Malgré un titre en Bourse en recul de 30 % depuis juillet 2025, Renault affiche des ventes mondiales en croissance au premier semestre 2026, portées par ses voitures électriques et ses partenariats avec Ford et d’autres constructeurs.
Le Score Environnemental français joue un rôle de rempart. En intégrant l’empreinte carbone de la production et du transport des véhicules, ce mécanisme exclut de fait la majorité des modèles produits en Asie du bonus écologique. Faute de pouvoir en bénéficier, les nouveaux constructeurs peinent encore à faire le plein de commandes auprès des flottes d’entreprises, principal débouché pour les électriques en France. Résultat : les parkings d’entreprises restent dominés par Renault et Stellantis.
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François Provost, directeur général du groupe depuis juillet 2025, a confirmé que Renault n’avait « pas de projet en cours avec des Chinois » en Europe. « Nous n’avons pas de surcapacité en Europe », a-t-il déclaré, se démarquant d’autres constructeurs qui annoncent des partenariats avec des acteurs chinois pour occuper leurs usines. Le groupe multiplie en revanche les accords avec Ford (production de petites électriques à Douai dès 2028) et Geely, sans rapprochement capitalistique ni global pour l’instant.
Des ventes électriques qui compensent la pression chinoise
Au premier semestre, les ventes mondiales du losange ont progressé grâce au succès de la Renault 5 électrique et des modèles issus de partenariats. L’ambition affichée par Provost est claire : « démontrer qu’on peut développer des voitures en deux ans en Europe pour l’Europe, au Technocentre, avec nos fournisseurs européens ». Ce plan, baptisé FutuREady, implique 2 500 ingénieurs et a été approuvé à 75 % par les partenaires sociaux.
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L’intégration de Google Automotive chez Renault a constitué un tournant pour proposer des interfaces aussi fluides que celles d’un smartphone. Mais la menace de voir les constructeurs chinois casser les prix sur les services de connectivité embarqués reste réelle [1]. Provost a réclamé à l’Union européenne un gel de dix ans de toutes les réglementations automobiles « pour que les constructeurs puissent se concentrer sur les baisses de prix » et rendre les voitures accessibles au plus grand nombre.
Geely, partenaire de plus en plus présent
Si Renault se défend de tout rapprochement global, les voitures du losange sont de plus en plus chinoises. Projet après projet, le groupe resserre ses liens avec Geely. « Aujourd’hui, on voit que Geely prend de plus en plus de place », s’inquiète Laurent Giblot, délégué syndical CGT [4]. Le président du conseil d’administration, Jean-Dominique Senard, n’a pourtant jamais rencontré Li Shufu, fondateur du groupe chinois.
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Le contexte général reste tendu. En 2026, l’Europe vend plus de voitures électriques que jamais, mais les profits des constructeurs se contractent. Stellantis revient juste dans le vert, BMW restructure. Volkswagen prévoit de supprimer jusqu’à 50 000 emplois d’ici 2030 après une chute de 53 % de son résultat opérationnel en 2025 [5].
Pour l’instant, le drapeau tricolore flotte toujours sur les parkings d’entreprises. Mais comme le souligne un analyste d’Arval : « La résistance est solide, mais elle ne pourra pas reposer éternellement sur les subventions. La vraie victoire se jouera sur l’innovation pure d’ici 2030. »
Sources
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