Deux astronautes français, deux vaisseaux, une même année. Thomas Pesquet et Arnaud Prost s’envoleront en 2027 pour des missions distinctes signées avec l’entreprise américaine Vast, confirme Emmanuel Macron.
L’accord a été dévoilé en marge du sommet Choose France. Vast installe son siège européen à Paris et engage les deux Français sur deux vols d’environ deux semaines chacun. Thomas Pesquet rejoindra la Station spatiale internationale pour sa troisième mission, tandis qu’Arnaud Prost testera Haven-1, la future station commerciale de l’entreprise californienne. Le Centre national d’études spatiales qualifie l’opération de “première au monde” : une mission d’astronautes vers une station privée.
Pour Thomas Pesquet, 48 ans, ce troisième vol n’est pas une fin en soi. “Pour moi, le but de long terme, c’est la mission Artemis vers la Lune”, a-t-il confié à l’AFP. Il deviendra à cette occasion le premier commandant non américain d’un vaisseau américain, une expérience qu’il présente comme un atout supplémentaire avant un éventuel départ vers la Lune. Selon lui, “la toute première opportunité” pour un vol lunaire se situerait en 2029, ce qui rend sa mission de 2027 compatible avec cet objectif.
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Avec ces deux vols, la France devient le seul pays européen à compter trois astronautes actifs, en comptant Sophie Adenot, déjà présente à bord de l’ISS. Un signal fort à quelques mois de la fin programmée du laboratoire orbital, prévue pour 2030, et à l’heure où les stations privées comme Haven-1 puis Haven-2 s’annoncent comme leur relève. “Cela confirme l’ambition spatiale de la France”, a écrit Emmanuel Macron sur X, saluant au passage l’implantation parisienne de Vast [1].
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Vast, société fondée en 2021 par le milliardaire des cryptomonnaies Jed McCaleb, veut créer la première station commerciale habitable pour prendre le relais de l’ISS après 2030 [2].
Les missions restent toutefois soumises à validation. Thomas Pesquet a expliqué sa décision par la nécessité de continuer à alimenter la recherche scientifique en orbite : “Les missions vers la Station spatiale, c’est toujours de la recherche. Les besoins continuent à exister.” Des vols plus courts permettraient, selon lui, de maximiser le retour scientifique de l’ISS avant sa fermeture.
3,6 milliards d’euros en jeu à l’ESA
Ces annonces interviennent alors que Paris prépare son passage de force à la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne, prévue à Brême, en Allemagne. La contribution française au budget triennal 2026-2028 de l’ESA devrait s’élever entre 3,5 et 3,6 milliards d’euros, un montant jugé maximal par l’État mais insuffisant par l’industrie spatiale tricolore, qui réclame 4,5 milliards [3]. Le ministère de l’Espace pourrait grappiller quelques centaines de millions supplémentaires en utilisant des reliquats financiers non dépensés par l’ESA, sans toutefois s’approcher des ambitions allemandes, Berlin visant au moins 5 milliards d’euros dans le spatial.
Cet arbitrage budgétaire porte notamment sur l’exploration spatiale, terrain sur lequel la France veut continuer à peser face à une Europe tentée de reconstruire son autonomie de lancement après l’annulation du programme Lunar Gateway côté américain. Le directeur de l’ESA, Josef Aschbacher, avait résumé l’enjeu sans détour : l’Europe doit choisir entre rester dépendante de tiers pour envoyer ses explorateurs dans l’espace ou se doter des moyens de son propre rang de puissance spatiale [4].
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
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