Un rapport recommande à la France de déployer un soutien public ciblé pour accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises, au nom de la productivité nationale.
Le document, publié ce 19 septembre, met l’accent sur un décalage : la France forme des ingénieurs IA reconnus, finance la recherche, mais peine à transformer ce savoir en gains de productivité dans le tissu économique. Les auteurs pointent l’absence de dispositif massif d’accompagnement des PME et ETI, alors que l’IA générative se déploie rapidement chez les géants américains et chinois.
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Le rapport chiffre le retard. Selon les données compilées, moins de 15 % des entreprises françaises de moins de 250 salariés utilisent aujourd’hui une solution d’IA dans leur processus métier, contre 28 % en Allemagne et 34 % aux États-Unis. L’écart se creuse dans l’industrie manufacturière : 22 % d’adoption en France, 41 % outre-Rhin.
Trois leviers pour rattraper le retard
Les auteurs proposent trois axes. D’abord, créer un fonds d’aide à l’adoption doté de 500 millions d’euros sur trois ans, géré par Bpifrance, pour financer diagnostics, formations et déploiements pilotes dans les PME industrielles. Ensuite, labelliser une vingtaine de plateformes sectorielles (textile, agroalimentaire, plasturgie) où mutualiser les cas d’usage et les briques logicielles. Enfin, former 50 000 salariés par an via France Travail et les Opco, en ciblant les métiers de production, logistique et maintenance.
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Le texte insiste sur la productivité comme levier de compétitivité. « La France investit dans la souveraineté numérique, mais laisse ses usines sans accès aux outils qui permettent de produire plus vite, avec moins de rebuts et plus de flexibilité », écrivent les rapporteurs. Ils citent l’exemple d’un équipementier automobile qui a réduit de 18 % son taux de non-conformité grâce à une IA de contrôle visuel, développée en interne avec un budget de 80 000 euros.
Un appel à Bercy et aux régions
Le rapport appelle le ministère de l’Économie à piloter une task force interministérielle dès octobre, associant Bercy, le ministère de l’Industrie et les conseils régionaux. L’idée : conditionner une partie des aides à la modernisation industrielle à l’intégration d’une brique IA, sur le modèle allemand du programme « Mittelstand Digital ».
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Les auteurs reconnaissent un obstacle : la réticence culturelle. Beaucoup de dirigeants de PME perçoivent l’IA comme un sujet de grandes entreprises ou de start-up, pas comme un outil de gestion quotidienne. D’où la proposition d’un réseau de « facilitateurs IA », salariés formés et détachés dans les bassins industriels pour accompagner les premières implémentations, sur le terrain.
Le document sera présenté en comité interministériel début octobre. Aucune annonce budgétaire n’a encore été faite, mais plusieurs parlementaires de la majorité ont déjà signalé leur intention de déposer un amendement au projet de loi de finances 2027 pour flécher 200 millions d’euros sur ce volet.
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