L’indice vedette de la Bourse de Paris a dépassé les 8 600 points, établissant un nouveau record historique porté par les secteurs de la défense et du luxe.
Le CAC 40 ne connaît pas la pause. L’indice parisien a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 8 600 points, dépassant son précédent record de 8 560,91 points établi la veille. Une séquence qui fait suite à un autre pic atteint début janvier, lorsque l’indice avait touché 8 317,82 points en séance, pulvérisant déjà son record du 13 novembre 2025. À la mi-journée, la progression atteignait 0,84 %.
Le mouvement ne doit plus rien à l’espoir d’un assouplissement monétaire. Il repose sur une réallocation massive des capitaux vers ce que les investisseurs considèrent désormais comme des actifs régaliens : la défense ne réagit plus comme une valeur cyclique, mais comme une infrastructure. Le marché a aussi accueilli positivement une nouvelle vague de résultats d’entreprises, dans un contexte « d’apaisement des craintes autour de l’IA », selon Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.
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Sommaire
Défense, luxe, énergie : les secteurs porteurs
La dynamique de l’indice tient d’abord à la montée en puissance des valeurs de défense. Ces titres bénéficient d’une prime de sécurité inédite : les budgets militaires européens gonflent, les carnets de commandes s’allongent, et les investisseurs parient sur la pérennité de cette demande. La séquence de records successifs témoigne d’un changement de perception : ce secteur est désormais jugé structurel, pas circonstanciel.
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Le luxe résiste lui aussi. Malgré un ralentissement de la croissance chinoise et des données économiques contradictoires sur l’activité manufacturière dans l’Empire du Milieu, les grands groupes continuent d’afficher des marges élevées et une exposition internationale qui les protège des turbulences hexagonales. Les cours du pétrole oscillent, mais l’énergie reste un moteur : Engie a vu son action s’envoler de 7,26 % après l’annonce de l’acquisition de UK Power Networks, distributeur d’électricité britannique. Cette opération fait du Royaume-Uni le deuxième marché d’Engie après la France.
Bouygues a publié un bénéfice net de 1,1 milliard d’euros en 2025, en hausse de 7,6 %, pour des ventes stables à 56,9 milliards d’euros. Schneider Electric maintient le cap après un chiffre d’affaires annuel record en 2025. Le groupe Getlink anticipe une hausse de 10 millions de passagers grande vitesse empruntant le tunnel sous la Manche d’ici 2035, ce qui lui permet d’envisager le versement d’un dividende d’un euro par action à ses actionnaires en 2030.
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| Société | Indicateur clé | Évolution |
|---|---|---|
| Bouygues | Bénéfice net : 1,1 Md€ | +7,6 % |
| Bouygues | Chiffre d’affaires : 56,9 Md€ | +0,2 % |
| Schneider Electric | Chiffre d’affaires annuel | Record |
| Engie | Acquisition UKPN | UK = 2e marché après France |
| Getlink | Dividende 2030 envisagé | 1 € par action |
Source : Sud Ouest
Un indice de moins en moins français
Le CAC 40 reflète de plus en plus la santé de l’économie mondiale, pas celle de la France. Les groupes qui le composent réalisent désormais une large part de leur chiffre d’affaires hors de l’Hexagone. Les investisseurs achètent ces actions pour parier sur leur développement international, pas sur la croissance hexagonale. La part de la France dans le PIB mondial diminue, et l’indice suit ce mouvement.
Environ 50 % du capital des entreprises du CAC 40 est détenu par des non-résidents, note la Banque de France. Les dirigeants cherchent liquidité, valorisation et accès aux investisseurs internationaux. La cotation à New York et la concentration d’activités outre-Atlantique répondent à ces objectifs. Il y a aussi des facteurs structurels : mondialisation des chaînes de valeur, pression des actionnaires, fiscalité et coûts locaux.
Plus de 75 % des revenus des entreprises du CAC 40 sont générés hors de France. Cette déconnexion change la nature même de l’indice : il ne mesure plus la performance de l’économie française, mais celle d’un portefeuille de multinationales domiciliées à Paris. Quand le CAC 40 regarde le monde, la France recule.
Pourquoi le CAC 40 s'éloigne de l'économie française
Retard persistant face aux voisins européens
Malgré la séquence de records, le CAC 40 reste à la traîne des principaux indices européens. En 2025, l’indice parisien a été largement distancé par ses voisins. Le cumul de résultats décevants, de perspectives de profits révisés à la baisse et d’un contexte politique peu lisible persistant pèse sur la performance relative. La surpondération du luxe et la faiblesse des banques n’ont pas aidé.
Depuis janvier, l’indice parisien gagne près de 1,4 % contre 13 % pour le Dax en Allemagne. L’écart est net. La France subventionne le CAC 40 pendant que la Bourse enrichit ses actionnaires et que le niveau de vie stagne ou baisse pour une partie de la population. Le débat fiscal refait surface : la transformation de l’ISF en IFI en 2018 a fait passer les recettes de 1,29 milliard d’euros en 2018 à 1,83 milliard en 2022, alors que l’ISF aurait rapporté environ 6,3 milliards en 2022, soit un manque à gagner estimé à 4,5 milliards.
La « flat tax » ou PFU à 30 % instaurée en 2017 devait réduire la fiscalité de l’ordre de 4 milliards d’euros, baisse largement concentrée sur les ménages les plus aisés, selon l’OFCE. En 2026, cette flat tax est passée seulement à 31,4 %. Les carried interests doivent être taxés comme des revenus ordinaires lorsque la nature de la rémunération le justifie, selon plusieurs économistes. Le régime actuel aboutit à des situations où la fiscalité du capital reste bien en deçà de celle du travail.
L’indice continue sa course, mais il ne dit plus grand-chose de l’état réel de l’économie française. Il traduit la capacité des grands groupes à capter la croissance mondiale, pas celle du pays à créer de la richesse pour l’ensemble de sa population. Le record des 8 600 points est une performance boursière, pas un indicateur de prospérité partagée.
CAC 40 : les chiffres du nouveau record
- Le CAC 40 a franchi pour la première fois les 8 600 points, dépassant son précédent record de 8 560,91 points établi la veille
- Environ 50 % du capital des entreprises du CAC 40 est détenu par des non-résidents, selon la Banque de France
- Plus de 75 % des revenus des entreprises du CAC 40 sont générés hors de France
- Bouygues a réalisé un bénéfice net de 1,1 milliard d'euros en 2025, en hausse de 7,6 %
- L'action Engie s'est envolée de 7,26 % après l'annonce de l'acquisition de UK Power Networks
- Depuis janvier 2026, le CAC 40 gagne 1,4 % contre 13 % pour le Dax allemand
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