Le gouvernement vient d’autoriser EDF à lancer les premiers travaux préparatoires sur le site de Gravelines, dans le Nord. Mais la décision finale d’investissement pour les six EPR 2 ne tombera qu’en fin d’année.
EDF peut désormais démarrer les études de sol et les aménagements préalables à Gravelines, où deux réacteurs EPR 2 sont prévus dans le cadre du programme nucléaire voulu par Emmanuel Macron. L’autorisation délivrée par l’État porte sur des opérations de reconnaissance du terrain et des travaux préparatoires, sans engagement définitif sur la construction elle-même.
« L’innovation ressemble à ce que l’on voit en Afrique » : la French Tech s’installe à Mayotte
Ces opérations interviennent alors que la centrale actuelle de Gravelines, avec ses six réacteurs de 900 MW, reste la plus puissante de France. Le site accueillera, si le projet se concrétise, deux des six EPR 2 annoncés en 2022. Les quatre autres doivent sortir de terre à Penly, en Seine-Maritime.
30 milliards et un calendrier tendu
Le feu vert définitif dépend d’une décision finale d’investissement attendue pour décembre 2026, selon plusieurs sources proches du dossier. Cette DFI conditionne le lancement effectif des chantiers et l’engagement des 30 milliards d’euros estimés pour la première paire de réacteurs à Penly.
EDF investit 100 millions dans une usine EPR 2 à Chalon, mais la filière attend les commandes
Le calendrier reste serré. EDF doit finaliser les études d’impact, boucler les consultations publiques et obtenir l’ensemble des autorisations administratives avant la fin de l’année. Le gouvernement souhaite tenir le cap d’une mise en service du premier EPR 2 à l’horizon 2035, objectif jugé ambitieux par plusieurs observateurs du secteur.
Les travaux préparatoires autorisés à Gravelines permettent à EDF de gagner du temps sur la phase de reconnaissance géotechnique, étape indispensable avant tout coulage de béton. Mais ils n’engagent pas encore les finances publiques sur le volet construction proprement dit.
Une filière sous pression
La relance du nucléaire français repose sur la capacité d’EDF et de ses sous-traitants à tenir les coûts et les délais, après les dérapages observés sur l’EPR de Flamanville. Le chantier normand, mis en service en 2024 avec dix ans de retard et un budget multiplié par quatre, sert désormais de référence pour calibrer les nouveaux projets.
Le programme EPR 2 doit capitaliser sur les leçons de Flamanville : standardisation des équipements, pré-assemblage en usine, coordination renforcée entre les industriels. Framatome, Bouygues et les bureaux d’études préparent depuis plusieurs mois la montée en charge de leurs équipes.
Gravelines et Penly concentrent l’essentiel des emplois directs et indirects liés à la construction des six réacteurs, avec plusieurs milliers de postes attendus sur les deux sites entre 2027 et 2035. La décision de fin d’année déterminera le rythme effectif de mobilisation de cette main-d’œuvre.
- Tricastin : les élus drômois reçus à l’Élysée pour plaider en faveur de deux EPR2 - 13 septembre 2026
- Les réacteurs français autorisés à tourner 60 ans, EDF obtient le feu vert de l’ASN - 12 septembre 2026
- L’IA devient collaborateur à part entière dans les entreprises industrielles - 11 septembre 2026