Airbus annonce un bénéfice net de 2,2 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 47 % sur un an, porté par l’accélération des livraisons d’avions commerciaux et la progression de ses activités de défense.
Le chiffre d’affaires a grimpé de 12 % à 33,2 milliards d’euros sur la même période. La performance du deuxième trimestre a fait la différence : entre avril et juillet, le bénéfice net a plus que doublé, atteignant 1,7 milliard d’euros (+126 %), tandis que le chiffre d’affaires a progressé de 28 % à 20,5 milliards d’euros par rapport au deuxième trimestre 2025.
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Le flux de trésorerie disponible s’est élevé à 1,3 milliard d’euros sur le seul deuxième trimestre, mais reste négatif à 1,2 milliard d’euros sur l’ensemble du semestre. L’avionneur sort d’un premier trimestre pénalisé par la pénurie de moteurs Pratt & Whitney, une contrainte qui a ralenti les cadences de livraison jusqu’au printemps. La situation s’est nettement améliorée au deuxième trimestre, permettant à Airbus de redresser la barre.
« Nos bons résultats au premier semestre reflètent principalement le niveau plus élevé des livraisons d’avons commerciaux et les solides performances de nos activités défense et espace, dans un environnement complexe et en rapide évolution », a déclaré Guillaume Faury, directeur général d’Airbus [1].
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351 appareils livrés, record de 870 livraisons visé en 2026
Airbus a livré 351 appareils au premier semestre 2026, soit 15 % de plus qu’à la même période en 2025. Le groupe vise désormais 870 livraisons d’avions commerciaux sur l’année, un record qui dépasserait les 863 appareils livrés en 2019, son précédent pic avant la désorganisation de la chaîne d’approvisionnement liée à la pandémie de Covid-19. En 2025, Airbus avait livré 793 avions commerciaux, manquant son objectif initial de 820 appareils en raison de problèmes de qualité sur des panneaux de fuselage d’A320 détectés en fin d’année [3].
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Le 15 juin 2026, l’avionneur a inauguré une seconde chaîne d’assemblage pour l’A320 à Blagnac, près de Toulouse. Cette ligne s’ajoute aux huit autres chaînes que le groupe exploite en Allemagne, en Chine et aux États-Unis. L’A320, monocouloir le plus vendu d’Airbus, représente la colonne vertébrale des livraisons du groupe. Près de 170 000 personnes travaillent pour Airbus dans le monde.
| Indicateur | Premier semestre 2026 | Évolution |
|---|---|---|
| Bénéfice net | 2,2 milliards € | +47 % |
| Chiffre d’affaires | 33,2 milliards € | +12 % |
| Livraisons d’avions commerciaux | 351 appareils | +15 % |
| Flux de trésorerie (S1) | -1,2 milliard € | Négatif |
| Flux de trésorerie (T2) | +1,3 milliard € | Positif |
Source : AFP
« Notre attention portée à une exécution rigoureuse porte ses fruits, comme l’illustrent les solides livraisons du deuxième trimestre. Cela renforce notre confiance dans nos performances futures », a souligné Guillaume Faury [2].
La crise des moteurs Pratt & Whitney s’estompe, Safran-GE livre
Airbus reste dépendant de ses fournisseurs motoristes, et les difficultés de ces derniers mois ont pesé sur le rythme de production. Le problème semble résolu pour les moteurs Leap de CFM International, coentreprise du français Safran et de l’américain General Electric, qui équipent 60 % des monocouloirs d’Airbus. En revanche, la situation avec Pratt & Whitney, filiale de l’américain RTX, a été plus tendue.
« On a eu moins de moteurs de la part de Pratt & Whitney que ce dont on avait besoin », reconnaissait Guillaume Faury en juin. Les retards dans la maintenance des moteurs Pratt & Whitney ont réduit les quantités disponibles pour les nouvelles productions. Rick Deurloo, président de Pratt & Whitney Commercial, a déclaré lors du salon de Farnborough en juillet que la situation s’améliorait progressivement. Airbus estime désormais que les difficultés liées à Pratt & Whitney ne constituent « plus un sujet en 2026 » [5].
Le deuxième trimestre a marqué un rattrapage. Airbus a livré 237 appareils entre avril et juillet, un record trimestriel en hausse de 39 % sur un an. Ce rebond a été rendu possible par une amélioration des livraisons de moteurs et par la reprise des livraisons vers la Chine, qui avaient connu un ralentissement au début de l’année.
Ce que révèlent les résultats d'Airbus
Défense en hausse, 42 000 avions à livrer d’ici 2045
Le segment défense et espace a également contribué aux bons résultats du groupe. Le chiffre d’affaires dans ce secteur a progressé de 6 % sur le semestre, atteignant 6,3 milliards d’euros. Le bénéfice du pôle défense et espace a bondi de 90 % au deuxième trimestre, atteignant 357 millions d’euros, soutenu par des volumes plus élevés et de meilleures marges. L’Europe poursuit son effort d’investissement dans la défense, et Airbus en profite. Le groupe a toutefois prévenu que cette rentabilité ne se maintiendrait pas automatiquement à ce niveau.
Airbus a publié début juillet ses prévisions de marché pour les deux prochaines décennies. Le groupe estime que le trafic aérien mondial de passagers va plus que doubler d’ici 2045. Alors que 23 310 appareils de plus de 100 places étaient en service en 2025, Airbus prévoit qu’ils seront 45 550 en 2045. Près de 20 000 avions devront être remplacés, et plus de 22 000 s’ajouteront à la flotte actuelle, soit un total de quelque 42 000 avions à livrer au cours des vingt prochaines années.
Le marché de l’aviation commerciale est aujourd’hui partagé entre deux constructeurs principaux : Airbus et Boeing. Le rival américain a publié mardi une perte trimestrielle plus importante qu’attendu, mais a généré un flux de trésorerie disponible positif. Les deux avionneurs travaillent sur de nouveaux monocouloirs destinés à entrer en service vers la fin de la prochaine décennie. Guillaume Faury a évoqué un calendrier potentiellement plus rapide, tandis que Boeing se concentre sur la réduction de sa dette.
L’exercice 2025 s’était soldé par un bénéfice net record de 5,2 milliards d’euros, en hausse de 23 % par rapport à 2024, et un chiffre d’affaires de 73,4 milliards d’euros (+6 %) [3]. Le premier semestre 2026 confirme la dynamique : Airbus a relevé la cadence et compte bien tenir son objectif de 870 livraisons d’ici la fin de l’année.
Airbus S1 2026 : les chiffres à retenir
- Airbus a livré 351 appareils au premier semestre 2026, soit 15 % de plus qu'en 2025
- Le bénéfice net du deuxième trimestre 2026 a plus que doublé (+126 %) à 1,7 milliard d'euros
- Une seconde chaîne d'assemblage A320 a été inaugurée à Blagnac en juin 2026
- Le groupe vise 870 livraisons d'avions en 2026, un record qui dépasserait celui de 2019 (863 appareils)
- Airbus prévoit 42 000 avions à livrer dans le monde d'ici 2045, dont 20 000 pour remplacer la flotte actuelle
- Le chiffre d'affaires défense et espace a progressé de 6 % sur le semestre, à 6,3 milliards d'euros
Sources
4 sources · 5 faits sourcés
- Airbus vise 1 200 appareils par an en 2030, Boeing relance ses chaînes d’assemblage - 16 août 2026
- Le C919 chinois décroche une certification européenne majeure, Boeing et Airbus sous pression - 15 août 2026
- Boeing livre 367 appareils en sept mois, Airbus ne garde que 51 avions d’avance - 14 août 2026