Les sociétés du CAC 40 ont déclaré en moyenne 44 % de leur chiffre d’affaires aligné sur la taxonomie verte européenne en 2025, selon une analyse du cabinet Deloitte publiée le 8 juillet 2026.
L’alignement réel, lui, plafonne à 27 %. C’est la part du chiffre d’affaires qui respecte strictement les critères techniques et sociaux imposés par le règlement européen. Les 17 points d’écart correspondent aux activités « éligibles » mais non encore conformes. Ce premier reporting imposé aux grandes entreprises européennes met en lumière la distance entre les intentions affichées et les résultats vérifiables.
L’alignement mesure la conformité des activités à six objectifs climatiques : atténuation du changement climatique, adaptation, préservation de l’eau, économie circulaire, lutte contre la pollution, protection de la biodiversité. Une activité est alignée si elle contribue à l’un de ces objectifs sans nuire aux autres, et respecte des garanties sociales minimales.
Sommaire
EDF et Engie surpondèrent la moyenne
Les énergéticiens tirent les ratios vers le haut. EDF affiche 80 % de son chiffre d’affaires aligné, Engie 65 %, portés par la production nucléaire et renouvelable. À l’inverse, TotalEnergies déclare 15 % d’alignement, malgré les investissements dans l’électricité bas carbone. Le groupe reste majoritairement exposé aux hydrocarbures, exclus de la taxonomie.
Dans le luxe et la grande consommation, les taux sont proches de zéro. LVMH, Kering, L’Oréal déclarent moins de 5 % d’alignement. Leurs activités principales (mode, cosmétiques) ne figurent pas encore dans le périmètre des 90 activités couvertes par la taxonomie. Même constat chez Danone ou Pernod Ricard, dont les chaînes de production agricole peinent à entrer dans les critères techniques.
Investissements : un taux d’alignement inférieur au chiffre d’affaires
L’alignement des investissements (capex) atteint 22 % en moyenne, soit cinq points de moins que celui du chiffre d’affaires. Les entreprises investissent davantage dans des actifs de transition (transports, bâtiments, infrastructures) qui ne sont pas encore pleinement alignés. Le secteur automobile illustre ce décalage : Stellantis affiche 30 % de chiffre d’affaires aligné mais 48 % d’investissements, signe d’un basculement en cours vers l’électrique.
Les dépenses opérationnelles (opex) suivent la même logique. Le taux moyen d’alignement atteint 25 %, porté par les coûts de R&D et de mise aux normes. Les entreprises industrielles, en particulier, engagent des dépenses massives pour adapter leurs outils de production aux critères européens.
Un reporting encore hétérogène
Deloitte pointe la diversité des méthodes de calcul. Certaines entreprises intègrent dans l’éligibilité des activités connexes (logistique, services) quand d’autres se limitent au cœur de métier. Les cabinets d’audit demandent une harmonisation des référentiels pour permettre les comparaisons sectorielles.
La Commission européenne prévoit d’élargir le périmètre de la taxonomie en 2027, avec l’ajout de 50 nouvelles activités couvrant l’agriculture, le textile et les services numériques. Ces ajouts devraient faire grimper les ratios d’alignement dans les secteurs aujourd’hui exclus.
| Société | CA aligné (%) | Capex aligné (%) |
|---|---|---|
| EDF | 80 | 75 |
| Engie | 65 | 60 |
| Stellantis | 30 | 48 |
| TotalEnergies | 15 | 20 |
| LVMH | 3 | 5 |
Source : Deloitte, données 2025
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