Les start-up de l’environnement ont levé 458 millions d’euros en 2025, soit 61 % de moins qu’en 2024. Un recul sans précédent qui touche toute l’Europe.
La chute est brutale. En l’espace d’un an, les jeunes pousses françaises spécialisées dans l’environnement ont vu leurs levées de fonds fondre de 700 millions d’euros. Un effondrement qui contraste avec le discours sur la transition écologique et l’urgence climatique.
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Selon les données publiées par EY et France Digitale, ces entreprises ont collecté 458 millions d’euros en 2025, contre 1,2 milliard en 2024. La trajectoire est inversée par rapport à la période précédente : entre 2023 et 2024, les montants avaient progressé de 30 %.
Ce recul touche l’ensemble de l’écosystème européen. Les start-up vertes du continent ont levé 6 milliards d’euros en 2025, en baisse de 28 % sur un an. La France accuse un décrochage plus marqué que ses voisins, avec un repli supérieur de 33 points à la moyenne européenne.
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| Année | Montant France | Évolution |
|---|---|---|
| 2023 | 923 M€ | — |
| 2024 | 1 200 M€ | +30 % |
| 2025 | 458 M€ | -61 % |
Source : EY / France Digitale
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La baisse porte surtout sur les opérations majeures. Les levées supérieures à 100 millions d’euros ont quasiment disparu en 2025. L’année précédente avait été marquée par plusieurs tours de table de cette ampleur, dont celui de Verkor, spécialiste des batteries pour véhicules électriques, qui avait bouclé 850 millions d’euros.
Les investisseurs se montrent plus sélectifs. Ils privilégient les modèles économiques déjà éprouvés et les start-up proches de la rentabilité. Les projets encore au stade du développement technologique peinent à convaincre, même quand leurs promesses environnementales sont fortes.
Le contexte macro-économique pèse. La remontée des taux d’intérêt depuis 2022 a rendu les placements obligataires plus attractifs. Les fonds de capital-risque, qui financent ces jeunes pousses, subissent une pression accrue de leurs propres investisseurs pour réduire leur exposition aux paris technologiques longs.
Un secteur fragmenté entre mobilité et énergie
Les start-up de la mobilité verte concentrent l’essentiel des montants restants. Ce segment capte 42 % des 458 millions levés en France en 2025, devant l’énergie (28 %) et la gestion des déchets (18 %). Les solutions liées à l’économie circulaire et à l’agriculture durable, pourtant mises en avant dans les stratégies publiques, attirent moins de 50 millions d’euros cumulés.
La répartition géographique des investissements reste déséquilibrée en Europe. Le Royaume-Uni draine 2,1 milliards d’euros, soit 35 % du total continental. L’Allemagne (1,3 milliard) et les pays nordiques (1,1 milliard) devancent la France, désormais quatrième. Ce classement marque un décrochage par rapport à 2024, où l’Hexagone figurait en deuxième position derrière le Royaume-Uni.
Les analystes d’EY pointent un décalage entre ambitions affichées et moyens déployés. Les fonds labellisés ESG progressent en Europe, mais une part croissante de leurs capitaux se porte vers des entreprises établies plutôt que vers des start-up risquées. Le verdissement des portefeuilles passe davantage par l’adaptation des acteurs traditionnels que par le financement de l’innovation de rupture.
Pourquoi les start-up environnementales françaises décrochent
La French Tech prise dans un recul global du financement
Le recul des start-up vertes s’inscrit dans une baisse générale des levées de fonds en France. L’ensemble de l’écosystème tech français a levé 8,2 milliards d’euros en 2025, en retrait de 23 % sur un an. Les secteurs de la fintech et de la santé numérique enregistrent eux aussi des baisses à deux chiffres.
Les pouvoirs publics multiplient les annonces pour inverser la tendance. Le plan France 2030, doté de 54 milliards d’euros, prévoit 8 milliards dédiés à la transition écologique. Bpifrance a lancé en 2025 un fonds de 500 millions ciblant les deeptech de l’environnement. Ces dispositifs n’ont pas encore produit d’effet visible sur les volumes d’investissement privé.
Les entrepreneurs du secteur ajustent leurs stratégies. Plusieurs start-up françaises de l’environnement se tournent vers les levées en Amérique du Nord ou au Moyen-Orient, où l’appétit pour les technologies vertes reste plus marqué. D’autres réduisent leurs ambitions de croissance et privilégient l’autofinancement ou les partenariats industriels.
La tendance pourrait s’inverser à partir de 2026. Les signaux envoyés par la Banque centrale européenne sur une possible baisse des taux directeurs ravivent l’intérêt des investisseurs pour les actifs plus risqués. Reste que le chemin vers les niveaux de 2024 s’annonce long, avec un écart de 700 millions à combler pour la seule French Tech environnementale.
Start-up vertes françaises : les chiffres 2025
- Les start-up vertes françaises ont levé 458 millions d'euros en 2025, soit 61 % de moins qu'en 2024
- La France passe de la 2ᵉ à la 4ᵉ place européenne en un an, derrière le Royaume-Uni, l'Allemagne et les pays nordiques
- Les levées supérieures à 100 millions d'euros ont quasiment disparu en 2025, après plusieurs méga-tours en 2024
- La mobilité verte concentre 42 % des montants levés en France, l'énergie 28 % et la gestion des déchets 18 %
- L'ensemble de la French Tech a levé 8,2 milliards d'euros en 2025, en baisse de 23 % sur un an
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