IndustrielEntreprisesFlamanville installe son dixième GUS, dernier groupe de secours du Grand Carénage

Flamanville installe son dixième GUS, dernier groupe de secours du Grand Carénage

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EDF a mis en service à la mi-juillet 2026, sur le site de Flamanville, le dernier des dix Groupes d’Ultime Secours (GUS) du parc français. Quatre modules électrogènes totalisent 4,8 MW.

C’est le bouclage d’un programme de sûreté lancé dans le cadre du Grand Carénage. Le GUS installé à Flamanville remplace la turbine à combustion (TAC) présente depuis 40 ans. L’équipement se compose de quatre modules électrogènes de 1,2 MW chacun, logés dans six containers déposés par grue de 300 tonnes. La phase travaux a duré de février à juin, suivie d’essais et de validation.

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Flamanville est la dixième et dernière centrale à recevoir ce dispositif. L’installation n’est pas une singularité, confirme EDF : ce GUS a bénéficié du retour d’expérience des neuf autres sites équipés. Le chantier a tenu ses délais, mobilisé une dizaine d’entreprises, nationales et locales, et près d’une centaine de personnes sur six mois.

Six sources électriques, une seule suffit

Une centrale nucléaire dispose de six sources d’alimentation électrique. Une seule suffit pour garantir le fonctionnement des matériels de sûreté. Le GUS représente l’ultime recours en cas de défaillance des cinq autres. Il assure la continuité électrique lorsque les systèmes principaux tombent : réseau, groupes diesels d’urgence, turbine. Sans électricité, une centrale ne peut plus refroidir son cœur ni piloter ses systèmes de sécurité.

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Les réacteurs nucléaires français ont vécu plusieurs situations où les sources électriques se sont raréfiées. En janvier 2026, la tempête Goretti a endommagé les équipements électriques de Flamanville : des embruns chargés de sel marin ont mis hors service plusieurs groupes diesel. L’unité 2 ne dépendait alors plus que d’un seul groupe électrogène de secours, situation suffisamment tendue pour que l’Autorité de sûreté déclenche sa cellule de crise. Les réacteurs 1 et 3 sont restés à l’arrêt jusqu’au 1er février.

Remplacement d’une TAC vieille de quatre décennies

La turbine à combustion (TAC) remplacée à Flamanville datait de la mise en service de la centrale. Ses performances n’étaient plus aux standards actuels. Le nouveau GUS offre quatre modules indépendants, donc une redondance interne. Chaque module peut démarrer en quelques secondes et alimenter les circuits de sûreté. Le démontage de l’ancienne turbine a nécessité la refonte de la plateforme d’accueil, les raccordements électriques et l’intégration aux circuits existants.

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Le Grand Carénage, programme de maintenance du parc français, vise à prolonger de 20 ans la durée de vie des réacteurs. Il inclut le remplacement des générateurs de vapeur, le contrôle des cuves, le renouvellement de tiers de combustible et l’installation de ces GUS. En avril 2026, EDF a changé les quatre générateurs de vapeur de l’unité 2 de Flamanville, des pièces de 520 tonnes chacune, pour permettre une exploitation jusqu’en 2046.

Dix sites équipés, zéro singularité

Flamanville boucle la série. Les neuf autres centrales françaises équipées de GUS fonctionnent désormais avec ce dispositif de dernier recours. Le retour d’expérience a permis d’optimiser la phase d’installation : ce qui prenait plusieurs mois sur les premiers chantiers s’est stabilisé autour de six mois, travaux et essais compris. EDF a industrialisé le process, formalisé les procédures, capitalisé sur les raccordements électriques et la validation en exploitation.

Le site de Flamanville compte trois unités : les réacteurs 1 et 2, de 1 300 MW chacun, et l’EPR (réacteur 3), raccordé au réseau en décembre 2024. Les opérations de maintenance lourde se succèdent sur les deux premières unités pour garantir leur fonctionnement jusqu’à 60 ans. Le GUS s’inscrit dans cette logique de prolongation du parc existant, en parallèle de la montée en puissance du nouveau réacteur.

Rédactrice chez Industriel.net
Sophie Berlu suit les évolutions des filières industrielles, des marchés de l'énergie et des innovations qui accompagnent la transformation des entreprises. Elle met en perspective les enjeux économiques, technologiques et environnementaux à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et optimiser la qualité de ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en réalisant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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