Un décret publié le 22 août 2026 autorise EDF à lancer les travaux de préparation du site de Gravelines pour deux futurs EPR2, sans encore toucher au nucléaire lui-même.
Le gouvernement vient de franchir une première étape administrative. Le décret paru au Journal officiel le 22 août 2026 donne à EDF le droit d’engager les opérations de viabilisation du site de Gravelines, dans le Nord, où deux réacteurs EPR2 doivent sortir de terre. Il s’agit d’une autorisation environnementale, signée par le Premier ministre et deux membres du gouvernement. Elle couvre les terrassements, le déplacement d’un terminal ferroviaire, la construction d’un centre d’information public et l’aménagement des plateformes. Le périmètre s’étend sur quatre communes : Gravelines, Craywick, Loon-Plage et Bourbourg. Avant le premier coup de pelle, EDF devra déplacer les espèces protégées présentes sur zone.
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Mais rien de nucléaire ne sort encore de terre. Les bâtiments qui abriteront le combustible, les systèmes de sûreté et les équipements sensibles attendent un autre feu vert, celui de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Cette instance examine chaque détail technique avant de délivrer l’autorisation de créer l’installation nucléaire elle-même. EDF gagne donc le droit de dégrossir le chantier, pas encore celui de dresser la centrale.
La France n’avait plus lancé de projet de cette ampleur depuis l’EPR de Flamanville, dont les déboires ont marqué toute la filière. Le réacteur EPR2 en reprend les grands principes, mais dans une version simplifiée, pensée pour coûter moins cher et sortir de terre plus vite. Cette relance prolonge une décision prise début 2022, celle de bâtir une nouvelle flotte de réacteurs après des années sans la moindre commande.
EDF autorisé à démarrer le chantier préparatoire de Gravelines, premier site EPR2
3 200 mégawatts supplémentaires sur la plus grande centrale d’Europe
Chaque unité EPR2 développera 1 600 mégawatts. La paire installera donc 3 200 mégawatts supplémentaires à Gravelines, de quoi alimenter plusieurs millions de foyers. Ces deux réacteurs viendront s’ajouter aux six tranches de 900 mégawatts déjà en service sur le site, qui forme la plus grande centrale nucléaire d’Europe de l’Ouest. Leur conception, dérivée de l’EPR de Flamanville, se veut plus standardisée, pour éviter les mauvaises surprises industrielles du passé.
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Le site pèse déjà lourd sur le réseau. En 2025, ses six réacteurs ont produit 32,27 térawattheures d’électricité bas carbone, soit 60 % de la consommation annuelle des Hauts-de-France. Avec les deux EPR2, sa puissance installée grimperait à 8 600 mégawatts, ce qui renforcerait encore son statut de première centrale nucléaire de la région.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Puissance installée actuelle (6 réacteurs) | 5 400 MW |
| Puissance après EPR2 (8 réacteurs) | 8 600 MW |
| Production 2025 | 32,27 TWh |
| Part de la consommation Hauts-de-France 2025 | 60 % |
| Puissance unitaire EPR2 | 1 600 MW |
Le parc français vieillit, sa moyenne d’âge dépassant désormais quarante ans, ce qui pousse à préparer la relève. Gravelines s’inscrit dans cette logique de renouvellement.
Un programme national à 72,8 milliards d’euros pour six réacteurs
Gravelines n’est qu’un maillon d’un plan national. La France veut construire six réacteurs EPR2, par paires, sur trois sites : Gravelines, Penly en Normandie et le Bugey dans l’Ain, avec une option pour huit unités de plus. Le devis présenté fin 2025 chiffre ce programme à 72,8 milliards d’euros, une facture qui a déjà gonflé par rapport aux toutes premières estimations.
