Paris a transmis à New Delhi son offre technique et commerciale pour la vente de 114 Rafale. Le Conseil d’acquisition de la défense indien avait validé le projet en début d’année.
L’offre française se trouve désormais sur la table du ministère indien de la Défense et de l’Indian Air Force. Elle marque l’entrée dans la phase de négociations techniques et commerciales détaillées, après plusieurs mois d’attente. Le Conseil d’acquisition de la défense avait donné son feu vert au projet en février dernier, ouvrant la voie à l’examen des propositions industrielles.
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Les discussions portent avant tout sur l’intégration d’armements indiens. New Delhi exige la capacité d’équiper les Rafale de missiles et systèmes d’armes développés localement, une condition jugée importante par l’IAF. Si certains médias avaient évoqué un blocage autour de l’accès au code source, la presse indienne indique que ce point ne constitue plus le nœud des échanges.
94 appareils fabriqués en Inde sur 114
La proposition française prévoit une production locale massive. Sur les 114 avions, 94 seraient assemblés en Inde. Seuls 20 Rafale sortiraient donc des chaînes de Mérignac, probablement les premiers exemplaires destinés à lancer la montée en puissance opérationnelle de l’IAF. Ce niveau de transfert industriel répond aux exigences du programme « Make in India » et à l’initiative « Aatmanirbhar Bharat », qui vise l’autonomie stratégique du pays.
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Safran s’est déjà positionné pour produire le moteur M88 localement. Thales participe également au dispositif. Les trois industriels (Dassault Aviation, Safran, Thales) se répartiraient respectivement 60 %, 20 % et 20 % du montant total du contrat, selon Chloé Lemarie, analyste chez Jefferies.
Un contrat à plus de 10 milliards d’euros
Le montant de l’opération dépasserait 10 milliards d’euros pour l’ensemble du « Team Rafale ». Les estimations précédentes, relayées en début d’année, oscillaient entre 30 et 33 milliards d’euros pour l’ensemble du programme, incluant armements, soutien, formation et infrastructures[5]. L’offre technique détaille la répartition des tâches entre la France et l’Inde, ainsi que les partenariats industriels nécessaires à la production locale.
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À l’annonce de la transmission de l’offre, Dassault Aviation gagnait 1,5 % en Bourse, Thales 1,3 %, Safran 0,6 %. Les investisseurs intègrent désormais la perspective d’une signature, même si le processus reste long. Après l’examen de l’offre par le ministère et l’IAF, le dossier devra être soumis au Comité du Cabinet sur la sécurité, présidé par le Premier ministre indien, pour validation définitive.
Le Rafale déjà en service dans l’IAF
L’Inde exploite déjà 36 Rafale, acquis dans le cadre d’un accord intergouvernemental signé en 2016. Ces appareils équipent deux escadrons de l’IAF. En février dernier, New Delhi a aussi commandé 27 Rafale Marine pour son porte-avions INS Vikrant, en attendant la livraison d’un second bâtiment[4]. Si le contrat des 114 appareils se concrétise, l’Inde deviendrait le premier client export du Rafale en volume, devant l’Égypte, les Émirats arabes unis et le Qatar.
Les négociations actuelles portent sur des Rafale de standard F4, voire F5 pour une partie de la flotte. L’intégration de missiles de croisière SCALP fait également partie des discussions : une commande importante de ces armements est en cours de finalisation, selon des sources proches du dossier[2].
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
- Airbus Cybersecurity décroche 25 ans de cybersécurité pour les armées françaises - 26 septembre 2026
- Meteor : le missile star de MBDA face au défi du F-35 furtif - 21 septembre 2026
- La DGA lance le Rafale F5 avec Dassault, MBDA, Safran et Thales - 20 septembre 2026