IndustrielEntreprisesLe Maroc pourrait commander 24 Rafale F4, selon plusieurs sources industrielles

Le Maroc pourrait commander 24 Rafale F4, selon plusieurs sources industrielles

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Une commande marocaine de 24 Rafale F4 pourrait se concrétiser avant la fin de l’année, selon plusieurs sources industrielles et diplomatiques proches du dossier.

L’information circule depuis plusieurs semaines dans les allées du Bourget et les antichambres de l’Élysée. Le Maroc préparerait l’acquisition d’une flotte de Rafale F4, la version la plus récente de l’appareil de Dassault Aviation, pour remplacer ses Mirage F1 vieillissants. Le volume évoqué : 24 appareils, pour un montant estimé entre 4 et 5 milliards d’euros, armement et soutien inclus. Ni Dassault ni le cabinet d’Emmanuel Macron n’ont confirmé officiellement, mais l’hypothèse gagne en crédibilité.

Rabat a entamé la modernisation de ses forces aériennes il y a plusieurs années. Les F-16 américains constituent aujourd’hui l’ossature de la chasse marocaine, mais Paris multiplie les gestes : livraison de 36 hélicoptères H225M Caracal, vente de systèmes de défense antiaérienne, coopération renforcée sur le renseignement. Le Rafale s’inscrit dans cette continuité. Pour la France, c’est aussi une opportunité : contrer l’influence américaine dans la région, sécuriser une commande de taille dans un contexte budgétaire tendu pour l’aviation de combat européenne.

Le F4, vitrine technologique de Dassault

Le Rafale F4, commandé par la France à partir de 2027, embarque des capacités de connectivité accrues, un radar RBE2 AESA amélioré, et une intégration poussée avec les systèmes de commandement modernes. C’est la version que Paris exporte désormais en priorité : l’Indonésie en a pris 42 exemplaires, la Croatie 12, la Grèce 24. Le Maroc rejoindrait ce club restreint, avec un avantage supplémentaire : une proximité géographique qui facilite la maintenance et le soutien logistique depuis Mérignac.

Le calendrier reste flou. Les livraisons, si le contrat se signe cette année, s’étaleraient entre 2029 et 2032. Dassault assemble aujourd’hui 13 Rafale par an, et les carnets sont pleins jusqu’en 2031. Une commande marocaine obligerait à ajuster les cadences ou à décaler certaines livraisons, notamment pour l’armée de l’Air française. Bercy et la DGA suivent le dossier de près : chaque Rafale exporté représente entre 40 et 50 millions d’euros de retombées pour la filière aéronautique tricolore.

Un contexte régional tendu

L’acquisition de Rafale par le Maroc intervient dans un climat de tensions persistantes avec l’Algérie. Alger a multiplié les achats d’armements russes et chinois ces dernières années, et dispose d’une flotte de Sukhoi Su-30 et MiG-29 régulièrement modernisée. Rabat cherche à maintenir un équilibre stratégique, et le Rafale lui offrirait un saut capacitaire net face aux appareils algériens, notamment en matière de guerre électronique et de frappe de précision.

Paris mise aussi sur l’effet domino. Une commande marocaine renforcerait la position du Rafale en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où l’Égypte et le Qatar en ont déjà acheté. Plusieurs pays du Golfe suivent le dossier avec attention. Pour Dassault, chaque nouveau client crée un écosystème de maintenance, de formation et de contrats d’évolution qui sécurise les revenus à long terme. Le Maroc, s’il signe, entrerait dans ce réseau pour au moins trente ans.

Confirmation attendue avant l’automne

Reste à savoir quand l’annonce officielle tombera. Les industriels parlent de septembre, voire d’une signature lors d’une visite d’État. Emmanuel Macron s’est rendu à Rabat en novembre 2025, mais le dossier n’était pas encore mûr. Une nouvelle rencontre au sommet pourrait servir de cadre à la formalisation. Dassault, de son côté, refuse de commenter les rumeurs, fidèle à sa politique de discrétion avant signature.

Le Maroc n’a pas encore communiqué sur ses intentions, mais plusieurs sources concordantes à Rabat et Paris laissent peu de doute sur la réalité du projet. Si le contrat se concrétise, il ferait du royaume chérifien le neuvième opérateur du Rafale, et le troisième en Afrique après l’Égypte et potentiellement la Libye, où des discussions exploratoires ont été évoquées sans suite concrète à ce jour.

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