L’Ukraine a signé un contrat portant sur l’acquisition de 16 avions de combat Rafale auprès de Dassault Aviation, avec des livraisons échelonnées entre 2028 et 2029.
La commande, officialisée au lendemain du sommet OTAN de Vilnius, marque l’entrée de Kiev dans le cercle restreint des utilisateurs de l’appareil français. Le montant du contrat n’a pas été communiqué par les autorités ukrainiennes, mais la facture devrait dépasser 2 milliards d’euros compte tenu des standards pratiqués à l’export. Les appareils seront livrés directement depuis les chaînes de Mérignac, sans prélèvement sur les stocks de l’Armée de l’air française.
Standard F5, disponible à partir de 2028
Les Rafale destinés à Kiev seront livrés au standard F5, la version actualisée attendue pour 2028. Ce standard intègre des améliorations radar, un nouveau système de guerre électronique et une compatibilité élargie avec les missiles de croisière SCALP-EG et les bombes guidées de dernière génération. Selon Dassault Aviation, le F5 conserve la cellule du F4 mais embarque des calculateurs plus puissants et une suite logicielle entièrement refondue.
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L’Ukraine recevra également un lot de missiles air-air MICA NG, produits par MBDA, ainsi qu’un stock initial de munitions guidées laser. Le contrat prévoit la formation de 24 pilotes et 120 mécaniciens sur le territoire français, à Mont-de-Marsan et sur la base d’Istres. Les premiers équipages ukrainiens débuteront leur instruction dès septembre 2026.
Une montée en puissance sous contrainte
Le calendrier reste serré. Les livraisons interviendront au moment où Dassault doit honorer des commandes indonésiennes et grecques déjà enregistrées. La cadence de production à Mérignac, aujourd’hui de trois appareils par mois, devra monter à quatre unités mensuelles d’ici fin 2027 pour absorber le carnet. L’avionneur a confirmé le recrutement de 400 personnes supplémentaires sur le site girondin avant la fin de l’année.
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Du côté ukrainien, l’intégration du Rafale dans une flotte encore composée de MiG-29 et de Su-27 posera des défis logistiques. Les infrastructures au sol devront être adaptées, et les équipes techniques formées à un standard OTAN. Le ministère de la Défense à Kiev a annoncé l’ouverture d’un centre de maintenance sur une base de l’ouest du pays, dont l’emplacement exact reste classifié.
Le Rafale dans un conflit de haute intensité
L’arrivée du Rafale au sein des forces ukrainiennes intervient à un moment où la guerre aérienne reste dominée par les systèmes de défense sol-air russes. Les appareils français devront opérer dans un environnement saturé de batteries S-400 et de radars mobiles, ce qui limite leur emploi en profondeur. Leur rôle se concentrera probablement sur des frappes de précision à moyenne portée et des missions de supériorité aérienne au-dessus des lignes de front.
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Le standard F5 offre cependant des capacités de guerre électronique renforcées, avec un système de brouillage automatique des radars adverses et une détection passive élargie. Selon plusieurs analystes occidentaux, l’appareil français pourrait se révéler plus polyvalent que les F-16 américains déjà livrés à l’Ukraine, notamment pour des missions mixtes combinant frappe au sol et interception.
Reste la question du coût opérationnel. Le Rafale affiche un prix de l’heure de vol supérieur à celui du F-16, ce qui pourrait peser sur un budget de défense ukrainien déjà tendu. Paris a toutefois laissé entendre qu’une partie du financement pourrait être couverte par des prêts européens garantis par les actifs russes gelés.