Le ministère indien de la Défense a validé le 12 février l’achat de 114 Rafale supplémentaires. Un contrat de 33 milliards d’euros, le plus gros jamais signé par Dassault Aviation.
Le Defense Acquisition Council, présidé par le ministre Rajnath Singh, a donné son feu vert à cette troisième vague d’acquisitions. L’Inde avait commandé 36 appareils pour son armée de l’air en 2016, puis 26 Rafale Marine en avril 2025. Cette fois, les 114 exemplaires validés représentent cinq ans de production au rythme actuel de la chaîne de Mérignac.
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L’annonce officielle devrait intervenir lors de la visite d’Emmanuel Macron en Inde, prévue du 17 au 19 février. La signature pourrait avoir lieu le mercredi 18, selon le ministère indien qui a confirmé les chiffres à l’AFP.
Ce contrat surpasse largement les 80 Rafale commandés par les Émirats arabes unis en 2021, précédent record de Dassault à l’export. En volume, il équivaut à l’intégralité de la flotte de Rafale de l’armée de l’air et de l’espace française, qui compte entre 115 et 120 appareils en service[1].
L’Inde commande 114 Rafale pour 33 milliards d’euros, record absolu pour Dassault Aviation
Un paquet global incluant armements et surveillance
Le montant annoncé dépasse le record annuel de prises de commandes françaises dans le secteur de la défense, établi à 27 milliards d’euros en 2022. Mais le périmètre exact reste à préciser. Selon les informations disponibles, le contrat intègre une large palette d’équipements au-delà des cellules d’avions : missiles de croisière Scalp, appareils de surveillance maritime P-8 de Boeing, et ballons stratosphériques de surveillance (HAPS).
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L’enveloppe globale ne se limite donc pas aux seuls Rafale. Cette approche par lots, courante dans les contrats militaires indiens, complique les comparaisons directes avec d’autres accords export.
| Pays | Nombre d’appareils | Année de commande |
|---|---|---|
| Inde (total 3 contrats) | 176 | 2016 / 2025 / 2026 |
| Émirats arabes unis | 80 | 2021 |
| Égypte | 54 | 2015 / 2021 |
| Indonésie | 42 | 2022 |
Source : Challenges
Avec cette commande, l’Inde deviendra le premier client export de Dassault, devant les Émirats et l’Égypte. Le Rafale franchit la barre des 400 appareils vendus à l’étranger : 299 avant cette annonce, 413 après[3]. En ajoutant les 234 exemplaires commandés par la France, l’avion de combat atteint près de 650 unités au total, dépassant le succès commercial du Mirage 2000 (un peu plus de 600 appareils vendus).
Assemblage à Nagpur, pas à Mérignac
La chaîne de Mérignac peine déjà à passer de deux à quatre appareils assemblés par mois. Pour absorber cette commande XXL, Dassault s’appuie sur le plan « Make in India » du Premier ministre Narendra Modi. L’essentiel, voire la totalité des 114 Rafale, sera assemblé en Inde[4].
Le site retenu est celui de Nagpur, dans l’État du Maharashtra (centre de l’Inde). Cette usine, codétenue par Dassault et le groupe indien Reliance, produit déjà des éléments de jets d’affaires Falcon 2000. Initialement, Reliance détenait la majorité du capital. En septembre 2025, Dassault a repris le contrôle de la coentreprise en portant sa participation à 51 %. Un mouvement qui lui assure la responsabilité opérationnelle de l’assemblage, point sensible depuis l’échec du précédent appel d’offres MMRCA (Medium Multi Role Combat Aircraft, 126 avions) au début des années 2010. À l’époque, Dassault avait refusé de cautionner des appareils assemblés par le groupe public indien HAL.
Cette fois, le contrôle majoritaire règle la question. Dassault assume pleinement la garantie technique des cellules sorties de Nagpur.
Pourquoi ce contrat change la donne pour Dassault
Renouveler une flotte vieillissante
L’Indian Air Force cherche à remplacer des flottes obsolètes. Les MiG-21 de conception russe ont été retirés du service en 2025. Les MiG-29, les Jaguar franco-britanniques et les Mirage 2000 encore en ligne devront suivre dans les prochaines années.
La pression opérationnelle reste forte. En mai 2025, lors d’affrontements de quatre jours au Cachemire indien entre l’Inde et le Pakistan, des publications sur les réseaux sociaux ont allégué la perte de trois Rafale indiens. New Delhi n’a reconnu qu’un seul appareil perdu. Paris a dénoncé une campagne de désinformation orchestrée par la Chine, visant à promouvoir l’industrie de défense chinoise qui équipe le Pakistan[4].
Début février, l’Inde a annoncé une hausse de 15 % de son budget militaire, qui atteindra environ 85 milliards de dollars en 2026. Cette augmentation traduit une volonté d’autonomie stratégique face aux menaces chinoise et pakistanaise. Le Rafale, appareil multirôle occidental, s’inscrit dans cette logique de diversification des sources d’approvisionnement, parallèlement aux équipements russes historiques.
L’Inde a reçu son premier Rafale en octobre 2019. Les 36 appareils de la première commande ont tous été livrés. Les 26 Rafale Marine, contractualisés en avril 2025 pour 6,5 milliards d’euros, sont destinés à équiper les deux porte-avions indiens. Avec ce nouveau lot de 114 appareils, l’Indian Air Force disposera à terme d’une flotte cohérente, homogène sur le plan logistique et opérationnel.
Rafale Inde 2026 : les chiffres du contrat
- Le Defense Acquisition Council indien a validé l'achat de 114 Rafale le 12 février 2026
- Le contrat, valorisé à 33 milliards d'euros, inclut armements, P-8 et ballons de surveillance
- L'assemblage se fera à Nagpur (Inde), dans l'usine codétenue par Dassault (51 %) et Reliance
- L'Inde deviendra le premier client export de Dassault avec 176 appareils au total
- Le Rafale franchit la barre des 650 exemplaires vendus, export et France confondus
- L'annonce officielle devrait intervenir lors de la visite de Macron en Inde (17-19 février)
Sources
3 sources · 4 faits sourcés