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Rafale F5 : Dassault promet la livraison pour 2033, le Scaf définitivement enterré

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Dassault Aviation accélère sur le Rafale F5, version améliorée de son chasseur, avec une entrée en service programmée entre 2033 et 2035 pour les forces françaises.

Éric Trappier l’a confirmé sur BFM Business lors des Rencontres des entrepreneurs de France : le groupe travaille sur un « super Rafale », baptisé F5, destiné en priorité aux armées françaises. Le calendrier est fixé. « On sera au rendez-vous de 2033, 2035 », a déclaré le PDG de l’avionneur. L’export, lui, ne démarrera qu’à partir de 2035. Un délai qui marque une rupture nette avec la stratégie d’exportation habituelle du groupe, mais qui reflète la priorité donnée au besoin national.

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Cette annonce intervient deux mois après l’abandon du programme Scaf (Système de combat aérien du futur), projet d’avion de combat européen qui devait associer Dassault, Airbus, l’Allemagne et l’Espagne. Les divergences industrielles entre Paris et ses partenaires ont eu raison de la coopération en juin 2026. Le Rafale F5 devient donc le plan A français, sans codéveloppement étranger. « Il n’y a pas aujourd’hui de codéveloppement avec des pays étrangers », a tranché Éric Trappier, qui n’exclut toutefois pas des « partenariats » à venir.

En chiffres
2033-2035
Entrée en service du Rafale F5
Pour l'armée française uniquement
2035
Début des livraisons export
Deux ans après la mise en service nationale
9 tonnes
Poussée du moteur T-REX
Gain de performances significatif
20
Rafale reportés pour livraison en F5
Directement produits au nouveau standard

Un appareil pensé pour la dissuasion nucléaire et la guerre électronique

Dassault développe seul le Rafale F5 après l’échec du programme européen SCAF

Le F5 intègre plusieurs évolutions majeures par rapport aux standards actuels du Rafale. Parmi elles : un nouveau radar, une architecture de calcul renforcée, une version améliorée du système de guerre électronique Spectra, et le moteur T-REX développant 9 tonnes de poussée. Ce dernier point constitue un gain significatif en termes de performances et d’autonomie.

L’appareil sera également capable d’emporter le missile nucléaire hypersonique ASN4G, qui doit remplacer l’ASMPA-R à partir de 2035. Cette capacité place le F5 au cœur de la dissuasion nucléaire française pour les décennies à venir. La compatibilité avec ce missile impose des contraintes structurelles et avioniques spécifiques, que Dassault intègre dès la conception.

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Autre dimension : la coordination avec un drone de combat furtif, dérivé du démonstrateur nEUROn. Ce drone devra mener des missions de reconnaissance et de pénétration en profondeur, en amont de l’engagement des Rafale. Une doctrine qui s’inspire des concepts de « loyal wingman » développés par les États-Unis et l’Australie, mais adaptée aux besoins opérationnels français.

Vingt Rafale reportés pour être livrés directement en F5

La loi de programmation militaire actualisée prévoit de reporter la livraison d’une vingtaine de Rafale. Objectif : les produire directement au standard F5, plutôt que de les livrer en F4 puis de les moderniser. Ce choix traduit une accélération du calendrier et une volonté de rationaliser les coûts de mise à niveau.

Ce report impacte les livraisons prévues entre 2028 et 2032. Les appareils concernés intégreront dès leur sortie de chaîne les nouveaux équipements du F5, évitant ainsi une double production et une interruption de service pour modernisation. Une logique industrielle qui fait écho aux difficultés rencontrées par d’autres programmes européens, où la multiplication des standards a alourdi les coûts de maintenance.

Pourquoi Dassault mise tout sur le F5

Priorité à la dissuasion
Le F5 emportera le missile nucléaire hypersonique ASN4G dès 2035, plaçant l'appareil au cœur de la doctrine française pour trente ans. Cette capacité impose des contraintes de développement majeures.
Export verrouillé jusqu'en 2035
Dassault renonce à vendre le F5 avant 2035, stratégie inédite qui garantit la priorité aux forces françaises mais retarde les revenus export de deux ans minimum.
Scaf abandonné, Dassault seul
L'échec du programme européen Scaf en juin 2026 fait du F5 un projet national. Aucun codéveloppement étranger, mais des partenariats restent envisageables.
Moteur T-REX : 9 tonnes de poussée
Le nouveau moteur Safran apporte un gain de performances significatif, positionnant le F5 parmi les chasseurs les plus puissants au monde face au F-35 et au J-20.