À titre de repère, le seul EPR de Flamanville, raccordé fin 2024 avec plus de douze ans de retard, avait déjà vu son coût dépasser 13 milliards d’euros. Le calendrier reste serré. La décision finale d’investissement, celle qui engagera pour de bon ces dizaines de milliards, est attendue avant la fin 2026.
| Site | Région | Nombre de réacteurs | Puissance totale |
|---|---|---|---|
| Gravelines | Hauts-de-France | 2 | 3 200 MW |
| Penly | Normandie | 2 | 3 200 MW |
| Le Bugey | Auvergne-Rhône-Alpes | 2 | 3 200 MW |
| Total | 6 | 9 600 MW |
Le programme prévoit une option pour huit réacteurs supplémentaires, mais aucune décision n’a encore été prise sur ce second volet. L’enveloppe de 72,8 milliards d’euros ne couvre que les six premiers réacteurs.
Pourquoi le nucléaire français reprend du service
Le site attend encore l’autorisation de l’ASNR pour passer au nucléaire
Le décret du 22 août 2026 ne constitue qu’une première pierre. Il permet à EDF de préparer le terrain, au sens propre : viabilisation, terrassements, déplacement d’infrastructures ferroviaires, construction du centre d’information. Mais aucun bâtiment nucléaire ne peut sortir de terre sans l’autorisation de l’ASNR, qui examine le dossier technique sous tous les angles de la sûreté et de la radioprotection.
Cette procédure en deux temps évite de bloquer l’ensemble du chantier si un problème surgit sur le volet nucléaire. EDF peut donc avancer sur les fondations et les aménagements généraux, pendant que l’Autorité de sûreté poursuit son instruction. La séquence rappelle celle de Flamanville, où les travaux de génie civil avaient démarré avant l’autorisation de créer l’installation nucléaire elle-même.
Le rythme du chantier dépendra donc de deux calendriers : celui des travaux de préparation, désormais engagés, et celui de l’instruction technique par l’ASNR, dont l’issue reste attendue. Si le tempo tient, les premiers coups de pelle pourraient intervenir dans les prochains mois.
EPR2 de Gravelines : ce qu’il faut retenir
- Le décret du 22 août 2026 autorise les travaux de viabilisation du site, pas encore la construction des réacteurs eux-mêmes
- Deux EPR2 de 1 600 mégawatts chacun viendront s’ajouter aux six réacteurs existants de Gravelines
- Le site produira 8 600 mégawatts une fois les deux nouvelles unités raccordées, contre 5 400 aujourd’hui
- Le programme national prévoit six réacteurs EPR2 sur trois sites pour 72,8 milliards d’euros
- L’autorisation de créer l’installation nucléaire elle-même dépend de l’ASNR, qui examine le dossier technique
- La décision finale d’investissement est attendue avant la fin 2026
Pourquoi le nucléaire français reprend du service
Renouvellement du parc
Le parc français dépasse quarante ans de moyenne d’âge. Les six EPR2 prévus doivent compenser les fermetures à venir et maintenir la production bas carbone.
Gravelines, tête de pont
La plus grande centrale d’Europe de l’Ouest pèse déjà 60 % de la consommation des Hauts-de-France. Les deux EPR2 porteront sa puissance à 8 600 mégawatts.
Facture de 72,8 milliards
Le programme des six premiers réacteurs affiche déjà une hausse par rapport aux premières estimations. Flamanville, seul, avait dépassé 13 milliards d’euros.
Calendrier serré
La décision finale d’investissement doit tomber avant la fin 2026. L’ASNR n’a pas encore délivré l’autorisation de créer l’installation nucléaire.
EPR2 de Gravelines : ce qu'il faut retenir
- Le décret du 22 août 2026 autorise EDF à viabiliser le site de Gravelines, pas encore à construire les réacteurs
- Deux EPR2 de 1 600 MW chacun s'ajouteront aux six réacteurs existants
- Le programme national prévoit six EPR2 sur trois sites pour 72,8 milliards d'euros
- L'ASNR doit encore délivrer l'autorisation de créer l'installation nucléaire
- Gravelines a produit 32,27 TWh en 2025, soit 60 % de la consommation des Hauts-de-France
- La décision finale d'investissement est attendue avant la fin 2026
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