Le Rafale F5 disposera d’un noyau informatique totalement fermé pour protéger la composante nucléaire, a annoncé Éric Trappier le 1ᵉʳ juillet 2026 devant les sénateurs.
Le PDG de Dassault Aviation a confirmé l’approche lors de son audition à la commission des Affaires étrangères et de la Défense. Le contrat de développement doit être notifié avant fin 2026. La mission nucléaire impose un verrouillage sans concession du système central, a-t-il martelé. Sans cette étanchéité absolue, impossible de garantir l’intégrité de la frappe aéroportée. Opex360 rapporte que Trappier a insisté sur ce point clé : le cœur du système sera fermé, point final.
Une version intérimaire pourrait effectuer son premier vol entre 2032 et 2033. La version définitive avec le nouveau moteur est attendue vers 2035.
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Un choix opposé au modèle américain
L’architecture du Rafale F5 contraste avec la doctrine logicielle adoptée outre-Atlantique. Washington a imposé à ses industriels un cadre ouvert et standardisé qui permet aux forces armées de mettre à jour rapidement les logiciels embarqués. L’US Air Force intègre des briques d’intelligence artificielle sans passer systématiquement par le constructeur.
Cybersécurité : l’IA devient à la fois cible, arme et vecteur de menace
La France ne dispose d’aucun équivalent. Le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, avait cité cet écart devant le Sénat en octobre 2025. Il dénonçait alors des équipements militaires excessivement fermés : A400M, SAMP/T, Rafale F4 reposent tous sur des logiciels propriétaires qui freinent l’innovation. L’AAE souhaite accéder librement aux données de ses armes pour y implémenter rapidement des solutions d’IA adaptées au terrain.
Le verrouillage du F5 complique aussi le dossier des drones collaboratifs. Un système totalement fermé ne serait compatible qu’avec un drone Dassault. Or aucun programme n’a encore été lancé. Trappier a d’ailleurs reconnu sa déception sur ce point devant les sénateurs.
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| Étape | Horizon |
|---|---|
| Notification du contrat de développement | Fin 2026 |
| Premier vol version intérimaire | 2032-2033 |
| Version définitive avec nouveau moteur | ~2035 |
Source : Science & Vie
L’armée de l’Air teste l’IA sur des Mirage 2000D
Face à la rigidité des plateformes modernes, l’AAE a lancé le projet HypAIRION. Deux Mirage 2000D RMV, dont le calculateur repose sur une architecture ouverte, servent de bancs d’essai pour l’intelligence artificielle. Le Centre d’expertise aérienne militaire teste sur ces appareils des solutions créées par ses propres aviateurs-développeurs.
Le Mirage 2000D, avion des années 1980, offre une souplesse que les chasseurs modernes verrouillés n’ont plus. Cet écart résume le paradoxe entre agilité logicielle et sécurité.
Le général Bellanger avait précisé au Sénat que l’objectif était de pouvoir intégrer rapidement des briques d’IA sans attendre les cycles de développement du constructeur.
Dissuasion nucléaire contre agilité logicielle
Une architecture à double couche pour le F5
Dassault Aviation n’exclut pas toute forme de connectivité. Le chasseur disposera d’une seconde couche logicielle capable de gérer certaines fonctions d’ouverture. Le noyau lié à la composante nucléaire restera totalement isolé.
Le Rafale F5 pourra aussi communiquer via la liaison 16 de l’OTAN grâce à des modules de chiffrement amovibles. En mission de frappe stratégique, ces connexions seront coupées pour assurer une intégrité totale.
Le sénateur Cédric Perrin a suggéré de séparer les appareils voués au nucléaire de ceux affectés aux missions conventionnelles. Cette option se heurte aux besoins de l’aéronautique navale et des forces aériennes stratégiques. Ces unités engagent régulièrement les mêmes avions sur les deux types de missions.
Le Rafale F5 devra assumer tout le spectre opérationnel sur une seule plateforme. Cette exigence impose un compromis entre étanchéité nucléaire et polyvalence tactique. L’architecture à double couche est la réponse de Dassault à cette contrainte.
Rafale F5 : ce que change le verrouillage total
- Éric Trappier annonce un noyau système totalement fermé pour le Rafale F5 le 1ᵉʳ juillet 2026
- Contrat de développement du F5 attendu avant fin 2026, premier vol intérimaire 2032-2033
- L'AAE teste l'IA sur deux Mirage 2000D via le projet HypAIRION, architecture ouverte
- Le F5 disposera d'une double couche : noyau fermé pour le nucléaire, couche ouverte pour certaines fonctions
- Les États-Unis imposent des cadres logiciels ouverts à leurs industriels, la France n'a pas d'équivalent
- Le verrouillage complique l'intégration de drones collaboratifs non-Dassault