L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient d’autoriser EDF à augmenter la puissance du réacteur EPR de Flamanville au-delà de 80 %, marquant une nouvelle étape dans la montée en charge progressive de l’installation.
La décision, publiée ce dimanche, fait suite à plusieurs mois de tests menés depuis le couplage du réacteur au réseau en décembre dernier. L’EPR normand, d’une puissance nominale de 1 650 mégawatts, fonctionnait jusqu’à présent sous un plafond imposé par l’ASN dans le cadre d’une montée en charge contrôlée. EDF peut désormais dépasser ce seuil, sans que l’autorité ne précise le niveau exact autorisé.
Le gendarme du nucléaire souligne avoir examiné en détail les résultats des essais de puissance réalisés par l’exploitant. « Les analyses confirment le bon comportement du réacteur et de ses systèmes de sûreté », indique l’ASN dans son communiqué. L’autorisation s’accompagne de conditions strictes : EDF devra notamment transmettre un bilan complet des essais avant de pouvoir atteindre la pleine puissance, prévue pour cet automne.
Un chantier de 13 milliards d’euros
Flamanville 3 cristallise depuis près de quinze ans les déboires industriels français. Lancé en 2007 pour un budget initial de 3,3 milliards d’euros, le projet a vu ses coûts exploser jusqu’à 13,2 milliards selon le dernier décompte d’EDF. Les retards se sont accumulés, entre malfaçons de soudures, non-conformités de pièces et révisions successives du calendrier.
Le couplage au réseau électrique, intervenu en décembre 2025, a mis fin à un feuilleton technique et financier. Mais la mise en service commerciale reste conditionnée à la validation complète du fonctionnement nominal. L’ASN a déjà signalé plusieurs anomalies mineures durant les premiers mois d’exploitation, sans remettre en cause la trajectoire.
Un enjeu pour la filière
L’EPR normand porte une charge symbolique considérable pour la relance du nucléaire en France. Le gouvernement a confirmé en 2024 la construction de six nouveaux réacteurs de même technologie, dont deux à Penly. Framatome, maître d’œuvre du projet, table sur ces retours d’expérience pour réduire les délais et les surcoûts sur les futures tranches.
Avec 1 650 MW, Flamanville 3 représentera environ 2,5 % de la production électrique nationale une fois à pleine puissance. Le réacteur doit compenser en partie la fermeture programmée de plusieurs unités plus anciennes et contribuer aux objectifs de décarbonation. L’ASN précise qu’elle continuera de suivre de près la phase finale de montée en charge, avec des inspections renforcées sur site.
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EDF n’a pas communiqué de calendrier précis pour atteindre les 100 %. L’électricien évoque « les prochains mois », sans s’engager sur une date. La production effective du réacteur reste marginale dans le mix de l’entreprise tant que le palier nominal n’est pas atteint de manière stable.