L’avionneur européen a publié mercredi 29 octobre des résultats supérieurs aux attentes pour le troisième trimestre. Le chiffre d’affaires grimpe de 14 %, porté par les livraisons d’avions commerciaux.
Airbus a enregistré un résultat d’exploitation de 1,7 milliard d’euros au troisième trimestre, en progression de 42 % par rapport à la même période l’an dernier. Le chiffre d’affaires atteint 17,8 milliards d’euros, en hausse de 14 %. Sur neuf mois, les revenus du groupe culminent à 47,4 milliards d’euros, soit une progression de 7 % sur un an.
Renault tient face aux constructeurs chinois grâce au Score Environnemental et à l’électrique
La performance repose sur les livraisons d’appareils. Depuis janvier, le constructeur a remis 507 avions à ses clients, une cadence qui permet d’encaisser l’essentiel du prix des appareils. Guillaume Faury, directeur général d’Airbus, a souligné que ces résultats reflètent directement ce rythme de livraisons soutenu.
Un objectif de 820 livraisons maintenu pour 2025
Malgré les tensions persistantes sur la chaîne d’approvisionnement, Airbus conserve sa cible de 820 livraisons d’ici la fin de l’année. Le groupe n’a pas ajusté ses prévisions, contrairement à certains de ses sous-traitants confrontés à des pénuries de composants. Cette stabilité témoigne d’une confiance dans la capacité de l’avionneur à tenir ses engagements face aux compagnies aériennes.
Airbus : 2,2 milliards d’euros de bénéfice net au premier semestre 2026, en hausse de 47 %
La division aviation commerciale porte la dynamique du groupe. Les compagnies paient la majeure partie du prix des appareils au moment de la livraison, ce qui explique l’impact direct de cette activité sur les résultats financiers. La reprise du trafic aérien mondial soutient la demande, alors que Boeing peine encore à sortir de la crise du 737 MAX.
Une position renforcée face à la concurrence américaine
Airbus creuse l’écart avec son concurrent américain. Fin avril, Boeing avait encore 133 appareils à livrer à des compagnies chinoises, contre 446 pour l’européen, selon des données publiées plus tôt dans l’année. Cette avance se manifeste également dans les parts de marché mondiales, où Airbus capte la majorité des nouvelles commandes depuis plusieurs trimestres.
Les immatriculations automobiles bondissent de 18,9 % en juillet, l’électrique atteint 35 %
Le groupe a également bénéficié d’un soutien financier renforcé. Fin juin, la Banque européenne d’investissement lui a accordé un prêt record de 3 milliards d’euros pour financer ses investissements jusqu’en 2030, le plus important jamais octroyé par la BEI à une entreprise privée.
Des défis logistiques toujours présents
Si les résultats traduisent une santé insolente, les difficultés opérationnelles persistent. Les chaînes d’approvisionnement restent sous tension, notamment sur certains composants électroniques et moteurs. Safran, motoriste partenaire d’Airbus, a d’ailleurs promis de répondre aux attentes des deux grands constructeurs en 2026, tout en signalant des contraintes de production.
Les services après-vente représentent une part croissante des revenus du secteur. Chez Safran, ils constituent 64 % des revenus de la division propulsion, un modèle économique nettement plus rentable que la vente de moteurs neufs. Cette tendance structure le futur du secteur aéronautique, où la maintenance devient aussi stratégique que la fabrication.
Airbus tourne définitivement la page de la crise sanitaire. Les résultats du troisième trimestre marquent un retour à une croissance organique, sans effets de rattrapage liés à la reprise post-Covid. Le groupe peut désormais se concentrer sur ses programmes de montée en cadence et sur le développement de nouvelles technologies, notamment dans la décarbonation.
- Airbus vise 1 200 appareils par an en 2030, Boeing relance ses chaînes d’assemblage - 16 août 2026
- Le C919 chinois décroche une certification européenne majeure, Boeing et Airbus sous pression - 15 août 2026
- Boeing livre 367 appareils en sept mois, Airbus ne garde que 51 avions d’avance - 14 août 2026