L’armée de l’air philippine évalue cinq avions de combat pour remplacer sa flotte de FA-50, dont le Rafale français face à trois appareils américains et un suédois.
Manille a ouvert une consultation pour acquérir entre douze et vingt-quatre chasseurs multirôles destinés à remplacer ses douze FA-50 philippins, fabriqués par Korea Aerospace Industries. Le Rafale de Dassault Aviation figure parmi les cinq candidats retenus par l’état-major philippin, aux côtés du F-16 Block 70/72 de Lockheed Martin, du F/A-18 Super Hornet de Boeing, du F-15EX Eagle II (également Boeing) et du Gripen E de Saab.
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Le calendrier prévoit une décision finale avant la fin 2026. Les premières livraisons sont attendues pour 2029 si le contrat est signé au premier trimestre 2027. Manille dispose d’une enveloppe de 2,8 milliards de dollars pour cette acquisition, selon les documents budgétaires de la défense philippine publiés en juin.
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Le Pentagone a confirmé le 18 juillet qu’il propose à Manille un financement militaire étranger (Foreign Military Financing) de 500 millions de dollars pour faciliter l’achat du F-16 Block 70/72. Cette aide financière, annoncée lors de la visite du secrétaire d’État adjoint américain à Manille, positionne Lockheed Martin comme favori du processus [1].
Le F-16 Block 70/72, dernière version en production de l’appareil, embarque le radar AESA APG-83 SABR et une suite électronique modernisée. Il coûte entre 70 et 80 millions de dollars l’unité selon les configurations. Lockheed Martin a livré 36 exemplaires à Taïwan entre 2023 et 2025, et produit actuellement 48 appareils pour la Bulgarie, la Slovaquie et Bahreïn.
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Le Super Hornet et le F-15EX, plus onéreux (respectivement 95 et 140 millions de dollars l’unité), dépassent probablement l’enveloppe disponible si Manille vise un escadron complet de vingt-quatre appareils. Boeing a récemment vendu douze F-15EX à l’Indonésie pour 1,9 milliard de dollars, livraison prévue en 2028.
| Appareil | Constructeur | Prix unitaire estimé (M$) | Statut |
|---|---|---|---|
| F-16 Block 70/72 | Lockheed Martin (États-Unis) | 70-80 | Appui financier US de 500 M$ |
| F/A-18 Super Hornet | Boeing (États-Unis) | 95 | En production |
| F-15EX Eagle II | Boeing (États-Unis) | 140 | Vendu à l’Indonésie (12 ex.) |
| Rafale | Dassault Aviation (France) | 115-130 | Exporté vers 10 pays |
| Gripen E | Saab (Suède) | 85 | Vendu au Brésil (36 ex.) |
Source : Opex360, données constructeurs 2026
Le Rafale propose une autonomie et une polyvalence face aux contraintes budgétaires
Dassault Aviation mise sur les performances du Rafale en matière d’autonomie et de missions air-air/air-sol. L’appareil français équipe déjà dix forces aériennes, avec 272 exemplaires vendus à l’export depuis 2015. La Croatie a reçu douze Rafale d’occasion en 2024-2025, l’Indonésie attend 42 appareils neufs à partir de 2027, et la Serbie négocie actuellement l’achat de douze Rafale dans le cadre d’un contrat de 3 milliards d’euros.
Le prix unitaire du Rafale oscille entre 115 et 130 millions de dollars selon les versions et les équipements. Ce montant inclut généralement un package de missiles MICA, Meteor et AASM, ainsi qu’un contrat de soutien initial de cinq ans. Pour vingt-quatre appareils, l’enveloppe totale atteindrait 3,1 milliards de dollars, légèrement au-dessus du budget philippin, sauf si Paris propose un financement export via BpiFrance ou Coface.
Le Gripen E de Saab se positionne comme l’option la moins chère parmi les cinq candidats. Le Brésil a commandé 36 Gripen E pour 5,4 milliards de dollars en 2014, soit 150 millions l’unité avec le soutien logistique. Mais le coût unitaire du seul appareil tourne autour de 85 millions. Saab propose un transfert de technologie partiel et une maintenance locale, argument qui a convaincu Bangkok en 2023 (commande de douze appareils pour 1,1 milliard de dollars).
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L’armée de l’air philippine a besoin de chasseurs capables de patrouiller au-dessus de la mer de Chine méridionale, où les tensions avec Pékin se multiplient depuis trois ans. Les FA-50 actuels, bimoteurs d’entraînement avancé, manquent de rayon d’action (740 kilomètres) et d’armement lourd pour intercepter des appareils chinois à longue distance des bases philippines.
Manille dispose de trois bases aériennes principales : Clark, au nord de Luzon, Basa et Mactan-Benito Ebuen sur l’île de Cebu. Le futur chasseur devra couvrir les îles Spratley, situées à 900 kilomètres de Clark. Le Rafale et le F-15EX offrent un rayon d’action de 1 850 kilomètres avec réservoirs externes, contre 1 300 kilomètres pour le F-16 Block 70/72 et 1 500 kilomètres pour le Gripen E.
L’état-major philippin privilégie un appareil compatible avec les systèmes américains déployés dans le cadre de l’Enhanced Defense Cooperation Agreement (EDCA), signé en 2014 et élargi en 2023. Neuf bases philippines accueillent désormais des rotations de troupes américaines et du matériel prépositionnés. Cette interopérabilité favorise les trois candidats américains, qui partagent les mêmes protocoles de communication et les mêmes standards logistiques que l’US Air Force.
La décision finale reviendra au président Ferdinand Marcos Jr., qui doit arbitrer entre le soutien financier américain, les performances du Rafale et le coût d’acquisition du Gripen. Les experts locaux estiment que le F-16 Block 70/72 détient 60 % de chances de l’emporter, grâce à l’aide de Washington et à la familiarité des pilotes philippins avec les systèmes américains, déjà présents sur leurs avions de transport C-130 et leurs hélicoptères UH-1.
Rafale aux Philippines : les données du dossier
- Manille évalue cinq chasseurs pour remplacer ses FA-50 coréens d'ici 2029
- Le Pentagone offre 500 millions de dollars pour faciliter l'achat du F-16
- Le Rafale équipe déjà dix forces aériennes, avec 272 ventes export depuis 2015
- Le budget philippin de 2,8 milliards couvre entre douze et vingt-quatre appareils
- Les îles Spratley, à 900 km des bases philippines, imposent un rayon d'action élevé
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