite avec la CGT Cheminots, l’Unsa Ferroviaire, Sud Rail et la CFDT Cheminots, qui ont décidé d’agir ensemble pour la première fois depuis décembre 2024.

Salaires et concurrence, les deux fronts syndicaux

Les revendications portent sur deux axes. D’un côté, une revalorisation salariale jugée insuffisante face à l’inflation. De l’autre, l’opposition à l’ouverture à la concurrence des TER et aux réorganisations internes que les syndicats jugent déstabilisatrices [3]. Les fédérations réclament un moratoire sur ces restructurations et sur la multiplication des filiales.

Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminots, a insisté sur la portée du mouvement lors d’une conférence de presse : « C’est une grève unitaire de quatre fédérations, chose qui n’était pas arrivée depuis décembre 2024 » [4]. Le format choisi, 24 heures non renouvelables, a été présenté par les syndicats comme un mouvement « carré », susceptible de fédérer plus largement que de précédentes initiatives jugées moins mobilisatrices [5].

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La direction met en avant ses efforts financiers récents. La SNCF a versé une prime de 1.450 euros à l’ensemble de ses cheminots et affirme qu’aucun de ses 150.000 salariés n’est rémunéré à moins de 10 % au-dessus du Smic [5]. L’entreprise publique a par ailleurs enregistré un bénéfice net de 1,8 milliard d’euros en 2025, quand Deutsche Bahn accusait plus de 2 milliards de pertes sur la même période.

Un malaise social qui dépasse la seule question salariale

Derrière le conflit sur les rémunérations, les représentants du personnel pointent une souffrance plus profonde au sein de l’entreprise. Le début d’année 2026 a été marqué par treize suicides de salariés, un chiffre que les syndicats qualifient de sans précédent [3]. Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire, y voit le signe d’un mal-être lié directement aux transformations en cours : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues » [3].

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Certains syndicalistes établissent un parallèle avec la crise sociale traversée par France Télécom il y a une quinzaine d’années, estimant que l’ampleur des bouleversements organisationnels frappe en premier lieu les salariés les plus fragilisés [1].

Pour la nouvelle direction, cette journée du 10 juin constituait un premier test grandeur nature. La mobilisation, unitaire et suivie, envoie un signal clair à quelques mois d’échéances sociales qui s’annoncent tout aussi tendues autour de la concurrence sur les lignes régionales.

Rédactrice chez Industriel.net
Sophie Berlu suit les évolutions des filières industrielles, des marchés de l'énergie et des innovations qui accompagnent la transformation des entreprises. Elle met en perspective les enjeux économiques, technologiques et environnementaux à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et optimiser la qualité de ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en réalisant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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