L’export verrouillé jusqu’en 2035, une stratégie inédite

Éric Trappier a été clair : le Rafale F5 ne sera proposé à l’export qu’à partir de 2035. Une décision qui rompt avec la stratégie habituelle de Dassault, qui commercialise généralement ses appareils en parallèle de leur entrée en service dans l’armée française. Ici, le groupe accepte un décalage de deux ans minimum.

Cette restriction s’explique par la volonté de garantir la priorité aux forces françaises, mais aussi par la sensibilité des technologies embarquées, notamment le système Spectra et le missile ASN4G. Les clients étrangers du Rafale, Égypte, Inde, Grèce, Croatie, Indonésie, devront patienter ou se contenter des versions F4.

Le calendrier d’export dépendra aussi des négociations en cours. L’Inde, notamment, pourrait être intéressée par une version adaptée du F5 dans le cadre de son programme MMRCA. Mais Dassault ne s’engage sur aucun client à ce stade.

Calendrier du programme Rafale F5
Étape Période
Développement en cours 2026
Entrée en service armée française 2033-2035
Début des livraisons export À partir de 2035
Remplacement de l’ASMPA-R par l’ASN4G 2035

Source : déclarations Éric Trappier (BFM Business, août 2026)

Le Scaf enterré, le F5 ne sera pas européen

L’échec du Scaf en juin 2026 a redistribué les cartes. Dassault et Airbus ne sont pas parvenus à s’entendre sur la répartition des tâches industrielles, l’Allemagne et l’Espagne réclamant des parts de travail que Paris jugeait disproportionnées. Le groupe français a préféré mettre fin à la coopération plutôt que d’accepter un partage défavorable.

Le F5 devient donc un programme national. Aucune participation étrangère n’est prévue dans le développement. Éric Trappier mentionne toutefois la possibilité de « partenariats », sans préciser leur nature. Il pourrait s’agir de coopérations sur des sous-systèmes (motorisation, capteurs), mais le cœur du programme reste français.

Cette décision isole la France dans le paysage européen de la défense. L’Allemagne et l’Espagne pourraient se tourner vers d’autres options, voire relancer le Scaf sans Paris. Pour Dassault, c’est un pari : mieux vaut un programme national maîtrisé qu’un projet européen ingérable.

Un avion pour 2033, une production pour 2050

Le F5 ne remplace pas le Rafale. Il en constitue une évolution majeure, destinée à prolonger la carrière de la famille Rafale jusqu’en 2050, voire au-delà. Les appareils actuellement en service seront progressivement modernisés ou remplacés par des F5, selon leur âge et leur état.

Dassault mise sur une production échelonnée : les premiers F5 pour l’armée française entre 2033 et 2035, puis montée en cadence pour l’export après 2035. Le groupe espère profiter de son avance technologique pour capter des marchés en Asie et au Moyen-Orient, où la concurrence américaine (F-35) et chinoise (J-20) s’intensifie.

Le moteur T-REX, développé par Safran, jouera un rôle clé dans cette compétition. Avec 9 tonnes de poussée, il place le F5 dans la catégorie des chasseurs les plus performants au monde. Reste à savoir si cette supériorité technique suffira à convaincre des clients habitués aux offsets américains ou aux prix chinois.

Rafale F5 : les étapes clés du programme

  • Le Rafale F5 entrera en service entre 2033 et 2035 pour l'armée française, l'export démarrera en 2035
  • Dassault développe le F5 seul, sans codéveloppement étranger, après l'échec du Scaf en juin 2026
  • L'appareil emportera le missile nucléaire hypersonique ASN4G et opérera avec un drone dérivé du nEUROn
  • Vingt Rafale seront livrés directement en standard F5, évitant une modernisation ultérieure
  • Le moteur T-REX développera 9 tonnes de poussée, contre 7,5 tonnes pour les versions actuelles
Rédactrice chez Industriel.net
Hélène Vasseur suit de près l'actualité de la défense, des industries de souveraineté et des grands programmes militaires. Elle décrypte les enjeux stratégiques, les innovations technologiques et les évolutions du secteur à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et structurer ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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