La Bourse de Paris a ouvert en léger repli ce lundi 25 août, l’indice CAC 40 cédant 0,41 % à 7 496,37 points, dans un climat d’attentisme généralisé.
Les investisseurs européens temporisent avant la publication, attendue en soirée après la clôture de Wall Street, des résultats trimestriels de Nvidia. Le concepteur californien de puces graphiques, devenu la locomotive mondiale de l’IA générative, communiquera ses comptes du deuxième trimestre fiscal ce mercredi 28 août. Les marchés scrutent ces chiffres pour évaluer la solidité de la demande en semi-conducteurs et, au-delà, la trajectoire réelle de l’investissement dans l’intelligence artificielle.
Nvidia, thermomètre du CAC 40 et des places européennes
Le lien direct entre Nvidia et l’indice parisien tient moins à la composition du CAC qu’à l’exposition sectorielle. LVMH, première capitalisation française, a ouvert en baisse de 0,88 %, entraînant mécaniquement l’indice. Hermès, autre poids lourd, a perdu 1,32 %. À l’inverse, Stellantis a progressé de 0,17 %, Kering de 0,19 %, et Teleperformance de 0,13 %. Ces variations individuelles reflètent autant l’humeur du jour que l’absence de catalyseur domestique.
Mais la nervosité parisienne s’explique surtout par l’effet d’entraînement américain. Nvidia pèse désormais plus de 3 000 milliards de dollars en Bourse, et ses résultats déterminent les flux de capitaux vers l’ensemble des valeurs technologiques et semi-conductrices mondiales. Une déception sur les ventes ou sur les prévisions de livraisons pourrait déclencher une onde de choc bien au-delà de la Silicon Valley, atteignant STMicroelectronics (en baisse de 0,24 % ce lundi), voire Schneider Electric ou Dassault Systèmes, exposés à la demande en infrastructures numériques.
Un mois d’août sans relief, mais sans panique
La séance du 25 août prolonge une tendance de calme relatif observée depuis début août. Le CAC 40 affiche une quasi-stagnation sur les trois dernières semaines, oscillant entre 7 450 et 7 550 points, sans direction marquée. L’été européen est traditionnellement creux en volumes, mais cette année, l’absence de choc macroéconomique majeur (inflation sous contrôle, pas de crise bancaire en vue, politique monétaire prévisible de la BCE) a accentué l’inertie.
Les opérateurs ont les yeux rivés sur Jackson Hole, où la Réserve fédérale américaine a confirmé vendredi dernier la possibilité d’une baisse des taux dès septembre. Cette perspective soutient les marchés, mais n’élimine pas la prudence face aux publications d’entreprises susceptibles de révéler un tassement de la demande. D’où l’importance du résultat de Nvidia : il servira de jauge pour les deux derniers trimestres 2026.
Ce que les investisseurs regardent ce soir
Les analystes attendent un chiffre d’affaires trimestriel autour de 28 milliards de dollars pour Nvidia, en hausse de plus de 110 % sur un an. Le consensus table sur un bénéfice net de 14,5 milliards, porté par les ventes de processeurs GPU série H100 et les nouvelles architectures Blackwell, destinées aux centres de données d’OpenAI, Microsoft ou Google. Une révision à la hausse des prévisions pour le trimestre en cours donnerait un signal haussier aux marchés ; un simple maintien des prévisions pourrait suffire à décevoir, tant les attentes sont élevées.
À Paris, les opérateurs anticipent une séance peu mobile mardi, dans l’attente de cette publication. Les volumes resteront probablement faibles tant que la tendance américaine ne sera pas clarifiée. Le CAC 40 pourrait poursuivre sa consolidation autour de 7 500 points, sauf surprise macro d’ici là. En attendant, l’Europe retient son souffle.
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