Pour la période 2026-2028, la French Tech change de mission. L’État privilégie désormais les start-up qui servent l’industrie française et la souveraineté technologique, assumant un virage marqué lors de la nouvelle labellisation dévoilée en juin.
Le 15 juin 2026, dans les locaux d’Aqemia, une start-up qui combine IA et physique quantique pour accélérer la recherche pharmaceutique —, l’État a présenté la nouvelle promotion du French Tech 120 et du Next40. Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, l’a répété : « La French Tech doit servir les intérêts stratégiques du pays et le progrès sociétal. » Ce qui ressemblait à un slogan devient une grille de sélection concrète. Les licornes de la consommation pure cèdent le terrain aux champions de la défense, de l’énergie ou de la santé augmentée.
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Treize ans après son lancement en 2013, le mouvement ne tourne plus autour du capital levé ni du rayonnement marketing. Il se reconcentre sur la compétitivité industrielle. Les 18 000 start-up françaises et les 450 000 emplois qu’elles génèrent ne suffisent plus comme vitrine : il faut qu’elles servent le pays dans un contexte géopolitique durci.
125 structures labellisées, un réseau élargi jusqu’en Nouvelle-Calédonie
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La troisième phase de labellisation couvre 125 structures en France et à l’international : 19 Capitales et 106 Communautés au total. Le réseau s’appuie sur 1 100 bénévoles, garantissant un pilotage décentralisé et proche du terrain. Deux entrées marquent cette promotion : la Normandie et la Nouvelle-Calédonie accèdent pour la première fois au rang de Capitale après plusieurs années de structuration en tant que Communauté [5].
À l’international, 78 Communautés sont reconnues dans 57 pays, dont 15 nouvelles implantations. De Riyad à Santiago, de Hambourg à Séoul, le coq rouge s’installe là où se jouent les marchés de demain. Ce maillage permet d’accompagner les start-up françaises dans leur expansion, mais aussi de rapatrier des talents et des contrats.
Aix-Marseille renforce sa gouvernance face au durcissement des levées de fonds
Titulaire du label depuis 2019, la Capitale French Tech Aix-Marseille voit son mandat renouvelé pour trois ans. Pour répondre aux difficultés de financement qui persistent depuis 2023, elle s’appuie sur une structure de leadership renforcée : une présidence bicéphale (Émilie Mercadal et Sébastien Demech) et une direction tripartite (Roxana Quintana, Joséphine Boudy et Jules Poret) [2].
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le maillage est désormais total, couvrant chaque bassin économique avec une spécialisation pointue, du littoral azuréen aux sommets des Alpes. Ce laboratoire de l’industrie de demain mise sur la résilience et la souveraineté industrielle. Les levées de fonds ont baissé, les capitales changent de stratégie : moins de pitch, plus de cash-flow positif.
Pourquoi la French Tech change de cap
Next40 et French Tech 120 : les critères basculent vers l’intérêt national
Le French Tech 120 et le Next40 ont longtemps fonctionné comme une photographie purement économique de l’écosystème. Cela a permis de mettre en avant Doctolib, Qonto, ManoMano. Mais l’État assume désormais un repositionnement profond [4].
Julie Huguet le reconnaît : « Nous avons entendu ces critiques et je les partage, c’est pourquoi nous avons fait évoluer les critères de sélection pour la promotion 2026. » La valorisation et le chiffre d’affaires ne suffisent plus. Les start-up sont désormais évaluées sur leur contribution à la souveraineté technologique, leur alignement avec les enjeux industriels français et leur capacité à servir le progrès sociétal [3].
AMI Labs, cofondée par Yann LeCun, a rejoint le Next40 après seulement six mois d’existence. Ce cas illustre le changement de paradigme : l’État privilégie la Deep tech et les secteurs régaliens plutôt que le BtoC pur. Les champions du numérique grand public ne disparaissent pas, mais ils ne sont plus l’étalon de référence.
CES 2026 : durabilité et IA industrielle comme marqueurs du pavillon français
Au CES 2026, la French Tech a démontré sa maîtrise de l’IA de pointe pour l’industrie et sa capacité à développer des produits de consommation qui ancrent la durabilité dans le quotidien. Cette capacité à fusionner innovation Deep tech et réponses concrètes aux grands enjeux environnementaux positionne la France comme précurseur d’une IA responsable [1].
Le pavillon français ne s’est pas contenté de participer à l’effervescence : il a proposé une vision stratégique ciblée, où l’IA n’est pas une fin en soi mais un puissant levier pour bâtir une industrie plus compétitive et une consommation plus responsable. Les startups présentes s’attaquaient à des problèmes quotidiens avec des solutions alliant performance, intelligence et respect de l’environnement.
La transition écologique ne dépend pas seulement des grandes transformations industrielles. Elle repose aussi sur des innovations capables de modifier durablement les comportements des consommateurs. La délégation française l’a compris et l’a traduit en produits.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Start-up françaises | 18 000 |
| Emplois générés | 450 000 |
| Capitales labellisées | 19 |
| Communautés labellisées | 106 |
| Bénévoles actifs | 1 100 |
| Communautés internationales | 78 (57 pays) |
Source : La Provence, Le Dauphiné Libéré
Le réseau French Tech ne se résume plus à une promesse d’innovation. Il s’affirme comme un pilier de la compétitivité française, transformant l’audace entrepreneuriale en force de frappe industrielle et diplomatique. L’État ne cache plus son objectif : bâtir la souveraineté de demain, secteur par secteur, avec les start-up comme bras armé technologique.
French Tech 2026 : les chiffres du nouveau réseau
- La Normandie et la Nouvelle-Calédonie deviennent Capitales French Tech pour la première fois en 2026
- AMI Labs, cofondée par Yann LeCun, rejoint le Next40 après six mois d'existence seulement
- Les critères du Next40 intègrent désormais la souveraineté technologique et l'intérêt national, pas seulement la valorisation
- 78 Communautés French Tech opèrent dans 57 pays, avec 15 nouvelles implantations internationales
- La French Tech Aix-Marseille adopte une présidence bicéphale et une direction tripartite pour répondre au durcissement des levées de fonds
Sources
5 sources · 5 faits sourcés
- French Tech 120 : 11,3 milliards d’euros de revenus, 33 sites industriels, deux modèles économiques - 24 août 2026
- Qista double son chiffre d’affaires, mise tout sur la borne anti-moustique et lève 3 M€ - 23 août 2026
- Green tech, IA, cybersécurité : qui sont les 120 pépites du Next40/French Tech 2025 - 22 août 2026